Mimiko se promène quelque part sous sa forme de panthere et voila que la police s'en mêle. Arisa part donc sauver son amie avec Asuka et Naru, désormais dans la confidence...

08 octobre 2009

Partie 1

Chapitre 4 : La traque

-Bon voyooonnns… Essayons d’agir de façon logique, annonça Asuka en tapotant sur le clavier d’un des antiques ordinateurs du CDI.

A côté d’elle Arisa avait du mal à rester en place et tournait nerveusement autour des tables couvertes d’ordinateurs installée en rond.

-Cherchons une carte, approuva Naru, assise sur une chaise.

C’était encore le matin. La réunion d’information pour les parents et les élèves n’était pas encore terminée, la bibliothèque était donc complètement déserte. Ce qui leur facilitait agréablement leurs recherches. De toute façon, les vautours de documentalistes (et après avoir vu Arisa se transformer, Asuka se demanda si ces vieilles femmes n’étaient pas aussi de la partie avec la façon dont elles avaient de tournoyer autour de leur victime avant de leur fendre dessus.) n’auraient pas supporté le va-et-vient incessant de la blonde.

-Voila j’ai trouvé une carte, fit Asuka en cliquant sur un lien qui fit apparaitre une carte du département.

Elle l’agrandie un peu pour se placer sur leur commune. Arisa se stabilisa alors enfin derrière elle, observant les zones boisées. Elle posa un doigt sur la partie la plus proche de leur ville :

-C’est là où Mimiko et moi on se promenait. Mais hier je suis sure qu’elle n’y était pas.

-Bon eh bien, si tu ne la sens pas quand on ira, on cherchera ailleurs.

Naru désigna alors une longue bande de verdure :

-C’est là où les gens t’ont entendu hurler. Tu devais être dans ce coin là.

-Alors c’est là où se trouvait les champs et le pré où a été découvert la vache morte, en conclut Arisa en montrant un vide.

-C’est vachement prés de la forêt de Bouconne ça, remarqua Asuka. Tu crois que c’est là qu’elle se serait dirigée ?

-Non. Pas si elle est comme moi. C’est une route très fréquentée qui passe par là, ça m’a aussitôt inquiétée et j’ai préférée aller vers là où je sentais la forêt plus proche, autrement dit vers l’ouest.

-Donc tu as visité tout le sud ouest… Et le Nord Est, vers Cornebarrieu et Mondonville ? Il y a des petits coins boisés par là.

-Non, trop crevée… Sur une carte ça parait toujours petit, mais quand on doit faire le chemin, on s’aperçoit des distances…  

-Alors je pense que c’est par là que nous devrions chercher. Elle a peut être tourné vers le nord au lieu de tourner vers l’ouest. Peut être pensait-elle pouvoir contourner la grande route par là.

-Oui… Comment allons-nous nous y prendre pour l’expédition ? Surtout que la police sera dans le coin ! Demanda Naru.

-J’ai entendu dire qu’ils ne partaient pas avant cinq heurs ce soir. Les loups sortent plus la nuit. On sera alors déjà dans la forêt, espéra Asuka en lançant une impression de la carte.

Elle récupéra la feuille de papier et éteignit l’ordinateur.

-Et pour le reste… Il y a quelqu’un chez toi Naru ?

-Oui, ma mère.

Asuka jeta un coup d’œil critique à ses chaussures :

-Bon ça devrait aller avec des tennis. Moi aussi d’ailleurs. Mais on va passer chez moi prendre un sac avec de quoi manger et boire.

-Attends, tu veux dire qu’il faut qu’on sèche les cours ???

-Ils commencent leur traque à

5h,

nous FINISSONS nos cours à tu vois d’autres solutions ? Argumenta Asuka. Ca ne me fait pas plus plaisir que toi, mais c’est un cas d’urgence. On se fera passer malade.

Naru se mordit la lèvre. On sentait que cette histoire ne lui plaisait, mais alors pas du tout du tout. Ainsi, jusqu’à chez Asuka, elle serra obstinément les dents, sans lâcher un mot.

C’est alors qu’Asuka fourrait plusieurs choses dans un gros sac à dos qu’elle reprit la parole :

-Tu as pensé à aller voir un médecin ?

-Dissection… Répondit aussitôt Arisa.

-Mais non…

-Mais si.

-Peut être qu’il a déjà vu des cas dans votre genre et qu’il sait comment le guérir ! Comme vous vous êtes faites mordre, peut être que vous avez attrapé un virus mutant de la rage…

Arisa fit une grimace, sceptique :

-Alors d’après toi, on est simplement… malade ?

L’ironie suintait trop de cette question pour que Naru prenne la peine d’y répondre.

-Bon c’est pas le sujet du jour, maugréa Asuka en enfilant son sac à dos. On en discutera lorsqu’on aura retrouvé Mimiko et qu’on sera au chaud en train de boire un bon café au lait.

-D’accord avec toi, fit Arisa en sortant la première.

Elles se dirigèrent vers le fond du quartier, là où commençait le bois. De gros nuages gris sombres se déplaçaient dans le ciel, n’annonçant rien de bon. Mais ce ne fut pas assez pour décourager les jeunes filles.

-Bon je porte le sac, Naru tu t’occupe de la carte et de nous orienter et Arisa…

-Moi je suis la trace, finit celle-ci en commençant à retirer son coupe vent.

***

Une trace… Une odeur différente…

Une masse noire passait de branches en branches dans la lumière terne du jour. La panthère noir stoppa sur une branche, se ramassant sur celle-ci, jouant des épaules, prête à bondir… Quand soudain…

L’odeur changea.

L’animal s’immobilisa, pareil à une statue, les pupilles se rétrécissant à l’extrême, ne devenant plus qu’un trait noir sur un iris d’or.

Ca sentait les Hommes.

Ses babines se retroussèrent, découvrant ses canines blanches et tranchantes. Ils étaient plusieurs à l’orée de la forêt, faisant craquer les feuilles mortes sous leurs bottes à chaque pas. Tout en bleu.

Quelque part, au fond de l’animal, une voix les reconnus.

*Des policiers.*

Ce mot semblait s’accompagner de peur et c’est ce qu’en retenu l’animal. Elle ne voulait pas les voir s’approcher de son territoire. Se redressant sans un bruit, la panthère lança un feulement d’avertissement avant de sauter sur une branche supérieure. Ce fut une bonne idée, car l’un des hommes qui avait entendu un drôle de bruit rentra prudemment dans le bois, mitraillette à la main, poussant du canon de celle-ci les branches basses, fouillant l’océan de verdure des yeux.

-Eh ! Qu’est ce que tu fais Ben ? Le capitaine avait dit qu’on ne devait pas encore rentrer ! Lança son duo en rentrant à son tour.

-J’ai cru entendre un bruit bizarre… Répondit le dénommé Ben.

-C’est pas étonnant, ya des bestioles partout ici… Mon territoire à moi c’est la ville, pas la forêt, pourquoi ils n’ont pas fait appel à des gardes forestiers ?

-Ils en avaient besoin pour ratisser Bouconne. Moi ça me pose pas de problème. Hé Michel, lança-t-il à son équipier qui retournait sur la route prés de leur fourgon : tu savais que quand j’étais petit, mon grand père m’amenait avec lui à la chasse !

Michel haussa des sourcils, apparemment, il n’en n’avait rien à faire et s’apprêtait à subir un long monologue. Effectivement Ben le suivit tout en continuant à parler :

-Je suis pressé de

17h,

tu verras, ce loup je l’abattrais avant n’importe lequel de ces chasseurs amateurs…

Mimiko tomba souplement là où s’était tenu l’homme quelques instants auparavant et feula dans sa direction avant de s’éloigner de la route.

Elle n’avait pas aimé du tout ce que l’Homme avait raconté et avait compris qu’ils tentaient de pénétrer dans son territoire… Et foi de Mimiko, elle n’allait pas les laisser faire !

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26 octobre 2009

Partie 2

***

La pluie s’était finalement mise à tomber. Arisa avait le nez couvert de boue à force de le trainer par terre, mais elle n’en avait cure pour l’instant. Derrière elle, suivaient comme elles le pouvaient, Naru et Asuka qui sur deux jambes, n’étaient pas aussi tout terrain que leur amie sous sa forme canine.

Après avoir fait un tour complet de la zone où Arisa avait eu l’habitude de se promener et s’être assuré à coups de truffe que Mimiko n’y avait pas remis les pieds, les jeunes filles et la louve avait grimpé vers le Nord/Est. Cependant, cela fut moins facile qu’elles ne l’avaient escomptée. La police cerclait chaque coin boisé du paysage, car la forêt n’était pas une seule étendue uniforme : les humains avaient déboisés pour construire des routes, des champs ou même des maisons, et les villes grignotaient petit à petit ces derniers vestiges de ce qui avait dû être une gigantesque et majestueuse forêt.

Il leur avait fallut ruser et être discrètes pour se faufiler à travers les mailles du filet, mais heureusement, ou malheureusement, l’averse qui dégringola sur leur tête en milieu d’après-midi, leur facilita l’infiltration des lieux gardés. Il était quatre heures cinquante quand elles rentrèrent dans la zone de forêt la plus au nord. Une ville se tenait derrière, il était donc improbable que Mimiko soit allé encore plus haut.

Les jeunes filles s’arrêtèrent, mendiant à l’animal une pause, s’installant dans un endroit relativement protégé par un arbre.

La louve fit demi-tour et s’assit sagement à côté d’elles sans rien dire.

-Et dire que normalement, c’est toi la moins sportive… Râla Asuka en cherchant de quoi gouter dans son sac.

Elle tendit une brioche à Naru et en posa une autre à côté d’Arisa qui se coucha et la prit dans ses pattes pour pouvoir s’en régaler.

-Il ne faut pas qu’on reste trop longtemps, rappela Naru. A cette heure là, on risque de rencontrer les chasseurs…

-Je sais… Mais on risque moins de choses à les croiser que Mi.

-Bon sang, toute cette histoire est vraiment… Soupira Naru en enfouissant sa tête dans ses mains. On se croirait dans la quatrième dimension…

-Une quatrième dimension très humide alors, ajouta Asuka d’un ton léger.

-Ca te fait rien toi ?!

-Si, si… Trop de choses nouvelles en trop peu de temps. Je crois que je n’ais simplement pas réalisé. Mais je pense aussi que ça sert à rien de se lamenter. Arisa et Mimiko sont comme ça et jusqu’à preuve du contraire, on ne peut rien y faire.

Arisa releva sa fine tête et fixa la jeune fille de ses beaux yeux verts, comme si elle cherchait à lui dire quelque chose. Prise d’un élan, Asuka passa sa main sous son menton et le lui gratouilla. La louve se laissa faire sans broncher.

Oui, c’était comme ça et il était trop tard pour arranger les choses.

Soudain, les oreilles du canidé s’orientèrent vers l’arrière et Arisa se redressa, grognant en direction des buissons. Ce ne fut que quelques minutes plus tard que l’ouïe humaine perçut de très faible bruit.

-Les chasseurs ! S’exclama avec angoisse Naru alors qu’Asuka s’était accroupie dans la boue prés de la louve, la retenant par le poitrail pour l’empêcher de bondir vers les hommes, tout crocs dehors.

-Qu’est ce qu’on fait, on s’enfuie et on les évite ?

Naru fronça les sourcils et se mit à réfléchir à toute allure :

-D’un autre côté, si on s’enfuit, ils vont croire qu’on a fait quelque chose de mal… Ou même nous tirer dessus en pensant abattre le loup…

-Mais si on reste là, ce n’est pas seulement nous, mais Arisa qui va être découverte ! Et comme c’est un loup, je doute qu’ils attendent nos explications avant de lui tirer dessus.

-Alors il faut qu’elle se retransforme.

-Mais elle serra NUE ! Répliqua Asuka avant d’être prise d’une inspiration soudaine : Mais oui, on a qu’à dire qu’on la retrouvée dans cet état, que le « loup » l’avait attaqué et qu’il lui a arraché ses vêtements !

La louve s’agita et s’ébroua dans ses bras, cherchant à montrer combien cette idée lui déplaisait, mais la jeune fille tint bon.

-Mais si, c’est la meilleure chose à faire pour le moment !

-Ils arrivent, annonça Naru en se tordant les mains, angoissée.

-Eh vous ! Fit un des hommes de têtes, Restez où vous êtes !

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Credit Photo

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17 novembre 2009

Partie 3

***

Benoit, dit « Ben », franchit d’un bond les dernières broussailles les séparant des formes se cachant sous un grand arbre. Ses bottes, en atterrissant dans la boue, firent jaillir des gouttelettes brunes alors qu’il mettait prudemment en joue les trois créatures.

Il fut extrêmement surprit de découvrir trois jeunes filles de l’âge de son fils ainé, deux le regardant d’un air angoissé et terrifié et le visage de la dernière était cachée sous un rideau de longs cheveux blonds raides. Ses poings étaient crispés, tout comme chaque muscle de son corps, ce dont il pouvait se rendre compte avec facilité en raison de sa nudité totale, bien que grandement cachée par les bras et le corps de la jeune fille qui la protégeait.

Michel arriva alors et ouvrit deux grands yeux :

-Mais qu’est ce qu’il se passe ici ?! Qui êtes-vous ? Et pourquoi celle-là est à poil ???

Celle qui semblait la plus âgée, aux longs cheveux bouclés et frisés, se présenta alors d’un ton sifflant, ainsi que ses compagnes.

-Nous étions venu chercher notre amie qui avait disparue, ajouta rapidement celle qui s’appelait Asuka. Quand nous l’avons retrouvée, elle était dans cet état.

Michel, bien que toujours suspicieux, s’empressa de retirer son k-way pour le déposer sur les épaules de la blonde qui leur tournait toujours le dos, avant que le reste de l’équipe arrive.

Ce qui une fois arrivé, provoqua une série de questions et d’embrouillas que les deux hommes s’empressèrent d’éviter en s’éloignant un peu. Ils savaient effectivement que deux jeunes filles du coin avait disparut, et c’était une bonne nouvelle que l’une d’entre elle soit encore en vie. Mais les deux jeunes filles qui l’accompagnait rendait tout cela très suspect, même si celle aux courts cheveux châtains répondaient à toutes les questions sans se laisser trop impressionner. Il y avait quelque chose d’étrange derrière tout ça.

-Bon, en tout cas, elles n’ont plus rien à faire dans ce périmètre, raisonna le chef d’équipe. C’est beaucoup trop dangereux.

-Mais… Tenta Asuka.

-Non, je ne veux rien entendre ! Vous avez déjà violé les lois en entrant ici… (L’homme se tourna vers les deux hommes qui se tenaient un peu à l’écart) Benoit ! Michel ! Raccompagnez-les hors de la forêt !

Benoit fronça les sourcils, apparemment peu ravi d’avoir à jouer les baby-sitters. Il hocha de la tête à contrecœur avant de fusiller les jeunes filles du regard. Le reste de la troupe se remit en marche tandis qu’il se dirigeait vers Michel :

-Bordel ! C’est la chasse de ma vie et je suis obligé de rester en arrière !

Il donna un coup de pied dans un caillou.

Arisa se releva, à présent couverte du K-way, et se plaça devant lui, l’air menaçante.

-Ca vous plait à ce point là de tuer des créatures juste pour satisfaire votre plaisir ? Grogna-t-elle.

-Ca, ce ne serait pas arrivé si tu n’étais pas allé dans les bois ! Ma petite !

-On a le droit d’aller dans les bois, c’est des espaces publics ! Et je ne suis pas votre petite !

-Allons, allons, intervint Michel qui sentait que ça allait dégénérer, plus vite elles seront hors de cette forêt, plus vite tu pourras repartir chasser !

-Pas faux, lâcha Ben en décontractant sa mâchoire. Allons-y.

Il passa devant, restant attentif aux bruits et la mitraillette à la main. Les jeunes filles le suivirent, penaudes, tandis que Michel fermait la marche.

-Qu’est ce qu’on va faire maintenant ? Demanda doucement Asuka, la pluie couvrant sa voix. Ils risquent de trouver Mimiko avant nous ?

-On ne peut plus rien faire, répliqua Naru. La situation est déjà assez catastrophique comme ça…

Arisa percevait à peine la discussion : elle écoutait les bruits de la forêt et humait l’air. Si l’odeur des arbres et de l’humus était trop fort pour sentir autre chose, elle entendait cependant un bruit faible de branches qui se courbaient, laissant choir toutes les gouttelettes d’eau qui s’y étaient amassés. 

Son instinct lui disait que c’était elle.

Mimiko était en train de les suivre… Non… Mimiko les traquait.

Arisa se rapprocha de ses deux amies et leur pris le bras :

-Faites attention et restez prés de moi, Mimiko est pas très loin de nous.

-Hein ?!

Un craquement de branches lui apprit qu’elle était encore plus proche qu’elle se l’était imaginée et elle ne fut pas la seule à l’entendre car Ben s’immobilisa instantanément et braqua son arme dans une direction un chouilla trop à l’est.

-Il est là ! Siffla-t-il en direction de Michel qui vint se mettre devant les jeunes filles à ses côtés.

L’attaque eut alors lieu. Surgissant du haut d’un arbre, et non d’un buisson comme se l’était imaginé Ben, et un peu plus sur son côté gauche, une masse noire s’abattit sur Michel, l’attrapant au cou. Les jeunes filles s’écartèrent aussitôt en criant alors qu’il basculait vers l’arrière, incapable de se défendre. Il s’écroula dans la boue, l’animal toujours accroché à son épaule, ses canines accrochée dans sa chair, ses longues griffes aiguisée plantée dans son gilet pare-balle. Ben jura et tourna aussitôt son arme vers l’animal, qui, comme s’il avait deviné ce qui allait arriver, lâcha prise en entendant le bruit de la gâchette. Le tir le manqua.

-Putain, c’est pas un loup, c’est une panthère ! Hurla l’homme en essayant de suivre les mouvements souples et aérien de la bête qui semblait monté sur deux ressorts et prenait appui aux arbres, sautaient sur les branches avant d’atterrir sans difficulté, comme doté de deux suspension.

Il tirait dés qu’il le pouvait, ratant l’animal de quelques centimètres à chaque fois. Totalement concentré sur ses déplacements, il ne vit pas venir la louve qui lui sauta dessus et plongea ses crocs dans le bras qui tenait son arme, lui faisant tirer un coup dans son pied.

Ben hurla de douleur et tenta de faire lâcher l’animal roux sans succès. Impuissant, il vit l’autre bête fondre sur lui et refermer sa mâchoire sur sa gorge, teintant ses babines de son sang. Le corps de l’homme s’affaissa dans un dernier cri qui s’étrangla en gémissement.

Naru et Asuka se tenait prés de Michel qui avait perdu conscience, tenant fermement un morceau de manteau contre la plaie de son épaule qui saignait abondamment. Elles étaient tétanisées par le spectacle auquel elles venaient d’assister. C’était si horrible… Cet homme qu’elles venaient juste de rencontrer était mort. Tué par deux de leur amies.

Arisa lâcha sa prise quand elle sentit que le bras était devenu tout mou et s’assit, sa langue nettoyant le contour de sa gueule. La panthère refusa de faire de même et entreprit de tirer le cadavre avec elle. Arisa grogna sur elle et posa deux pattes sur le corps. Mimiko laissa alors le mort et vociféra de rage. Arisa ne se laissa pas démonter et retroussa ses babines.

Les deux jeunes filles ne comprenaient absolument pas ce qu’il se passait mais devinait qu’Arisa était en pleine discussion avec Mimiko. La panthère posa alors ses yeux dorés sur elles, ce qui les fit déglutir de peur. Il y avait dans ce regard une lueur de concupiscence qui les faisait trembler, surtout quand l’animal se plaça dans leur direction, jouant des épaules, en se léchant les babines.

Arisa se plaça aussitôt entre elles d’un saut, les oreilles complètement baissées, sa jolie queue touffue ébouriffée et grogna. La panthère eut l’air ennuyée et regarda à droite et à gauche, semblant humer l’air.   

Arisa se calma alors et s’assit à terre, la regardant profondément dans les yeux. Avant de se relever d’un air excité et de faire mine de se retourner vers Asuka et Naru, la queue battant l’air. Le fauve n’eut aucune réaction.

Alors Arisa reprit sa forme normale, accroupie par terre.

-Arisa ! Alors qu’est ce qui se passe ? Mimiko veut nous manger ??? S’exclama Asuka d’un ton hystérique.

-Bien sur que non, quelle idée… C’est le policier qu’elle veut tuer, répliqua Arisa sans quitter des yeux la panthère. Ces deux là l’avaient énervée en entrant dans son territoire, c’est pourquoi c’est eux qu’elle avait traqués.

-Ouais bein elle a déjà tué ce pauvre homme ! C’est une chance si l’autre ne meurt pas aussi !

-Ce « pauvre homme » comme tu dis n’aurait pas hésité une seconde à la tuer… Ce qu’il a fait d’ailleurs. Pardonne moi Asuka, mais là je suis d’accord avec Mimiko, c’est la loi de « tuer ou être tué » qui prédomine.

-On est pas dans la jungle Arisa ! C’est très grave ! Tu es coupable de complicité de meurtre !

-Ah oui ? C’est bizarre : moi je croyais que c’était un loup et une panthère qui l’avait tué ?

Asuka serra la mâchoire face au ton calme utilisé par Arisa.

-C’est pas le moment de se disputer ! Réagit Naru, ce policier risque de mourir s’il n’a pas accès à des soins rapidement ! Pourquoi Mimiko n’a pas encore reprit sa forme humaine ?!

-Si c’était aussi simple, elle l’aurait reprit depuis longtemps et ce, sans notre aide. Mais elle ne veut pas…

-Comment ça, elle veut pas ?! Qu’elle y mette un peu de bonne volonté !

-C’est pas vraiment ça, c’est que son instinct animal a pris le dessus sur sa pensée humaine. Actuellement, la panthère a presque bouffé tout ce qu’il y avait d’humain en elle : elle raisonne comme un animal et bientôt elle risque même d’oublier qu’elle a était Homme un jour… Si j’ai repris ma forme humaine, c’est pour lui donner l’exemple… Mais on dirait que le déclic n’est toujours pas là…

-Bien… Fit Naru.

Elle se leva et dépassa Arisa avec précaution.

-Attention ! Fit Arisa. Moi elle m’accepte parce que je fais partie de sa meute, mais je ne sais pas ce qu’il en est pour toi…

Naru s’accroupit à quelques mètres de la panthère qui s’était levée et piétinait nerveusement le sol trempé, regardant successivement l’humaine, la main tremblante qu’elle tendait dans sa direction avec lenteur, et derrière elle.

-Là… Gentille… Tout va bien, tu vois, c’est moi Naru… Ton amie…

A présent sa main était à quelques centimètres de la tête du fauve, et il lui aurait suffit d’un mouvement pour la lui arracher, mais à la place de cela, Mimiko feula et fit un saut en arrière en lui donnant un coup de griffes.

-Aïeee !!! Cria Naru en reculant précipitamment, tenant sa main qui arborait à présent quatre griffures ensanglantées.

Arisa s’empressa de repasser devant elle et grogna en direction du fauve qui à présent semblait très mal à l’aise et agité. Naru avait les larmes aux yeux et s’efforçait de ne pas crier de douleur, tenant sa main barbouillée de son sang et de celui du policier. Serrant les dents, elle choisit de refaire un essai et sous les yeux impressionné de Asuka et d’Arisa, recommença à avancer vers l’animal, sa main intacte devant elle.

Cette fois-ci elle gardait le regard fixé dans celui de la panthère et après s’être stoppée un instant, fut surprise de voir le grand félin, après plusieurs mouvements hésitants, s’approcher d’elle, renifler sa main et poser son museau dans le creux de celle-ci.

Cela dura un instant, car quelques secondes plus tard, ce n’était plus une truffe humide qu’elle sentait, mais la peau douce et dénudée de poil de Mimiko, qui tenait sa main contre sa joue, des larmes coulant de ses yeux.

-Oh Naru… Je suis désolée…

La jeune fille esquissa un sourire un peu tordu par la douleur, et retira son manteau pour le déposer sur le corps nu de son amie.

-Je suis contente que tu sois de retour parmi nous.

Et elle accueilli dans son giron la jeune fille qui explosa en pleurs.

La pluie qui continua à tomber jusqu’à la nuit étouffa le bruit de ses sanglots au fond de la forêt.

A suivre…

Black_Panther_by_Wild_Soul

Credit Photo

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