Mimiko peut aussi se transformer, elle prend la forme d'une panthère noire. Elle et Arisa partent se balader la nuit sous forme animale, mais au petit matin, le fauve a disparu... 

20 août 2009

Partie 1

Chapitre 3: Nuit sans lune

Un chant de coq retentit. Arisa ouvrit les yeux, surprise. Elle inspira profondément, se demandant comment elle avait réussit à s’endormir le museau dans cette courte fourrure noire qui sentait le fauve… C’était le cas de le dire.

Elle leva sa fine tête, fronçant du museau, observant les lieux machinalement : c’était un petit coin de bois humide où grouillait de la vie. N’étant pas encore bien réveillée, elle se campa sur ses pattes et s’ébroua pour disperser la rosée qui collait à ses poils, aspergeant les pauvres âmes qui se trouvaient dans son périmètre. Dont la panthère qui se réveilla de forte mauvaise humeur.

-Arisa ! Grogna Mimiko avant de chercher à continuer sa nuit.

C’est son prénom qui ramena Arisa à la réalité.

-Oh MERDE !!! Oh merdeuuuuuuuh !!!!

Sa partie humaine était en train de refaire surface avec force violence, lui donnant un mal de crâne pas possible.

-Quoi ?!

Mimiko se demanda si elle n’allait pas sauter sur une branche pour pouvoir avoir la paix. En même temps, si la louve continuait à hurler, ça ne changerait pas grand-chose.

-Eh bien Mimiko, tu ne t’en aperçois pas ??? On est le matin !

-Et alors ?

-Et alors on a passé toute la nuit ici !

-Ca je le sais bien.

-Mais nos parents, non ! Eclata Arisa qui se demandait si son amie faisait exprès d’être bête ou si sa transformation lui avait supprimé quelques neurones.

La réaction du félin la laissa un instant muette de stupeur : Mimiko se redressa sur ses pattes et retomba par terre de tout son poids, lui tournant le dos.

-On va se faire engueuler en rentrant. La deuxième fois pour moi… Continua avec humeur Arisa en s’approchant de la panthère. On dirait que ça te fait rien !

La panthère resta silencieuse un moment, avant de déclarer d’un mouvement de queue désinvolte :

-Tu as raison, ça me fait rien.

-Quoi ?! Glapit la louve. Non laisse tomber, je veux pas savoir, on doit juste retourner là où j’ai laissé mes vêtements et puis je me retransformerais et j’irais t’en chercher.

Puis poussant du museau la grosse masse noire :

-Allezzzzz debout !

Mimiko lui lança un regard excédé avant de bailler largement, montrant ses crocs blancs et lisses et de se lever avec une sensible mauvaise grâce. Elle consentit à suivre la louve en trottinant, cherchant tout de même au passage, quelque chose à se mettre sous la dent. La forêt n’étant guère grande, elles arrivèrent rapidement à l’arbre creux où la blonde cachait ses vêtements.

Le loup disparut en un instant, laissant place à une jeune fille nue qui s’empara prestement des habits pour s’habiller à la vitesse de l’éclair, non sans avoir d’abord demandé à la panthère de se retourner, ce que celle-ci fit en grommelant.

S’il y avait bien quelque chose qui ne changeait pas dans ses deux formes, c’était bien ses grognements, mais Arisa la trouvait d’humeur mauvaise sous sa forme animal. Franchement pas sympathique.

Elle lui avait grogné dessus plusieurs fois parce qu’elle chassait comme un chien fou et qu’elle faisait fuir toutes les proies en manquant de patience et en leur courant bêtement après.

*Et gnagnagna, comme si mademoiselle s’y connaissait mieux en chasse ! C’est quand même moi la plus expérimentée des deux !*

Une fois habillée, elle se tourna avec précaution vers le fauve :

-Bon, tu m’attends là, je reviens le plus vite possible !

Aussitôt dit, aussitôt fait, Arisa se mit à courir le long du chemin encore embrumé et Mimiko regarda un moment la silhouette s’éloigner, assise sur son arrière train. Elle huma l’air autour d’elle, décidant qu’elle n’aimait pas cet endroit. Trop d’odeurs d’Hommes

Et puis son ventre se mit à se manifester et elle oublia partiellement Arisa et le fait qu’elle devait rester assise. Et puis elle entendit un long meuglement.

Et là elle oublia instantanément tout.
A part qu’elle était un chasseur et qu’elle avait trouvé une proie.

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13 septembre 2009

Partie 2

***

Le jour fatalement levé. Une rencontre compromise. Le sang versé. Et un vent d’est qui se lève…

Arisa était extrêmement nerveuse quand elle dût se résoudre à se rendre en classe. Une nouvelle engueulade. Un nouveau mensonge. Et Mimiko qui avait disparue.

Mais il n’y avait pas que ça, tout ses sens lui indiquaient un danger, le moindre bruit la faisait sursauter, comme si elle avait l’impression d’être suivie/ Traquée   

Alors qu’elle s’était toujours plus ou moins sentie en sécurité, sure de sa force, elle se sentait soudain à découvert, comme si quelqu’un la tenait constamment en joue avec un fusil. Impossible de se concentrer dans de telles conditions.

Entre ses doigts, le plastique de son stylo Bic s’éclata.

*Oups !*

Elle ouvrit la main, laissant tomber de petits fragments sur sa table, ainsi que le stylo inutilisable et attrapa un crayon à papier qui ne tarda pas à suivre son exemple. Sa voisine de table, une jeune fille aux courts cheveux roux frisés la regardait avec des yeux ronds.

-Eh bien Arisa… Qu’est ce qu’ils t’ont fait ces pauvres crayons ? S’étonna doucement Kitsune.

-Rien, grogna Arisa qui abandonna sa prise de note pour essayer d’écouter le professeur, ses mains fermement plaquée sur ses cuisses, de peur de casser la table en deux.

Elle n’avait jamais cassée de tables en deux, mais aujourd’hui, elle avait l’intuition que ça ne lui serait pas bien difficile. Derrière elle, deux autres de ses amies la regardaient avec inquiétude : Shinobu et Isaka se penchèrent sur la table pour pouvoir lui murmurer sans être entendue.

-C’est parce que Mi a disparut et que tu es la dernière à l’avoir vue ? Demanda Isaka.

-Ce qui s’est passé hier soir, c’était pas une histoire de garçon ?

-BIEN SUR QUE NON ! CE N’ETAIT PAS UNE HISTOIRE DE GARCON ! EST-CE QUE J’AI L’AIR DE M’EMBARQUER DANS DES HISTOIRES DE GARCONS ?!?! S’exclama Arisa en se levant de sa chaise, comme électrocutée par les paroles de Shinobu, se tournant vers elle, les poings et dents serrées. Les yeux brillant d’une lumière verte, l’iris s’allongeant pour faire disparaitre toute la surface blanche de l’œil.

Une craie lui atterrit alors sur la tête, la replongeant dans la réalité. L’iris se rétracta aussitôt, tellement vite que pour un simple regard humain, le changement fut perçu comme une illusion d’optique, et elle tourna la tête vers son professeur qui la regardait d’un air désabusé, tapotant du pied d’impatience.

Elle fit une grimace, le loup en elle avait envie de gémir en s’aplatissant par terre, conscient d’avoir fait une bêtise.

-Désolé Monsieur…

-J’aimerais bien que ce genre d’interruption de mon cours n’ait plus lieu…

-Oui monsieur…

Arisa se rassit, penaude, retenant un soupir. Elle supportait mal cette attente… Elle avait envie de se mettre immédiatement à la recherche de son amie. Avec son flair, elle devrait pouvoir la retrouver dans ce minuscule petit bois… A condition qu’elle n’ait pas quitté ce dernier…

Mais elle ne savait même pas encore comment elle pourrait la retrouver… Ses parents avaient très mal pris son deuxième « découchage ». Ils l’avaient interdite de sortie pendant un mois et elle avait pour ordre de rentrer directement après le lycée.

*Un mois enfermé… Impossible !*

Elle ne pouvait pas désobéir à ses parents…

*Impossible avec un membre de la meute disparu… Peut être en danger…*

Mimiko ne l’avait pas écouté après tout, c’était sa faute ! La famille ça passait quand même avant les amies !

*La meute, c’est la famille.*

Bon sang non… C’était pas la même chose…

*Elle a besoin de mon aide, comme j’ai eu besoin de la sienne…*

…Quand elle s’était transformée la première fois sans avoir peur…

Soudain, c’était clair pour Arisa. Elle se souvenait du sentiment qu’elle avait ressenti, comme si en se transformant, on lui avait aussi enlevé un lourd fardeau des épaules. Elle s’était sentie si légère, si libre, le futur lointain n’avait plus eu aucune importance, seul comptait le présent et le futur proche. Sa famille… N’avait plus eu beaucoup d’importance non plus a ce moment là, c’était des Hommes. Ils n’étaient pas comme elle. Ou comme Mimiko. Et elle l’avait toujours su. Le loup l’avait toujours su a partir du moment où elle avait été mordu. A partir du moment où elle était devenue comme elle. Un Animal.

Si Mimiko n’avait pas été là, sous sa forme humaine, elle n’aurait vu alors aucune bonne raison de reprendre sa peau d’humaine et tout le poids qui allait avec.

Et Mimiko était perturbé par son humanité, Arisa l’avait vu pleurer. Elle était malheureuse en tant qu’humaine… Mais pas en tant qu’animal : ce qui devait la perturber ne devait pas avoir beaucoup d’importance pour une bête.

C’était pourquoi elle n’avait pas eu envie de reprendre son apparence humaine.

Arisa DEVAIT la retrouver.

Maintenant c’était une question de devoir envers un membre de la meute en difficulté… Les conséquences vis-à-vis de sa famille viendraient ensuite.

-EH !

Avant que la main de Kitsune ne se pose sur son épaule, Arisa se tourna vers elle :

-Quoi ?

-Bein t’as pas entendu la sonnerie ? C’est l’heure de manger !

-Ah… Oui… Fit Arisa en rangeant machinalement ses affaires.

Elle balança son sac dans son dos et suivit la jeune fille rousse dans les couloirs du lycée. Elle ne put s’empêcher de froncer légèrement du nez à la vue du passage encombré d’une cohue d’adolescents, qui, tel un fleuve à deux courants opposés, entrainaient ou bousculaient les choses qui cherchaient à y rentrer.

C’était dans ces moments là qu’on regrettait son odorat développé. Ce qu’elle sentait lui donnait parfois envie de gerber. Odeur de sueurs, de vieilles chaussettes, ou alors de déodorants ou de parfums… Ou d’autres choses qu’elle se refusait à identifier. Tout ça mélangé, c’était simplement infect.

Ensuite, depuis sa transformation, elle n’appréciait pas trop d’être touchée par des Hommes, quant à la foule, elle la détestait bien avant de se découvrir loup.

-Tu sais, les filles et moi se fait un peu de soucis pour toi ces derniers temps, lança Kitsune qui suivait le flot menant jusqu’à la queue du self. Bon d’accord, ça fait que quelques mois qu’on se connait mais tu as changé de comportement.

-Ah oui ? Répondit Arisa entre ses dents, qui ne l’écoutait que d’une seule oreille, trop occupée à bloquer sa respiration.

-Oui, avant tu étais toujours la première à sortir hors de la classe pour la pause de

midi

et tu as tout le temps l’air ailleurs… Je comprends que là tu t’inquiètes pour Mimiko si elle n’est pas rentrée chez elle de toute la nuit, mais tu as des soucis à part ça ?

-Hein ? Non. Non. Tout va très bien, c’est juste une période, ça va passer.

-Bon… Si tu le dis…

Elles étaient finalement arrivé au bout de la longue queue qui leur permettrait de rentrer dans le restaurant du lycée et Arisa leva les yeux vers la petite télé qui était allumé sur la chaine des informations.

Fronçant les yeux, elle crut voir apparaitre le nom de sa ville.

Se concentrant sur son ouïe qu’elle savait aussi excellente, elle tenta de faire abstraction de tout le vacarme que produisaient les lycéens pour entendre ce qui se disait.

Elle retint un petit glapissement en voyant le cadavre sanguinolent d’une vache passer devant l’objectif de la caméra. Suivi aussitôt par le propriétaire, un fermier du coin, qui témoignait l’avoir trouvé là en faisant sa tournée, intrigué par le fait que toutes ses vaches se soient recroquevillées dans un coin du champ, les yeux révulsés de terreur. La journaliste réapparut pour faire la conclusion du reportage :

-Vu le carnage dont a été témoin cette petite ville du sud de la France, peut on craindre la présence d’un loup ou même d’un ours prés de nos maisons ? C’est ce que vont vérifier…

-Eh ARISA ! T’es encore dans la lune ! S’exclama Kitsune.

-Hein quoi ?!

-Faut avancer, on bouche tout le monde !

-Ah oui, désolé…

-Franchement, t’es vraiment pas clair en ce moment…

Arisa ne faisait déjà plus attention à la jeune fille, regrettant de n’avoir pas pu entendre la fin du reportage. Cependant, ce qu’elle avait entendu avait suffit à lui faire comprendre l’urgence de la situation. Si elle ne faisait rien, les médias allaient découvrir leur existence ! Elle ne devait pas perdre de temps : elle partirait à la recherche de Mimiko au coucher du soleil.

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04 octobre 2009

Partie 3

***

Arisa fit un dernier geste pour dire au revoir à ses amies. Puis, au lieu de continuer sa route, resserra les bretelles de son sac à dos et se mit à courir dans la direction opposée. Cela aurait été plus rapide de galoper en tant qu’animal, mais elle était encore dans la ville… Il allait lui falloir se contenter de ses deux jambes et de son train d’escargot…

Pourtant… Pourtant l’air frais fouettait son visage, elle filait comme si elle était aussi légère qu’une plume et sans même se fatiguer. Les muscles de ses jambes lui répondaient comme ils n’avaient jamais répondus, la faisant bondir à chaque foulée beaucoup plus loin que d’habitude. Courir partout sous sa forme de loup l’avait musclée et elle ne s’en était même pas aperçue !

Mais à bien y réfléchir, il n’y avait pas que son endurance qui avait changé : ses cinq sens s’étaient développés et elle avait aussi gagné en force…

Elle s’arrêta devant le petit chemin où Mimiko et elle avait l’habitude de se promener et huma l’air. Il faisait presque totalement nuit, son téléphone vibrait de fureur dans la poche arrière de son sac et la température ne cessait de se rafraichir. Les odeurs ne lui apprirent rien de particulier, la trace de Mimiko était vieille.

S’enfonçant dans les herbes hautes, elle se dirigea vers les arbres tout en écoutant autour d’elle les bruits de la forêt. Un oiseau se posant sur une branche quelques mètres plus loin, arracha de l’écorce avec ses petites griffes. Un petit prédateur, peut être un renard, marchait avec précaution sur les feuilles mortes. Il devait sûrement être à la recherche du lièvre qui bondissait dans la plaine derrière. Un chien zigzaguait sur le chemin de terre qui la traversait.

Pas un son pouvant rappeler une immense bête noire…

Arisa rentra dans le bois et posa ses affaires dans son tronc habituel, éteignant son portable d’un geste vif et un peu agacé, bien qu’elle ne sut dire contre qui exactement elle l’était. Elle se déshabilla avec hâte, pressée d’éteindre ses incertitudes et enfila sa peau de loup.

S’ébrouant, la louve jeta un regard vers le ciel, triste de le découvrir entièrement caché par de sombres nuages. Point de lune à qui raconter ses tourments, point d’étoiles pour pleurer sa sœur disparue.

Elle avança dans les bois avec précaution, reniflant autour d’elle, cherchant avec acharnement la trace. Elle passa sa truffe sur chaque plante, sur chaque tronc se trouvant sur son passage. Plus d’une fois, elle fut déconcentrée par une odeur alléchante, la faim commençant à se faire sentir, mais elle se donnait des baffes mentales pour reprendre sa recherche. Puis n’y tenant plus, elle fendit sur la première musaraigne qui se tenait prés d’elle, espérant être bien caché sous ses feuilles. L’instinct avait précédé sa pensée, et un long moment, Arisa resta face à face avec le petit corps sans vie. D’un petit coup de patte elle s’en assura. Le rongeur ne broncha pas. Son cerveau était tenaillé entre la réaction humaine de dégout et la réaction animale d’envie. Cette chose était pleine de poil, ça ne devait vraiment pas être « agréable » d’en manger… Et puis sans couteau et sans fourchette, comment allait-elle faire ? Et puis c’était cru bordel…

Finalement, la louve affamée, perdue dans ses pensées, se fit piquer son repas par un renard qui le lui faucha sous ses yeux en un instant, tout en continuant à décamper.

Encore une fois le loup réagit bien avant Arisa et bondit sur ses quatre pattes en grognant pour corriger l’impudent. Cependant, le rouquin avait déjà disparut.

Arisa continua donc sa route et arriva pas loin du pré où la vache avait été tuée. Elle ne s’approcha pas car elle avait sentie l’odeur de deux gros chiens. Le fermier avait sans doute prit des précautions. La louve passa son chemin et rentra dans un nouveau morceau de forêt. Là où elle n’était encore jamais allée.

Elle commençait à être fatiguée et était déjà complètement découragée. En s’éloignant des sources de lumières, elle arrivait de moins en moins à voir son environnement. Les quelques animaux autour d’elle s’enfuyaient en sentant sa présence. Peut être que eux savaient où se trouvait la panthère ?

Une chouette passa au dessus d’elle dans un froissement d’aile.

Peut être pouvait-elle lancer un appel ?

Bien qu’elle ne l’eu jamais fait, une longue stridulation monta le long de sa gorge, tout naturellement, avant de se changer en un long et douloureux hurlement qui résonna autour d’elle. Ce son était magnifique… Elle ne s’était jamais crue capable de hurler aussi fort et aussi bien. Elle recommença parce que ça lui faisait du bien, puis encore et encore, évacuant sa colère, sa frustration et son chagrin.

Sans même se douter qu’à quelques mètres de là, les lumières s’allumaient dans les maisons du voisinage et  qu’en quelques instants, le commissariat local croula sous le nombre d’appel téléphonique mentionnant le mot : « loup ».

Lune

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08 octobre 2009

Partie 4

***

-Ouuwwaa… Je veux plus jamais dormir à la belle étoile… Marmonna Arisa en baillant tout en se dirigeant vers son lycée, la tête bringuebalant d’un côté à l’autre de ses épaules, trop fatiguée pour arriver à la tenir longtemps droite.

Elle n’était pas repassée chez elle et songeait déjà à squatter les douches du gymnase en séchant sa première heure. Elle en profiterait aussi pour acheter de quoi se remplir l’estomac et faire une petite sieste au foyer…

Malheureusement pour elle, tous ces petits plans furent annulés quand elle fit irruption dans le hall du bâtiment, encombré par toute une foule. Des professeurs semblaient se tenir prés de l’un des gros blocs de bétons qui entouraient les larges poteaux jaune soutenant le plafond. La proviseur adjointe se trouvait sur ces derniers et semblait faire un discours dont elle attrapa une phrase au passage :

-… Inutile de s’inquiéter. Je compte sur vous pour rester chez vous la nuit…

-Qu’est ce qu’il se passe ici ? S’étonna-t-elle en regardant tout autour d’elle.

Elle attrapa au passage les yeux de Naru et d’Asuka qui se dirigèrent aussitôt vers elle, avec sur leurs visages une mine qui inquiétât énormément Arisa. Oh ça sentait pas bon du tout cette histoire…

En effet, sans prévenir, Naru l’avait agrippé par les bras et Arisa fit une grimace, retenant la bouffée d’agressivité que ce geste avait provoqué chez son elle « loup ».

*Calme toi, ne prends pas ça pour une agression… Ce n’est pas une agression…*

Malgré tout ses efforts pour se calmer, un son roc et sec grésillait au fond de sa gorge.

-ARISA ! Ou étais tu ? Nous étions tous fous d’inquiétudes !!! S’exclama Naru en la secouant légèrement. On a cru qu’il t’était arrivé quelque chose !

-Tes parents ont appelés tout le monde en voyant que tu ne rentrais pas, enchaina Asuka, après Mimiko, on pensait que toi aussi tu avais disparu… Vu que vous aviez tendance toutes les deux à trainer prés des bois… Il faut qu’on prévienne tout le monde que tu es rentrée !

-Oh oui, tes parents sont quelque part par là aussi !

-A… Attendez, tout ce monde, c’est à cause de moi et de Mimiko ?! Arriva à placer Arisa en se défaisant de la prise de la brune.

-Bein oui et non, après deux disparitions… On a pensait que tu as été aussi attaqué par le loup ! Expliqua Asuka.

-Moi ?! Attaqué par un loup ? Se moqua Arisa car pour elle, la louve, cela était effectivement très ironique, avant de continuer toujours sur le ton de la plaisanterie : Mais il n’y a pas de loups ici !

Ah ça, s’il y avait eu des loups, elle l’aurait su : ils lui auraient forcément répondu hier soir.

-Ce n’est pas marrant Arisa ! C’est sûrement ce qui est arrivé à Mimiko ! Répliqua Naru le visage sévère. Il y a vraiment des loups. Tout un quartier de Pibrac, de Brax et de Leguevin les ont entendus hurler hier soir !

-Hein ?!

-Oui ! D’ailleurs la police a prévu de faire une battue des bois avec un groupe de chasseur pour le débusquer, annonça Arisa.

-Oh… Merde… Ils m’ont entendu… Murmura Arisa, à présent atterrée. Qu’est ce que vais bien pouvoir faire…

-Il faut qu’on annonce à tout le monde que tu vas bien, lança Naru en s’apprêtant à tourner les talons.

Mais une prise de fer sur son pull la tint fermement sur place. De son autre main, Arisa s’empara du poignet d’Asuka et les tira toutes les deux vers un couloir de salles de classes.

-Non ne dites rien toutes les deux et suivez moi !

Les jeunes filles, interdites, n’eurent pas vraiment d’autres choix que coopérer. La blonde les fit entrer dans une des salles de cours où elle les libéra, avant de refermer la porte derrière elles.

-Qu’est ce qui se passe Arisa ? Fit Naru d’une voix à la fois agacée et inquiète.

-Mimiko est en danger et je ne sais pas comment faire pour la retrouver ! J’ai passé toute la nuit à fouiller les bois en vain ! Si ces chasseurs la trouvent avant moi, ils risquent de la tuer !

-Mais de quoi tu parles ? C’est pas les chasseurs le danger, c’est les loups ! Répliqua Naru. Et… Tu as passé toute la nuit dans la forêt ????

-Non, il n’y a pas de loups ! Réfuta Arisa. Hier ces cris c’était moi !

Elle eut droit à deux haussements de sourcils perplexes. Arisa se maudit intérieurement et souffla entre ses dents en se passant une main sur son visage. Les yeux des deux jeunes filles devant elle se tournèrent en direction de leur voisine, s’interrogeant mutuellement sur la santé mentale de leur amie. Asuka reprit finalement la parole :

-Euuuh… Donc tu vas dans les bois et tu t’amuse à hurler comme un loup ?

Arisa lui lança un regard noir.

-Bein écoute, c’est ce que tu viens de dire ! Tu es totalement incohérente dans tes propos.

-Bon j’ai compris, soupira Arisa. La vie de Mimiko est en danger alors je ne vois pas d’autres solutions…

-De quoi tu parles ?

-Mimiko et moi avons un secret, commença Arisa. C’est pour ça que ces temps-ci on passait beaucoup de temps ensemble.

-Un secret ? Répéta Asuka, sa curiosité piquée.

-Oui, il faut que vous juriez de ne jamais le dire à personne.

Asuka et Naru se concertèrent à nouveau d’un regard, avant de hocher la tête gravement. Arisa décida alors de se lancer :

-Je ne sais pas encore pourquoi, ni comment, si c’est normal ou même explicable scientifiquement mais… Depuis que toutes les deux nous avons été mordues par un chien complètement fou… Eh bien… On se transforme en animal.

-Quoi ?!

-Tu te moques de nous ?

-Non, sinon j’en ferais pas tout une histoire ! C’est pour ça que je vous ai dit que c’était moi qui hurlais. Je cherchais Mimiko sous ma forme de loup et… Sur le moment j’avais pas réalisé… Mais c’est vrai que c’était vraiment con de gueuler aussi fort…

-Tu… T’es un loup garou ? Lança Asuka.

-NON ! Mes transformations n’ont rien à voir avec la lune ! Quoique la première… Enfin, je sais pas… Je peux me changer à tout moment et même en fait… Je le suis toujours un peu…

-Comment ça ?

Arisa avisa le dossier de bois d’une chaise et s’y appuya, le serrant fortement. Il y eu bref bruit sec et tout un morceau du dossier lui resta dans la main.

Asuka et Naru la regardait à présent avec de gros yeux ronds et de plus en plus mal à l’aise.

-Kitsune m’avait dit que tu avais péter deux stylos hier… Mais je pensais pas que c’était à ce point, bégaya Asuka. C’est plutôt impressionnant…

-Et… Et Mimiko est comme toi ?

-Oui, au détail prés que elle, ce n’est pas un loup, c’est une panthère et qu’elle s’est transformée pour la première fois avant-hier et depuis… Elle est restée sous sa forme animale. Je ne sais pas trop si elle ne veut pas reprendre sa forme humaine ou si elle ne sait pas comment s’y prendre… Mais une chose est sur, il faut que je la retrouve. Et ceux avant les chasseurs ! C’est elle qui a tué la vache et ils risquent de croire qu’elle est son propre assassin… Mais de toute seule… Je me sens un peu perdue… J’aurais besoin de votre aide !

-Pourquoi tu n’irais as voir la police pour leur raconter tout ça ? Demanda faiblement Naru.

-Oui, PARFAITE IDEE ! Et puis après ils vont s’amuser à me disséquer pour voir comment un être humain normalement constitué peut se transformer en bébête toute poilu ! Répondit Arisa avec sarcasme.

L’inquiétude qu’elle ressentait pour Mimiko, le temps qui passait et la perspective des chasseurs rendaient Arisa de plus en plus hargneuse. Pourtant, quelque part elle comprenait Naru. Elle aussi, elle avait toujours été couarde et elle continuerait probablement à l’être, mais l’instinct et la meute l’empêchait de réfléchir clairement au danger.

-Si Mimiko est en danger, on va t’aider avec nos maigres moyens, tempéra Asuka. Mais avant ça… Tu peux te transformer, juste pour voir ?

-…

-Allleeeezzzz !!!

-D’accord mais n’ayez pas peur hein ? N’hurlez pas ou je ne sais quoi : je ne vous ferais pas de mal.

-Pas de problème ! Répondit Asuka, heureuse de pouvoir assouvir sa curiosité pendant que Naru faisait mine de pas s’y intéresser.

Elle fixa avec un grand sourire son amie.

-Euh…

-Oui ?

-Ca m’arrangerait si vous pouviez vous retourner le temps que euuuh… Je me déshabille… Marmonna Arisa, pleine de gêne.

-Oh oui ! Bien sur !

Les deux jeunes filles lui tournèrent le dos et la blonde commença à retirer ses vêtements là où les stores étaient tirés. Elle se souvint alors brusquement de la dernière fois où elle avait vue Mimiko. C’était dans cette même situation… La brune avait grogné d’agacement devant sa pudeur, mais Arisa savait que si elle avait été sous sa forme humaine, Mimiko en aurait plutôt sourit.

Et le sourire de Mimiko lui manquait.

… Elle ne laisserait pas ces chasseurs tourner un seul fusil dans sa direction… Si ça devait être le cas…

… Elle les tuerait. 

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Posté par Mkat à 15:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]