Depuis l'attaque des chiens dans le parc, Arisa peut se transformer en loup et seule son amie Mimiko est au courant. Tout aurait pû s'arrêter là si cette dernière ne ressentait pas une étrange brulure là où l'un des chiens l'a mordu...  

15 janvier 2009

Partie 1

Chapitre 2 : Virus

C’était une scène familière, un déjeuner comme un autre. Mais la tension de sa mère était visible. Mimiko inspira un bon coup, hésitant à se lancer.

Elle repoussa dans un coin de son assiette les haricots, éprouvant ces temps-ci plus d’attirance pour la viande. Elle pouvait désormais se servir à nouveau de ses deux mains. Il ne lui restait plus qu’un bandage au bras et les évènements d’il y a presque un mois lui paressait bien loin.

Il faut dire que quelques jours plus tard, la police avait retrouvé le chien dans un local à poubelle.

Dans un sale état à ce qu’on disait.

-Est-ce que, par hasard, tu aurais reçu une lettre… pour moi ? Lança Mimiko avec un faux désintéressement.

La bouche de sa mère frémit.

-Non. Rien.

Difficile de savoir si elle disait la vérité, Mimiko n’avait pas les clefs de la boite aux lettres et, comble du comble, ces temps-ci, sa mère ouvrait toutes ses lettres afin de vérifier si c’était oui ou non, nocif pour SON bien.

Mimiko sentit la colère refluer en elle et gémit presque aussitôt car sa blessure semblait se réveiller, la brûlant comme si un forgeron lui avait administré sur la peau du métal fondu.

D’accord, elle voulait bien croire que ce n’était pas facile pour sa mère, mais la faute en revenait tout entière à ex-mari et non à Alec.

-Papa m’a dit qu’Alec était en ville, expliqua le plus froidement possible la jeune fille.

Comme toujours, le prénom du fils de son ex-mari et de son amante de l’époque provoqua une salve de courroux chez sa mère.

-Evidemment que je le sais ! Ce n’est pas pour ça que je vais le laisser s’approcher de notre famille ! Quand je repense au fait que ton père l’ai fait passé toutes ces années pour votre COUSIN ! Et qu’il a la même date de naissance que toi !

Umiko avait musardé, évidemment.

Mimiko lança un regard tueur à sa jeune sœur qui avait le sourire du « devoir fait ».

-J’ai plus faim.

-Attends ! Tu n’as pas fini tes légumes !

Mimiko quitta la salle en claquant la porte derrière elle, s’apprêtant à monter s’enfermer dans sa chambre. C’est vrai, pendant de longues années, Mimiko avait cru qu’Alec était son cousin, ils avaient d’ailleurs passé tous leurs été ensemble. Il avait même été son amour d’enfance. Elle lui était très attachée. Et puis un jour, alors qu’elle s’apprêtait à rentrer en 5eme, sa mère avait tout découvert.

Elle ne l’avait plus revu, mais ils avaient tenu une correspondance importante… Jusqu’à ce que sa mère, encore une fois le découvre. Depuis 2 ans, c’était le silence radio.

Son demi-frère.

Elle s’arracha de ses pensées en recevant un texto d’Arisa.

« Balade ! »

C’était le loup qui parlait, songea Mimiko en riant.

Il y a une semaine, alors que le loup s’ennuyait dans leur petit espace de verdure, elle avait eu le tord de taquiner Risa-le-loup en déclarant qu’elle ressemblait à un croisement bâtard d’un loup et d’un chacal. Arisa n’avait pas appréciée et s’était mise au défi d’apparaitre devant un homme pour voir s’il avait peur ou non. C’était à l’origine une très mauvaise idée, mais alors qu’elles se promenaient sur le chemin de l’aussonnelle, tous les passants les prirent pour un chien et sa maitresse, ce qui en soit, énerva beaucoup plus Risa.

Mais maintenant, accompagnée de Mimiko, elle avait la possibilité de se dégourdir les pattes dans un terrain beaucoup plus grand.

-Quelle innocence, songea Mimiko en caressant du bout des doigts son bandage.

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26 janvier 2009

Partie 2

Le paysage avait bien changé : les feuilles étaient presque toutes tombées et un vent froid frappait les arbres et courbaient les herbes fauves de la prairie.

Parmi elles, Mimiko apercevaient de temps en temps des touffes de fourrures couleur miel. Assise sur le bord de la route, même la vision comique du loup sautant comme un cabri n’arrivait pas à lui arracher un sourire.

Elle songeait a quel point ce serait bien de ne plus se préoccuper de tous ses ennuis et d’aller courir dans les hautes herbes avec insouciance. Pour ça, elle enviait énormément Arisa. Ne plus penser au lycée, ne plus penser à l’avenir, ne plus penser aux contraintes familiales et suivre simplement les élans de son cœur…

Arisa passa devant elle, lui renifla le visage, interrogatrice, mais Mimiko était trop perdue dans ses pensées pour y faire attention. Elle partie courir de l’autre côté du chemin, là où il y avait un peu de forêt.

Il devait forcément y avoir une lettre… Alec ne serait pas rentré sans essayer de la contacter. Ou alors… Il n’en avait plus rien à faire d’elle ? Il fallait dire que sa mère lui en avait fait tellement baver. Peut être qu’il s’en fichait maintenant…

A cette pensée, Mimiko se recroquevilla encore plus. Il semblait faire plus froid d’un coup.

Se pouvait-il qu’elle éprouve encore des sentiments pour Alec ? Même en sachant que c’était à présent impossible ? Même en sachant que le même sang coulait dans leurs veines ?

-Idiote… Se lança-t-elle. Si ça se savait…

Mais on pouvait difficilement résister à Alec… Ca lui faisait au moins une excuse. Ils avaient beau être nés le même jour du même père, Alec avait toujours était l’incarnation de la beauté, chaleureux comme un soleil, quand Mimiko à côté avait hérité de la nuit et de l’obscurité.

Juste un mouton noir…

Elle fut déconcentrée de ses pensées moroses lorsqu’Arisa revint vers elle, toute joyeuse, bondissant plus que courant, quelque chose entre les crocs de sa gueule.

-ARISA !!! Hurla Mimiko, la stoppant sur place. Qu’as-tu fait ?!

La louve baissa les oreilles et déposa la carcasse du petit lapin qu’elle avait attrapée parce qu’il bondissait devant elle et qu’elle avait voulu en faire cadeau à Mimiko qui était triste.

Ah oui, mais Mimiko était humaine. Détail qu’elle oubliait souvent.

-C’est pas bien ! Pas bien du tout ! La gronda Mimiko. Pauvre lapin ! Qu’est ce qu’il t’a fait ?!?

-Il bondissait insolemment ! Il me narguait ! Tenta d’expliquer Arisa, ce qui évidemment se traduit sous forme d’aboiement.

Mimiko n’avait plus peur quand elle aboyait, Arisa lui avait expliqué que ce n’était pas ce qu’elle croyait, mais il était vrai que sous sa forme de loup, la communication était un gros problème. Et devoir expliquer tout après, sous sa forme humaine, ennuyait profondément Arisa.

Elle n’avait pas le même mode de pensée sous ses deux formes.

Par exemple, elle trouvait l’attitude de Mimiko très étrange. Pourquoi la grondait-elle ? C’était la première fois qu’elle réussissait à chasser. Elle s’y était essayée à plusieurs reprises, mais ce n’était vraiment pas facile.

La jeune fille était en ce moment même en train de chercher un moyen d’enterrer sa proie.

-Pfff… Je la retrouverais sans problème. Il me suffira de gratter un peu la terre, grommela Arisa tandis que Mimiko recouvrait le lapin de terre en creusant à même ses mains.

Arisa sentit alors l’humidité et le sel.

Des larmes dévalaient le long des joues de la brune avant de s’écraser à terre. Arisa fut aussitôt devant son amie. Celle-ci faisait de son mieux pour pleurer en silence, la tristesse déformant son visage.

-C’est à cause de moi et du lapin ?!? S’affola la louve.

La jeune fille passa les bras autour de son cou, enfouissant son visage dans la crinière dorée de l’animal.

Arisa gémit. Elle n’aimait pas du tout la voir dans cet état.

-Désolé Risa… Est-ce qu’on peut juste rester comme ça un peu ?

Les yeux verts de la louve fixèrent la longue chevelure bouclée de Mimiko, essayant de percer le mystère de ses larmes et des sanglots qui agitaient son corps. Mais elle ne comprenait pas.

Levant son fin museau lupin vers la nuit qui commençait à tomber, elle était soulagée que les loups ne puissent pas pleurer.

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30 janvier 2009

Partie 3

-Tu es en retard ! Souffla Sumomo alors que Mimiko se laissait tomber sur sa chaise de tout son poids.

- Le prof n’est pas là, répliqua la jeune fille en sortant ses affaires.

-Il est parti faire des photocopies. Ca va mieux ton bras ?

-Ouais, je pense que je vais bientôt pouvoir virer le bandage.

-Tu n’as pas réussi à te réveiller ? Se moqua Sumomo, taquine.

Mimiko ne lui répondit pas.

Non. Elle s’était levée à la même heure que d’habitude. Elle avait juste attendu que sa mère parte au travail pour se faufiler dans son bureau.

Recherche veine, songea la jeune fille, apercevant à peine le prof revenir avec une pile de polycopié. Et inutile. Quoiqu’elle ait voulu trouver.

Sa mère n’avait certainement rien gardé… Et la poubelle venait d’être vidée. Avait-elle déjà quelques soupçons ?

Une feuille s’abattit sur son coin de table, une feuille blanche couverte de lignes noire et bleu, puis massacrée de rouge. Elle leva les yeux vers le professeur qui essayait d’attirer son attention, à moitié penché sur elle.

Un faible grognement s’échappa de sa gorge. Trop faible pour que l’homme l’intercepte, mais Mimiko l’entendait résonner dans son corps comme une corde de guitare. Colère/Danger. Pourquoi cet homme était il penché sur elle dans une posture dominatrice ? Elle n’aimait pas ça du tout.

Son bras se mit à l’élancer.

Le professeur récupéra la copie pour se tourner vers la classe en la brandissant telle une oriflamme :

-Voici exactement le genre de copie que je ne veux pas voir ! Le travail est bâclé et ne fait que répéter le cours ! Au niveau lycée, on attend plus de vous, on attend déjà une « réflexion » de votre part. Je sais que vous êtes en seconde, mais je vous rappelle que l’année prochaine, vous passerez la première partie du bac !

La pauvre copie innocente fut à nouveau abattue sur la table comme un agneau égorgé sur l’autel du savoir.

Mimiko serra les dents et récupéra sa copie, jetant à peine un coup d’œil sur le gros 5 qui ornait le coin droit de la feuille. Elle la lissa consciencieusement, pendant que Sumomo, à côté d’elle, se rongeait les sangs en se demandant quel serait sa propre note.

Génial, une joyeuse note à ramener à sa mère alors que c’était la fin du trimestre… L’ « histoire de l’Art » était le mal.

Une onde de douleur venant de son bras lui coupa alors le souffle. Ce n’était pas encore guéri apparemment…

Mimiko leva la main.

-Qu’il y a-t-il ? Demanda le professeur.

-Est-ce que je peux aller à l’infirmerie ?

-Oui vas-y. Tu as besoin de quelqu’un pour t’accompagner ?

-Non, ça ira.

Juste un antidouleur… Un petit antidouleur de rien du tout, pria t’elle intérieurement avant de frapper à la porte maudite de l’infirmerie.

Maudite oui, parce qu’il n’y avait jamais personne et cette fois-ci ne fut pas l’exception de la règle. Elle tourna la poignée : c’était fermé.

Deux solutions : attendre prés de la porte ou revenir en cours.

Attendre prés de la porte.

Elle s’assit sur les chaises mises à disposition dans le couloir et se tint le bras pour apaiser la douleur. Elle sentait fiévreuse tout d’un coup. Perdue dans ses pensées, elle se mit à somnoler.

Elle imagina plusieurs plans pour pouvoir retrouver Alec. Des plans stupides et impossibles pour la plupart à moins d’être Catwoman. Aaah comme ça serait bien d’être un chat… Un joli chat noir… Libre… Vivant au jour le jour… Et…

Elle fut brusquement réveillée par l’image d’un chien lui sautant dessus.

-AH !!! Mon dieu !!!

Mais il n’y avait personne dans le couloir, en tout cas, pas la trace d’un des dangereux molosses qui les avaient attaqués elle et Arisa, dans le Jardin des Plantes. De toute façon, Arisa les avaient tués.

Une sueur froide coulait le long de sa tempe, elle l’essuya d’un mouvement du bras. Elle ne se souvenait pas de s’être déjà sentie aussi mal… Comme si elle allait s’évanouir d’un moment à l’autre. Le monde tanguait devant ses yeux et sa gorge lui brulait.

Elle se releva et essaya d’aller aux toilettes qui se trouvaient au bout du couloir. Elle n’arrivait pas à marcher droit et dû se retenir de temps en temps au mur car elle perdait son équilibre.

Que se passait-il ?

Quelques pas de plus, ça y est…

Brutalement elle eut la nausée et s’empressa de vider le contenu de son estomac dans les toilettes.

*Berk… Je savais que les haricots de ce

midi

étaient suspects… Si seulement ils nous avaient servis de la viande correcte avec… Et pas ce poisson pourri…*

Elle sentait ses jambes sur le point de la lâcher mais préféra quitter la vision des toilettes pour se rincer la bouche dans le lavabo. Relevant la tête, elle aperçut son reflet dans le miroir.

Comme elle était pitoyable… Déjà qu’habituellement elle se trouvait plus ou moins affreuse, là, la chevelure noire désordonnée, les quelques boucles tombant sur le visage, le visage ayant perdu toute ses couleurs et son regard enfiévré, elle faisait carrément peur.

*Gééénial… Là je suis sure de faire fuir tous les gens que je croiserais… Je veux pas retourner en cours comme ça… Déjà que ce prof m’a humiliée… Après tout ce qui me tombe dessus en ce moment… Je déteste ce monde… Je déteste les gens… C’est injuste… J’en ai assez !*

La colère et l’injustice grondait au fond d’elle, puissant, secouant son esprit comme des lames de fonds, l’adrénaline la rendant nerveuse et tendue comme un arc. Puis soudain, une pure bouffée de violence s’empara d’elle et avant qu’elle ne comprenne quoique ce soit, son poing s’enfonça dans la glace du miroir, la faisant exploser en plusieurs petits éclats qui brillèrent de blanc et de rouge.

Elle haletait quand elle aperçut son propre sang couler le long du mur. Elle dégagea sa main et l’ouvrit doucement. Elle avait brisée cette glace avec tellement de facilité… Ne l’ayant jamais fait avant, elle se demandait si c’était normal… Le sang provenait des quelques morceaux qui s’étaient enfoncés dans ses doigts, mais sinon, elle ne ressentait presque aucune douleur.

L’adrénaline retombée, la surprise passée, Mimiko s’aperçu alors du massacre : Elle venait de casser une glace et son sang maculait le reste du miroir et du mur.

-Oh merde…

Elle tourna les robinets et fit couler de l’eau sur sa blessure. Heureusement, elle réussit à retirer les fragments de miroir sans trop de mal. Elle éclaboussa à grandes eaux le mur pour faire partir toute trace de son sang et commença à dérouler son bandage au bras gauche pour pouvoir en entourer sa main droite.

Définitivement estropiée. Mais son bras gauche ne lui faisait plus mal, comme si le fait d’avoir évacuer sa colère, avait aussi évacué le mal.

C’est au moment où elle enroulait la bande autour de sa main, qu’elle se figea.

Sur son bras gauche libéré, à l’emplacement de la morsure, il y avait une cicatrice.

Un fin croissant de lune.

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Crédit Peinture

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12 mai 2009

Partie 4

C’était à l’heure du crépuscule, le vent soufflait fort, rabattant toutes les odeurs vers Arisa. Elle attendait son amie le long de leur chemin de promenade, se sentant pour une raison quelconque plutôt angoissée. Après tout, Mimiko avait juste dit qu’elle avait quelque chose à lui dire. Arisa sortit son téléphone portable et relut le texto pour la quatrième fois.

C’est alors qu’elle la sentit. Cette odeur forte et inquiétante qui la mettait en pelote. Elle ne savait pas ce que c’était, mais cela lui évoquait quelque chose de gros et de dangereux. Mais le pire, c’est que cette odeur, elle avait commencée à la sentir sur Mimiko. D’abord juste une faible fragrance qui lui avait fait penser que c’était l’odeur de ses chats, puis elle était devenue de plus en plus puissante et entêtante.

Mimiko apparut au point où elle savait qu’elle apparaitrait.

-Yo ! Fit Arisa en se levant de l’herbe, époussetant le derrière de son manteau.

-Salut. Désolé de t’avoir demandé de venir si tard.

-Bah, c’est pas grave, j’avais justement envie de me dégourdir les pattes. Alors qu’est ce que tu avais envie de me dire ?

Le vent souffla, rabattant leurs longues chevelures, pour l’une derrière, pour l’autre dans le visage. Mimiko s’empressa de réunir ses boucles dans son dos et bien qu’elle eu l’air pâle et fatiguée, elle se tourna pour faire face en vent.

-Je crois que ça pourra attendre que tu te sois dégourdit les pattes, on en parlera en partant.

-T’es sure ?

-Oui.

-Sure sure sure ?

-Mais oui.

Mimiko s’assit à son tour dans l’herbe pendant qu’Arisa se dirigeait vers les arbres pour prendre son autre forme. Elle ressortit rapidement en bondissant dans les hautes herbes et se roula par terre de bonheur. Sous ses yeux de loups, les étoiles étaient en train d’apparaitre dans le ciel. Puis elle se rappela de Mimiko et se dirigea vers elle pour se blottir contre elle. Sous sa forme humaine, elle avait toujours du mal à savoir quoi faire pour remonter le moral des personnes tristes, mais sous cette forme, elle savait qu’elle pouvait montrer qu’elle était là. Et Mimiko était sans aucun doute toujours triste depuis la dernière fois.

Arisa remarqua alors avec surprise que le bandage de la brune avait changé de côté. Mimiko la repoussa de la main :

-Argh… Arisa tu sens super fort aujourd’hui…

-C’est toi qui sens bizarre, aboya Arisa, étonnée de voir son amie froncer le nez.

Elle s’éloigna pour ne plus indisposer la jeune fille et partit chasser les bestioles vivant dans les herbes sous les yeux scrutateurs de cette dernière.

Elle ne comprit que trop tard ce que signifiait l’attitude de Mimiko. Et encore après, elle se trouvait bête de n’avoir pas remarqué qu’au moment où elle avait tourné la tête pour se concentrer sur une souris, les yeux de la brune avaient tourné au JAUNE.

Quoiqu’il en soit, le fait est, qu’au moment où elle sprintait pour attraper sa proie, une énorme chose noire la dépassa pour s’abattre sur celle-ci.

Arisa calla net.

Ses yeux s’écarquillèrent alors que, fouettée de plein fouet par l’odeur bizarre, elle observait le grand fauve noir qui l’observait calmement de ses deux yeux jaunes, la souris coincée sous une de ses grosses pattes.

Sur l’une des pattes antérieures se trouvait toujours un bandage blanc qui pendait, sur l’autre, un fin croissant de lune blanc se détachait sur la fourrure noire.

La louve ne tourna même pas la tête pour vérifier si Mimiko se trouvait à sa place, assise le long de la route. Elle savait qu’elle allait probablement y découvrir des bouts de vêtements lacérés.

Mais comment était-il possible que Mimiko se soit aussi transformée ?! Et en un tel monstre ?! Son regard se posa sur la marque blanche, identique à la sienne. Toutes les deux avaient la même marque à l’endroit où des chiens hors de contrôle les avaient mordues…

Mais elles n’étaient pas les seules personnes à s’être fait mordre par des chiens enragés et jusqu’ici, aucune de ses personnes ne semblait s’être plainte de transformation…

Oui mais elle avait tout de même réussie à retenir le loup pendant plus de cinq ans…

La panthère noire tourna sa fine tête vers le bois, faisant revenir l’attention d’Arisa vers elle. Mimiko lâcha sa proie qui resta sur place, tétanisée de peur et commença à se diriger vers les arbres d’un bons pas.

-Hey ! Mimiko ! Aboya Arisa en la suivant.

Un coup de queue dans la figure lui répondit.

-Mais Mimiko où tu vas ?!

La panthère augmenta la longueur de ses enjambées et Arisa dû trottiner pour se mettre à sa hauteur. Elles entrèrent dans le bois alors que dans la ville les lampadaires s’allumaient et les volets des maisons se refermaient. L’obscurité était définitivement tombée sur terre et dans un arbre un hibou faisait raisonner son hululement d’un arbre à un autre.

Arisa chercha à dépasser la panthère mais celle-ci tourna la tête et montra les crocs en vociférant :

- Laisse-moi tranquille !

-Mais…

D’un bond, Mimiko enfonça ses griffes dans un arbre et y grimpa sans difficulté, faisant s’enfuir une nuée de chauve-souris. Arisa ne pouvait que la surveiller d’en bas pendant qu’elle passait d’un arbre à un autre.

-Mimiko ! Tu t’es toi aussi transformée ! L’appela-t-elle alors que la panthère disparaissait derrière un épais feuillage.

La louve perdit alors sa trace et tourna en rond un instant, affolée. Elle faillit redevenir humaine de peur quand le grand félin tomba derrière elle comme une pierre, se réceptionnant cependant sur ses quatre pattes.

-Oui je sais, répondit Mimiko d’une voix lointaine.

-Tu n’as pas peur ?

-Pourquoi aurais-je peur ? C’est bien au contraire fantastique. Je me sens incroyablement… Libérée… Comme si les chaines qui entravaient mon corps et mon esprit venaient de se briser…

Le vent souffla, se brisant contre elles et la panthère huma profondément l’air remplie de nuances sauvages et nocturne. C’était l’air de la liberté. C’était tellement beau qu’elle avait envie d’en pleurer.

Sans crier garde, elle s’élança à nouveau droit devant elle, goutant avec délice les capacités de son nouveau corps. Arisa la suivait de prés, contaminée par la joie de son amie, laissant son côté humain et ses questions pour plus tard. Actuellement il faisait nuit, elle était libre et repue et elle avait une nouvelle camarade de jeux. 

Que demander de mieux ?

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