30 décembre 2011

Partie 1

La conversation était on ne peut plus habituelle. Chaque mois son père l’appelait pour s’assurer de sa survie… Mais ils n’avaient pas vraiment grand-chose à se dire.

S’adossant à un mur, il s’amusait à enrouler une des mèches de sa frange autour de son doigt.

-Ce que je veux pour Noël ? Tu le sais très bien, annonça-t-il d’une voix un brin agacé.

Le reste de la conversation sembla plus à son gout puisque bientôt la moue qui pinçait ses belles lèvres s’effaça pour laisser place à un sourire en coin ironique.

Son père n’arrivait pas à lui résister, c’était bien simple !

Certes, il avait bien des raisons de lui céder et il n’avait pas de scrupule à les mettre en avant.

-Merci Papa, franchement t’es génial !

Tartiner une large couche de failloterie pour qu’il n’ait pas mauvaise conscience.

Même si en réalité, il était vraiment heureux.

S’avançant dans le petit salon, il s’approcha d’une étagère et en sortit un cadre photo qu’il contempla tout en écoutant son géniteur parler.

Il adressa un sourire chaleureux au petit garçon roux qui enlaçait les épaules d’une petite fille aux cheveux noirs pleins de frisettes puis plongea son regard à travers la baie vitrée, sur le ciel couvert de gris.

Ses lèvres esquissèrent des mots silencieux.

***

Sa proie se trouvait devant elle.

Elle avança doucement pour ne faire aucun bruit, se frayant un passage jusqu’à elle en silence. Elle leva légèrement les bras, les index pointés : elle était à deux pas… Il lui restait l’impulsion finale et…

« KYAAAAAAAA !!!!! »

Asuka glapit en faisant un bond lorsque les index d’Arisa s’enfoncèrent par surprise dans ses hanches. Elle se retourna presque d’un seul geste, furibonde :

-ARISA !!!

-Oui je sais, moi aussi je t’aime ! Ricana la blonde. Même si je peux pas rester, j’ai cours. Je t’ai vu alors j’ai pas pût résister !

Asuka pinça des lèvres à cette raison des plus discutables.

Elles se trouvaient toutes les deux au lycée, ayant dû se résoudre à laisser les vacances de noël derrière elles. Et Arisa se montrait plus terrible que jamais… Peut-être trop d’ailleurs. A ses yeux, ainsi qu’à ceux de Naru, il y avait anguille sous roche. 

Une Arisa au naturelle n’était surement pas aussi énergique. Ca cachait quelque chose.

Et puis se concentrer sur une Arisa l’aidait à surmonter sa déprime survenu au milieu des vacances et qui avait pour cause une transformation proche et imminente.   

Naru essayait de la rassurer en lui disant que si elle n’était pas sujette à un trop grand stress, il y avait des chances pour que ça soit retardé. Et au contraire, Kyogané disait que la proximité d’autres changeurs augmentait la rapidité des transformations.

Alors bon, entre l’un et l’autre…

-Eh attends Arisa, je sens quelque chose ?

-Euuuh… Un mélange de granny et de jus d’orange…

-J’te parlais pas de bouffe idiote !

-On se voit devant le self, à midi, d’accord ?

-OK !

Elle y mit de la bonne volonté, grand sourire à l’appui, mais… Ce n’était pas comme si elle allait entrer dans la compagnie des chamois sautillant, sa vie allait changer du tout au tout ! Et ça commençait déjà…

Surveiller constamment de ne pas contaminer quelqu’un en l’approchant de trop près, en la touchant… Elle comprenait pourquoi Arisa et Naru cherchait leur compagnie. Au moins entre elles, ce genre de soucis était épargné.

Mais leurs autres amies comprenaient mal qu’on les laisse de côté… Comme si elles les snobaient. Alors que tout était fait pour leur éviter d’avoir à subir le même sort.

Pour Asuka, c’était aussi de longues questions sans réponse sur sa forme animale… Elle avait bien quelques fantasmes comme devenir un oiseau pour pouvoir voir ce que ça faisait de voler… Mais elle pouvait tout aussi bien se retrouver sous la forme d’un pingouin ou d’un poulet…

Par curiosité et surement un peu de masochisme, elle avait ouvert un atlas animalier et s’était fait peur. Découvrir que les éponges de mers ou les sangsues étaient AUSSI classé en animal lui avait fait faire des cauchemars.

Arisa avait essayé de la rassurer en lui disant que si ELLE était un loup, alors elle ne pouvait pas être un ver ou un mollusque… Mais si par contre elle avait le mauvais gout de se transformer en araignée, amie ou pas, elle ne l’approcherait plus à moins de 10 mètres.

Elle avait dit ça pour essayer de la détendre… A moins qu’elle ne soit vraiment sérieuse… Quoiqu’il en soit, plus le temps passait, plus elle trouvait qu’elle avait tous les inconvénients de leur statut sans les avantages. Cela la mettait aussi à l’écart des déjà-transformés.  Comme elle ne savait pas encore ce que c’était d’être un animal, elle ne pouvait pas vraiment participer aux discussions et surtout pas les suivre dans leurs promenades nocturnes.

Elle poussa un soupir et continua son chemin jusqu’au gymnase pour le cours de sport. Evidemment, comme toujours en hiver, il s’agissait des cours d’athlétismes. Marrant comme tous les profs semblaient se faire un plaisir de les voir se cailler en survet, ça semblait leur donner une excuse légitime pour faire courir leurs élèves.

Asuka n’allait pourtant pas courir aujourd’hui car on la dirigea avec un groupe d’élève vers le lancer de poids et le saut en longueur pendant que d’autre s’entrainait au relais, à la course de vitesse ou d’endurance.

Le cours se passa du coup en discussion entre deux passages tout en piétinant pour avoir un peu chaud. Asuka lança par deux fois son poids et fit un score honorable.

Puis ils passèrent au saut en longueur. Ca elle craignait un peu plus. A la fois parce qu’elle avait l’impression d’avoir les muscles gelé et parce qu’elle en avait peu fait jusqu’ici.

Elle encouragea ses copines puis ce fit son tour de passer.

-Tu as bien vu comment ont fait les autres ? Trois enjambée et tu sautes, lui rappela la prof.

-C’est pas ma mémoire qui m’inquiète, c’est ma coordination défaillante, répliqua Asuka.

Après tout, qui d’autre qu’elle était capable de se prendre des lampadaires en marchant dans la rue ?

En se secouant pour chasser le froid, elle se lança.

Un, deux pas… Trois… Curieusement elle se sentait légère et elle rebondissait sur ses pieds comme s’ils étaient dotés de ressort.

A la fin de la troisième enjambé alors qu’elle touchait la planche de bois avant le bas de sable, elle donna une plus forte impulsion pour sauter et eu tout simplement l’impression de s’envoler. Comme si elle avait fait ça toute sa vie, ses muscles bandé se détendirent et elle trouva intuitivement la meilleure position pour franchir le sable et atterrir sur ses deux pieds sans se crasher comme tous les autres avant elle, en soulevant un nuage de sable.

La prof et la fille chargé de noter les positions faisaient des yeux ronds et avait presque la bouche ouverte, hébétée.

Asuka inconsciente de ce qui les faisait réagir ainsi se tourna et remarqua alors qu’elle avait dépassé tous les autres d’au moins une longueur d’homme.

-WOUAH…

La prof de sport secoua la tête et se dirigea pour vérifier la longueur et poussa un petit glapissement :

-Pour peu c’est presque un résultat de champion olympique…

CA c’était pas normal et Asuka sut immédiatement qu’elle avait fait une boulette. Elle bougea de sa place en vitesse :

-C’est surement à cause de mes baskets ! C’est un tout nouveau modèle, soit disant conçu pour améliorer les capacités, ergonomique et toussa…

Son professeur jeta un rapide coup d’œil sceptique sur les vieilles baskets décolorées d’Asuka qu’elle trainait depuis le collège.   

-IL FAUT QUE J’AILLE AU TOILETTE !!!Finit par se retrancher Asuka en disparaissant aussi vite qu’elle pouvait pour sécher le reste du cours.

Au moins, maintenant, elle savait qu’elle était une bestiole qui rebondissait bien…

 

 

immeublesbynight2tl3

(photo par BoraX)

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19 octobre 2012

Partie 2

***

C‘était censé être une petite racaille. Le genre de type paumé qui sait pas quoi faire de sa vie, qui n’a jamais pensé qu’il pourrait utiliser ses dix doigts à faire autre chose que des conneries. Fort devant ses potes, devant ses clients, mais à l’intérieur, juste faible. Celui qui cède à la solution de facilité est juste faible. Juste une proie.

Il se fout du mal qu’il fait autour de lui, il ne pense qu’à l’argent. L’argent, un concept surévalué dans cette société. Juste l’air qui entoure, juste la lumière d’une lune, juste l’eau des ruisseaux, juste l’herbe et la terre du sol, juste la chaleur du soleil et juste les proies.

C’est juste ce qui fallait à la Mimiko panthère.

Du haut du toit, sous sa forme humaine, mais aux yeux ambré aux pupilles rondes et envahissante, aux deux arceaux chatoyant, oreilles, noyé dans une masse d’ébènes et à la queue qui s’agitait sous sa jupe de lycéenne, balancier au repos, elle suivait l’homme dans ses mouvements, rectifiant automatiquement sa propre position pour s’avancer, se cacher, pivoter.

Elle cherchait le meilleur angle pour attaquer, cette activité qui durait depuis bien une heure la comblait de ravissement.

C’était encore mieux que de chasser un animal car ce dernier repérait rapidement la présence d’un prédateur que ce soit à cause d’un faux mouvement ou par un sixième sens.

L’Homme par contre… Ah l’Homme ne se doutait pas une seconde qu’il était en danger jusqu’au moment où il apparaissait à ses yeux.

Si certains se montraient plus intuitifs que d’autres, celui-là ne montrait aucun signe d’inquiétude.  Il était trop occupé.

Lui aussi chassait, mais pas le genre de proie qui pouvaient s’enfuir ou se défendre. Il les repérait, puis, discrètement, pillait les motos, les scooters et vélos. Une fois récupéré la pièce qui l’intéressait, il faisait un signe et ses copains, jamais loin, avançaient une camionnette où se trouvaient tous leurs larbins.

Peut-être des vautours. Mais même les vautours semblaient avoir plus de gout.

Mais Mimiko non plus ne chassait pas pour se nourrir. C’était plus du sport, du jeu. Rien d’autres. La proie n’était pas pour ainsi dire, très appétissante.

Si en plus elle permettait par-là d’aider la police à mettre la main sur ce petit gang qui exaspérait tous les propriétaires de deux roues de la ville, personne ne pourrait le lui reprocher.

Le jeu du chat et de la souris commençant à perdre un peu de son intérêt, elle se décida à agir.

Jouant des épaules machinalement, elle se mit en place, prête à sprinter et, avant même de s’en rendre compte, totalement guidée par son instinct qui semblait savoir quand le moment était le bon, elle s’était élancée et bouscula l’homme qui était occupé à dévisser une roue. Le choc le jeta à terre et surpris, il n’eut pas le temps de se remettre debout qu’elle lui attrapa le bras pour le lui tordre dans le dos, et appuyant dessus de toutes ses forces, elle le maintint à terre. L’homme était fort, mais elle n’avait presque pas de difficulté à le retenir sous son contrôle.

Alors qu’il l’abreuvait d’injure, elle exultait et un sourire lui dévorait les lèvres. Elle se sentait incroyablement bien, incroyablement puissante et avait envie d’hurler de rire.

Cette transformation était définitivement une bénédiction.

La derrière chose que vit l’homme avant qu’elle lui assomme la tête par terre, ce fut deux grands yeux jaunes et brillants…       

***

Arisa se plaça dans un coin isolé du couloir et perdant un sourire qu’elle s’efforçait de maintenir 24h sur 24, le sourire du « mais je vais bien qu’est-ce que tu crois ? », sortit son téléphone portable. Faisant passer les numéros jusqu’à celui qui l’intéressait, elle hésita un instant, puis appuya sur la touche d’appel.

Les tonalités lui répondirent et s’étendirent jusqu’au répondeur. Elle baissa alors l’appareil de son oreille et éteignit. Elle n’avait pas l’intention de lui laisser un message… s’il ne décrochait même pas quand elle appelait, il ne l’écouterait certainement pas.

Pourquoi ? Qu’est ce qu’elle avait fait ? Elle ne comprenait pas. Elle s’était comportée comme d’habitude mais c’était la première fois qu’elle provoquait un tel rejet. 

A bien y repenser, le comportement de Kyo, ce jour-là, ne faisait pas vraiment penser qu’il appréciait être à ses côtés. Il s’était montré distant, autant physiquement que mentalement, mais ça avait été un peu moins le cas lorsqu’il l’avait aidé à semer le changeur…

Peut-être que c’était parce qu’elle était un canin et lui un félin ? Peut-être que ces deux types de changeurs ne s’entendaient pas ? Non c’était ridicule, elle, elle n’éprouvait aucune envie de lui courir après en lui aboyant dessus… Quoiqu’en ce moment…

Mais alors que signifiait ce « actuellement je ne peux pas être ton ami » ? Et pourquoi refusait-il de la voir ou de lui parler ?

Peut-être qu’il ne l’appréciait simplement pas du tout…

… Mais le problème c’est que ce n’était pas pareil de son côté.

Elle voudrait l’avoir comme ami, pouvoir rigoler avec lui, pouvoir se disputer gentiment avec lui, pouvoir regarder des films avec lui, aller à des concerts, discuter de musique, l’obliger à voir tous les dessins-animés de disney pour qu’il comprenne ses références, lui faire gouter son crumble aux pommes ou encore manger avec lui jusqu’à s’en crever la panse. Il devait être un bon mangeur, elle en mettrait sa main à couper.

Mais pourquoi bordel ne pouvaient t’ils pas faire tout ça « ACTUELLEMENT » ??!!???!!! Ses explications étaient incompréhensibles !

Elle laissa tomber sa tête contre le mur, frustrée de ne pas comprendre, de ne pas savoir ce qu’elle avait fait de mal et d’être rejeté comme un chien galeux.

Mais s’il n’y avait rien à faire, il fallait juste qu’elle oublie tout ça. Ce serait surement le mieux.

Elle se força à repartir, la sonnerie venait de sonner, et de faire comme si rien ne s’était passé. Elle était plutôt forte pour ça de toute façon.   

 

Le samedi soir suivant, un long hurlement déchirant brisa la quiétude de Bouconne.

Une chienne s’arrêta net dans sa poursuite d’un lapin pour écouter un instant, les oreilles aux aguets et d’hurler à la mort à son tour.

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13 mai 2013

Chapitre 7: Chasse (Partie 3)

***

Le début de la semaine était toujours déprimant, surtout au second trimestre. En tout cas c’était ce que leur disait souvent Mimiko. Pourtant, aujourd’hui, Sumomo et ses autres amies la trouvait inhabituellement gaie. Surtout par rapport à ces derniers jours.

-Qu’est ce qui s’est passé ce week-end ? Demanda sa camarade de table qui aujourd’hui arborait une teinte de cheveux roux fluo au lieu de son habituel châtain clair.

-Rien, j’étais chez mes grands-parents, répondit Mimiko en sortant ses affaires de cours.

-Bon… Vu que tu avais l’air toute gai, je me suis dit que c’était peut-être à cause d’un garçon… Non ?

La brune lui renvoya un regard mi vexé.

-Tu commences à me connaitre, non… Je ne suis pas vraiment attiré par les garçons…

-Attention, ce que tu dis pourrait faire penser que tu t’intéresses aux filles. Non pas que ça me gêne, mais… Répliqua Sumomo avec un sourire taquin.

-Maieuuuuh !!! Tu t’amuses toujours à déformer ce que je dis !!!

-Parce que c’est amusant, tu réagis toujours !

-Sumomo…

-Bon ok, j’arrête ! Finit par capituler la jeune fille devant le regard noir de son amie.

En plus, leur professeur de français venait d’entrer dans la salle à son tour. Celle-ci mit en ordre ses notes, puis attira l’attention de ses élèves.

-Bonjour tout le monde, on ne va pas commencer de suite par l’appel car je vais d’abord vous présenter un nouvel élève qui va rejoindre la classe. Il vient des Etats-Unis mais il parle très bien français à ce que j’ai pût en entendre, ainsi il n’aura pas trop de mal à s’intégrer…

Elle tourna la tête vers la porte :

-Rentre donc !

Passant vite sur le fait qu’elle ait parlé d’UN nouvel élève, donc d’un garçon, ce qui était une denrée rare dans leur classe d’option d’art plastique et faisait s’enthousiasmer d’avance le reste des filles, Mimiko ne porta qu’un bref regard sur l’entrée du nouvel arrivant.

Mais aussitôt qu’elle l’aperçut, elle manqua de s’étrangler.

De haute stature, d’un corps bien proportionné, sans jambes ou torses trop longs, la peau légèrement mate comme la sienne, les cheveux coupés courts d’un roux qui tournait vers le brun, dont quelques mèches venaient s’attarder devant son regard aussi brun que le sien, mais illuminé d’une étincelle de malice, un nez légèrement retroussé, comme elle et des lèvres pleines semblant contenir toujours un sourire…

-ALEC !!!!! S’exclama Mimiko en bondissant littéralement de sa chaise, les yeux arrondis de stupeur, oubliant totalement où elle se trouvait et n’osant pas croire qu’il se tenait vraiment devant elle.

Alec, son demi-frère !

Lui aussi avait aussitôt tourné son attention sur elle et il la regardait d’abord silencieusement, un grand sourire chaleureux sur ses lèvres.

-Oui, ça fait longtemps Mio, finit-il par dire doucement en utilisant le petit surnom qu’il utilisait quand ils étaient plus jeunes.

Il était le seul à l’appeler comme ça et elle avait envie de pleurer de joie et de sauter dans ses bras.

Le raclement de gorge de sa prof lui fit reprendre contact avec le présent et rouge de honte en constatant tous les regards scrutateur tournés vers elle, elle se rassit immédiatement.

-Bien, notre nouvel arrivé s’appelle effectivement Alec, reprit l’enseignante. Alec Laroche, comme votre camarade de classe.

Puis se tournant vers lui :

-Tu peux t’assoir à une place vide. Vous aurez tout le temps de faire connaissance à la pause, je vais maintenant commencer à faire l’appel puis vous sortirez le commentaire de texte que je vous avais demandé de faire…  

Mimiko regretta que les places vides soient si loin d’elle, mais elle avait la manie de se mettre toujours dans les premiers rangs.  

Alors que la prof faisait l’appel, Mizuki, une de ses amies, une jolie fille aux longs cheveux raides et noires et à la peau blanche comme si elle était une espèce de réincarnation de Blanche-Neige, et qui était assise un rang derrière elle, se pencha sur sa table pour lui tirer le pull au niveau du coude et attirer son attention.

-Dis, ce garçon super mignon est de ta famille ?

Sumomo semblait vouloir aussi entendre la réponse puisqu’elle se tourna vers elle après avoir répondu à l’appel de son nom.

Mimiko se contenta d’un bref hochement de tête, tout en se retenant de ne pas rougir et de ne pas s’énerver en apprenant que ses copines le trouvait mignon.

Evidemment qu’il était mignon ! Il l’avait toujours été !

Mais elle aurait aimé être la seule à le savoir.

Elle ne pût s’empêcher de grogner de mécontentement en voyant que toutes les autres filles de la classe avaient les yeux rivés sur lui.

*A moi ! Il est à moi !!!! C’est MON Alec !!!* Songea-t-elle un instant avant de s’en rendre compte.

S’ébrouant autant mentalement que physiquement, elle se força à détacher elle aussi ses yeux de lui et à regarder le tableau.

Il ne pouvait pas être à elle puisque c’était son frère… Et peu importe ce qui s’était passé quand ils étaient enfants. Maintenant ils ne l’étaient plus et même si elle était extrêmement heureuse de le revoir, il fallait qu’elle se contrôle et se force à le voir comme un membre de sa famille.

*Plus facile à dire qu’à faire…*

Du coup, entre ses ruminements intérieur et les chuchotis des filles autour d’elle, les deux heures de cours semblèrent passer à une vitesse exaspéramment longue.

Finalement, et elle s’était fait tarder, la sonnerie de fin de cours finit enfin par sonner. Déterminée, elle rangea rapidement ses affaires pour pouvoir rejoindre le jeune homme, mais à peine se retourna t’elle vers lui, qu’elle ne pût le voir tellement il était noyé par une masse de fille.

Un peu déçu, mais pas autant que Mizuki qui essaya quand même d’approcher, mais qui fut rejetée en arrière, elle quitta la pièce en se disant qu’elle aurait d’autres occasions.

-Elles exagèrent ! Grommela Mizuki en la rejoignant, elles pourraient laisser tout le monde le saluer…

Mimiko la considéra alors que Sumomo lui expliquait que les autres filles devaient être apparemment en manque de chair fraiche.

-Tu n’es pas attiré par lui toi ?

-C’est pas trop mon genre, répliqua Sumomo. Il fait trop gamin. Moi je les préfère plus âgés.

-C’est un peu dangereux de fréquenter des étudiants, la reprit Mimiko.

-Mais nooon !

-Si… Et je me fais du souci pour toi. Entre l’alcool, la drogue et je ne sais quoi…

-Roooh c’est trop mimi-ko ! Tu te fais du souci pour moi ! Tiens, d’ailleurs, en parlant de ça, je vais aller m’en fumer une dehors…

Evitant le regard réprobateur de la brune, Sumomo s’enfuit vers les coursives qui se trouvaient à chaque étage, la laissant avec Mizuki.

Celle-ci la regardait avec des yeux pleins d’espoir.

-Quoi ?

-Dis, tu me le présenteras !

-Qui ? L’imbécile copain étudiant de Sumomo ?

-Mais non ALEC ! Qu’est ce que j’en ai à faire du copain de Sumomo !!!

Mimiko n’eut pas le temps de répondre car la jeune fille la laissa alors pour retrouver leurs autres amies et elle ne la suivit pas. Elle avait besoin de calme et pas du brouhaha ambiant des halls de chaque étage où se regroupaient les lycéens car là se trouvait l’escalier central et les toilettes. Accessoirement aussi, la vie scolaire et le panneau des associations où se trouvaient épinglés toutes les nombreuses activités qu’ils organisaient, du concours de costume d’Halloween au bal de Noël en passant par les concerts des divers groupes.

Il y avait de nombreux autres endroits où se retrouver pendant les pauses : la cour ouverte du dernier étage, les coursives et la cafétéria au rez-de-chaussée où si l’on n’y arrivait pas trop tard on pouvait acheter à moindre coûts des viennoiseries.

Mimiko qui cherchait à éviter tout ce monde se rendit au troisième étage, l’étage des disciplines scientifiques où il n’y avait jamais beaucoup de personnes à part quelques bûcheurs.

Traversant le couloir, elle se casa dans un cul de sac où se trouvait une fenêtre encrassée de poussière et se mit à faussement regarder à travers, laissant en réalité son esprit s’évader sur tous les sentiments qu’elle devait s’efforcer de discipliner.

Son instinct de changeuse la prévint cependant qu’elle n’était plus seule et alors qu’elle entendait le bruit de pas s’approcher d’elle, elle se retourna pour faire face à l’intrus et lui donner envie de faire marche arrière.

Mais à la place de ça la personne accéléra et avant qu’elle n’ait pût comprendre ce qui se passait, se retenant d’envoyer un coup à un pauvre lycéen, elle se retrouva soulevée de terre et des lèvres vinrent de poser sur les siennes.

C’était Alec ! Et il était en train de l’embrasser !!!!

C’est sans doute parce que son cerveau grilla complétement à cette constatation qu’elle ne le repoussa pas immédiatement et que stupéfaite, elle ouvrit de grands yeux et entrouvrit la bouche comme pour dire quelque chose.

Lui permettant ainsi d’y passer la langue…

Hormis le fait que c’était son premier baiser et aussi son premier french kiss, et qu’elle trouva ça très bizarre comme sensation, elle se rendit compte alors de l’horreur de son manque de réaction et le repoussa vivement.

-Tu m’as manqué Mio ! Se contenta-t-il de dire tout sourire tandis qu’elle se tenait la bouche en lui lançant un regard halluciné tout en l’abreuvant intérieurement d’insultes.

*Oh le con ! Mais quel con !!!*

Ce crétin venait de se contaminer tout seul !!!

Non, décidemment, les débuts de semaine, ce n’était vraiment pas son fort…

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15 mai 2013

Chapitre 7: Chasse (Partie 4)

***

-Je me demande pourquoi Mimiko nous a demandé de l’attendre ici, on caille ! Grommela Arisa en grattant une écharde de la table de bois où elle était assise avec Asuka et Naru.

Au beau milieu de la pelouse mouillée de la cour de leur lycée, cela faisait bien quinze minutes qu’elles attendaient. Soudain, elles virent leur amie approcher accompagné d’un garçon plutôt grand et roux.

Arisa aurait pût le confondre de loin avec Kyo, mais plus depuis qu’elle était louve. Elle aurait pût sentir l’odeur de Kyo de loin… Aaah l’odeur de Kyo….  Dériva-t-elle inconsciemment dans sa tête avec un pincement de cœur.

Puis ils furent assez près pour qu’elles entendent des bribes de discussion :

-Mais puisque je te dis que là-bas on s’embrasse pour se dire bonjour !

-Avec la langue ?

-Non, mais tu as ouvert la bouche comme si tu voulais que je le fasse !

-Non mais t’es gonflé !!!!

Mimiko, apparemment furieuse et gênée, s’arrêta soudain de parler à son vis-à-vis et stoppa devant leur table, l’air dépité.

-Bonjour ! Fit le garçon apparemment pas du tout perturbé.

-C’est qui ? Demanda aussitôt Asuka à la brune.

-Alec. Mon frère.

Il y eu un petit moment de silence où les têtes allèrent de façon systématique d’Alec à Mimiko de façon répétée. Puis Naru et Asuka se levèrent brusquement, les yeux ronds :

-MAIS DEPUIS QUAND T’AS UN FRERE ????????

-Longue histoire, résuma Mimiko qui n’avait pas envie d’entrer dans les détails avant de lâcher la mauvaise nouvelle : Et… Il a été contaminé…

Il y eut un nouveau silence. Puis quelqu’un se décida à lancer la question qui tue.

-Et comment ?

-Crois-moi Asuka, TU.NE.VEUX .PAS.SAVOIR ! Articula très clairement Mimiko d’un ton crispé.

-Bein merde alors… Du coup…Bein… bienvenue dans la meute ! Continua la jeune fille en se tournant vers Alec.

Celui-ci continuait de sourire comme s’il ne se faisait pas le moindre souci au sujet de tout ça. Comme s’il s’agissait d’une chose aussi bénigne que de se faire opérer des amygdales.  

-Tu lui as tout expliqué ? S’enquit Naru.

-Ouaip, en venant.

-Et tu n’es pas inquiet ?

-Non, pas du tout, affirma Alec. Je vois pas pourquoi je le serais, ça se passe plutôt bien pour vous, non ?

-Euh oui pour l’instant, temporisa Naru. Mais je veux dire : tu n’es pas un peu en colère au sujet de tout ce que tu ne pourras plus faire ? Tu sais ce n’est pas facile, il faut tout le temps se contrôler dans la foule, il faut faire attention à ne pas contaminer les autres et puis… Et puis.. Et puis il y a les histoires d’amour et toussa….  

Le roux jeta un bref regard à Mimiko et si celle-ci ne s’en rendit pas compte, étant de profil, les autres filles le virent bien.

-Baah, on verra bien et c’est plus comme si on échangeait des choses qu’on pouvait faire avant contre de nouvelles choses. En plus… Je ne vais pas être en colère, ce que j’ai fait était couillon, je peux m’en vouloir qu’à moi-même ! Termina-t-il d’un air gêné en passant un bras derrière sa tête.

-Oui, ça a aussi des bons côtés, se décida à dire Arisa, contente de ne pas se trouver avec un névrosé de plus.

-Alors… Commença le garçon en reprenant un air rieur. Tu es blonde, tu portes du noir, tu es sûrement Arisa, la louve.

-Bingo ! Approuva celle-ci.

-Donc toi, avec tes cheveux frisé, tu es Naru, la labrador et toi tu dois être logiquement Asuka.

-La sans-animal-fixe, comme toi ! Ajouta cette dernière. Comment tu sais tout ça, c’est Mi qui t’en a parlé ?

Il hocha de la tête.

-Au fait Mi ! Reprit joyeusement Asuka en se tournant vers elle et en montrant ses yeux. Comme Naru j’ai plus besoin de lunettes depuis trois jours ! Ca veut dire que je suis surement une bestiole qui saute bien et qui a une bonne vue !

Mimiko remarqua que son amie n’avait effectivement plus ses lunettes. Mais elle ignorait jusqu’ici que Naru ne mettait plus ses lentilles.

-Alors ça a aussi cette sorte d’effet sur notre corps… Hum… Qui saute bien ? Tu veux dire… Comme une grenouille ?

Le froncement de sourcil et le regard tueur d’Asuka lui fit dire qu’elle n’aimait pas beaucoup cette idée.

-Dis le que ça t’amuse de me torturer ! Bouda-t-elle en croisant les bras, répondant au petit sourire en coin de la brune.

-Mais j’y pense ! Intervint Naru qui fixait attentivement Alec depuis tout à l’heure. Ca veut dire qu’on va finalement avoir un garçon dans notre meute !  

-Oui, comme ça, ça nous évitera t’entendre Kyogane dire encore : « Il vous faut un mâle pour vous protéger pauvre petite femelle que vous êtes », fit Asuka en prenant une grosse voix grave qui les firent tous rire.

-Et en plus, ça veut dire que Mimiko ne sera plus toute seule dans son lycée, c’est rassurant.

-Meuh Naru, j’étais capable de me débrouiller toute seule… Maugréa Mimiko.

-Et on aura plus besoin de Kyo non plus ! Réalisa Asuka.

Arisa sursauta légèrement et ne pût s’empêcher de lancer un bref regard mauvais à Asuka.

Comment ça « plus besoin de Kyo » ??? Mais elle n’était pas d’accord du tout ! Elle ne voyait pas pourquoi elle ferait plus confiance à ce rouquin venu d’on ne sait où qu’à Kyo qu’elle commençait à connaitre… Du moins tant qu’il l’avait laissé faire…

Elle voulait encore le revoir.

Et d’autres pensées moins avouables qui se bousculaient dans sa tête et qu’elle cherchait à faire sortir de son esprit tellement c’était… C’était pas possible.

Elle entendit à peine la discussion qui continuait à côté :

-Ouais, faut-il encore qu’il se transforme pas en canard, disait Mimiko.

-Pourquoi un canard ? Demanda Asuka.

-Mais non je vais pas me transformer en canard, répliqua Alec qui semblait un peu vexé.

-Il pourrait devenir notre chef de meute, ajouta Naru, pragmatique.

-Plutôt m’exiler dans les Pyrénées, la prévint Mimiko.

-Pourquoi les Pyrénées ????

-Longue histoire Alec, fit Asuka en posant une main compatissante sur une de ses épaules.

-… Et qu’est-ce que tu en pense Arisa ? Arisa ? WOUHOUUUU ARISAAAA !!!!

La blonde sursauta alors, reconnectant avec le monde extérieur.

-Euh… J’ai froid ? Lança t’elle tout-a-trac.

 Mieux que leur hurler dessus « ON GARDE KYO !!!! ».

-Elle a raison, on discutera de ça une autre fois au chaud, approuva Mimiko avant de se tourner vers Alec : Tu habites où au fait ?

-Papa me paie un appart à Toulouse. J’y suis depuis novembre.

-Je savais que tu étais revenu, mais je n’ai pas reçu de lettres de toi…

Alec eut un petit sourire contrit.

-Bein tu sais, depuis ce qui s’est passé avec ta mère, je préfère éviter.

-C’est Umiko qui t’as balancé, maugréa-t-elle.

Alec leva les yeux au ciel sans avoir l’air fâché et poussa un petit soupir.

-Je peux pas en vouloir à notre petite sœur, après tout, c’est pas comme toi et moi, on n’est pas très proche et pour elle, je suis juste une raison du divorce.

-C’est pas une raison.

-J’espère juste qu’un jour on aura l’occasion de se réconcilier. Bon, je rentre. On se voit demain en cours ? Après tout je n’ai pas saoulé notre père pour rien jusqu’à ce qu’il accepte de m’inscrire dans le même lycée que toi ! Termina-t-il en riant avant de prendre le chemin de la gare.

-Il est sympa, affirma Asuka en se levant à son tour. Mais ça a l‘air plutôt compliqué vos histoires de famille.

Mimiko haussa des épaules.

-Certains squelettes sont plus gros et plus visible que d’autre, c’est tout.

-Des squelettes ? Fit Arisa en se tournant vers Naru alors que les deux autres partaient déjà.

-Je crois qu’elle voulait parler de squelette dans les placards… Tu n’es pas très attentive ces derniers temps, il y a quelque chose qui te chagrine ?

-Oh… Fit Arisa en évitant son regard. Tu sais… Faut que j’améliore mes notes pour ce second trimestre, mes parents sont en colère contre moi à cause de mes mauvaises notes du premier qu’ils mettent sur le compte de mes nombreux découchages…

Ce n’était pas vraiment un mensonge, puisque c’était la vérité, mais ça lui permettait de cacher une plus grosse vérité encore.

C’était que privée de la « chasse », ne possédant que des souvenirs obsédant d’odeurs, de sensations, de sons et d’images, elle était en train de tomber amoureuse.

***

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18 juillet 2013

Chapitre 7: Chasse (Partie 5 et fin)

Il faisait déjà nuit quand le trop détesté cours d’allemand de Mimiko se termina et elle descendit les étages d’un air rêveur sur des escaliers presque déserts.

Seuls les élèves d’art « gagnait » le magnifique droit de travailler le mercredi après-midi. Droit dont ils se seraient bien passé, et les quelques élèves ayant une LV2 allemand encore plus puisque ne sachant pas où placer le cours autre part, on le leur avait imposé de 4 à 5.

Ils devaient être les derniers dans le grand bâtiment éclairé.

Tout vitré qu’il était, la nuit il ressemblait à un nid chaleureux et réconfortant, tout le contraire de la journée où ses murs de bétons imposaient leurs froideurs. Passant la main sur ledit béton dont était fait le pilier central autour duquel tournait l’escalier en colimaçon, elle eut un petit sourire.

Son cours d’allemand aurait pût la frustrer au plus haut point, mais ce soir elle avait des projets réjouissants Elle allait chasser et s’amuser et profiter de la nuit qu’elle aimait tant.

Sortant enfin dans la cour de devant, elle marcha jusqu’à atteindre le portail et froncer alors les sourcils. 

Derrière celui-ci l’attendait une Asuka emmitouflé dans une énorme doudoune, une grande écharpe enroulé au moins trois fois autour de son cou. Bon elle ne portait guère une tenue très différente mais son duffle-coat prenait moins d’épaisseur et rendait le spectacle moins impressionnant.

-Qu’est-ce que tu fais là ? Demanda Mimiko sincèrement étonné.

Si elle, vu que sa maison se trouvait dans les parages, avait tendance à squatter leur lycée, aucune de ses amies n’étaient jamais venu la voir dans le sien. Trop loin.

-J’avais des courses à faire à Toulouse et comme je me suis souvenu que tu finissais à 17h, je me suis dit que j’allais t’attendre pour qu’on rentre ensemble… Expliqua Asuka avant de pencher la tête sur le côté pour regarder derrière la brune. Alec n’est pas avec toi ?

-Non, lui il fait partie des veinards qui ont eu la présence d’esprit de choisir l’espagnol en LV2...

-En même temps, c’est pas comme si on avait eu le choix.

-… Et c’est gentil de m’avoir attendu, mais je ne rentre pas chez moi ce soir, termina Mimiko.       

Elle posa un instant une main sur l’épaule d’Asuka pour appuyer ce qu’elle venait de dire, car après tout, c’était vrai qu’elle était ravie, et partit ensuite en direction du métro sans rien dire de plus.

Asuka la regarda avec de grands yeux, se demandant ce qu’elle lui faisait à et décida de la suivre pour connaitre le fin mot de cette histoire.

-Comment ça tu rentres pas chez toi ce soir ?

-J’ai quelque chose à faire… Puis j’irais squatter chez Alec.

-Ta mère est au courant ?

Mimiko se tourna pour lui lancer un regard genre « et puis quoi encore ? » avant de lever les yeux au ciel.

-Oui bon j’ai compris que c’était tendu ! C’est pourquoi j’ai posé la question.  

-Je lui ai dit que j’allais dormir chez Sumomo.

-Heingh ?

-Une copine du lycée, traduisit Mimiko en descendant les marches du métro.

-Ouais bein désolé, t’en as jamais parlé, remarqua Asuka un peu agacé.

-C’est qu’avec cette histoire de changeurs, on fait que parler de ça… Dis le train, c’est pas vraiment dans cette direction, lui indiqua Mimiko alors qu’elle s’apprêtait à poinçonner son ticket et qu’elle voyait son amie sortir le sien.

-Comme si j’allais te laisser seule alors que tu te montres aussi peu loquace. Tu as ton air « je vais faire des bêtises ».

Si Asuka ne savait pas que Mimiko était son amie, elle aurait surement réfléchit à deux fois avant de parler vu le regard furax qu’elle lui lança. Un merveilleux regard « fous-moi la paix, lâche-moi les baskets ».

Woho… La panthère était déjà à moitié sortie.

Et ça n’arrivait généralement que le vendredi soir, lorsque les filles s’apprêtaient à partir pour Bouconne, et là jusqu’à preuve du contraire on était un mercredi soir.

Un peu tôt pour partir en ballade, surtout en plein milieu de la ville.     

-Eh, relax ! Fit-elle pour essayer de calmer le jeu. C’est pas le moment pour ça.

-C’est le moment quand je veux, maugréa Mimiko en descendant vers les rames, avant de dire plus bas, de façon à ce que seule Asuka à ses côtés, et non pas les autres usagers puisse l’entendre : et puis je chasse seule.

*Chasser ?!? Et puis encore !* S’exclama intérieurement Asuka. *Et puis chasser QUOI d’abord ? Les rats ? Les chats errants ? *

-Je le savais que tu faisais des bêtises, grommela de la même voix basse Asuka.

-Mais non…

-Oh si.

Les deux jeunes filles se foudroyèrent du regard.

-Ne me suis pas.

-Je ne te suis pas, répliqua Asuka en levant le menton, bien consciente de son mensonge.

Elle jeta un petit coup d’œil aux yeux déjà mordorés de Mimiko qui la fixait derrière ses paupières mi-closes.

C’était étrange, normalement elle aurait fait en sorte de calmer le jeu, mais pour une étrange raison, une part d’elle se rebellait et refusait de se soumettre. Une seule chose était sure, toutes les part d’elle se mettait d’accord sur une seule chose : /Curiosité/.

Le métro arriva et elle monta à la suite de Mimiko sans la moindre idée d’où elle allait arriver.

-Asuka… Maugréa Mimiko d’un son à moitié grondement.

-Je ne te suis pas, continua t’elle d’affirmer. Je viens juste de me rappeler de quelque chose que je dois faire.

Après un soupir désespéré, la brune lui tourna le dos.

*Bon ça va, je gère jusque-là…*

La rame continua son chemin dans les sous-sols de la ville, telle un immense serpent dans un trou. Asuka restait attentive aux mouvements de Mimiko, au cas il lui prendrait l’envie de sortir brusquement à un arrêt, mais elle se rendait compte qu’à cause du monde présent dans le wagon, tous les sens qu’elle s’était découvert étaient saturés. Kyo avait bien eu raison de conseiller à Arisa de semer le changeur qui la suivait en se servant du métro. L’odeur qui y régnait était tellement forte et écœurante qu’Asuka se demanda si elle n’allait pas tourner de l’œil (elle n’imaginait même pas ce que c’était pour des /museaux/ aussi fins que ceux d’Arisa et de Naru).

Finalement, alors qu’elles entraient dans les quartiers mal famés, Mimiko sortit du métro et Asuka s’empressa de la suivre pour ne pas la perdre de vue dans la cohue. Elle n’était jamais venue dans ce coin de la ville et ne se sentait pas très rassuré.

Qu’est-ce que Mimiko pouvait bien venir faire ici ????

Celle-ci jeta un regard derrière elle et vu qu’Asuka la suivait toujours.

-Je ne te suis pas, on va juste dans la même direction, lança Asuka d’un ton bourru.

Mimiko marmonna quelque chose à voix basse.

Sortant du bâtiment, Asuka se sentit un peu perdue et aussi, alors qu’elle ne s’y attendait pas du tout, une vague d’angoisse vint la submerger quand ses yeux tombèrent sur un groupe de jeunes assis à discuter entourés de canettes de bière.

Ca lui rappelait…

…Les hyènes.

Elle déglutit et chercha inconsciemment… /une cachette/.

De toute façon, elle ne pouvait plus continuer à suivre Mimiko de façon aussi évidente.

/Oui c’est ça, se mettre à l’abri et épier/.

Une part d’elle approuvait totalement cette idée et elle se décida à la suivre. Tournant dans une ruelle déserte, elle chercha un moyen de monter sur le toit des bâtiments mais il n’y avait pas ce genre d’échelles et escaliers de secours qu’on voyait dans les séries américaines.

/Pas besoin./

Faisant quelque pas en arrière, elle se demanda si elle pouvait sauter aussi haut que loin.

*Je ne perds rien à essayer*.

Elle avisa la grande poubelle installée contre le mur et s’accroupit légèrement tout en assurant son équilibre. Il valait mieux qu’elle n’y pense pas trop et qu’elle laisse faire son instinct.

Courant, elle sauta en direction de la poubelle. Comme la dernière fois, comme si ses jambes étaient devenues des ressorts, il lui apparut merveilleusement simple de s’envoler jusqu’à son but.

Atterrissant dessus, elle se ramassa comme un chat et chercha un nouveau point plus haut. Des fenêtres courraient le long des deux bâtiments. Avec un petit sourire, elle sauta vers la première et aussitôt, à chaque fois qu’un de ses pieds touchaient un rebord, s’élançait vers la suivante. Elle finit par se redresser sur le toit.

-YOUHOUU !!! S’exclama-t-elle de joie.

Non seulement tout cela avait été excessivement facile, mais en plus, elle se sentait drôlement bien et à l’aise face à cette forêt de toits et de cheminées qui se déployait devant elle.

-Je ne suis pas une grenouille ! En conclut-elle.

Plus sérieusement, songea-t-elle en longeant le toit pour observer le monde fourmillant en bas, éclairé par les réverbères, elle devait sûrement être un chat.

*Ca me plairait en tout cas. Farniente au soleil et balade matinale. La belle vie quoi !*

En tout cas, Alec avait raison quand il disait qu’ils avaient simplement abandonnés certaines choses pour d’autres. Elle était prête à  abandonner autant de fois qu’elle le pouvait sa tranquillité d’esprit et sa petite vie bien rangée face à cette sensation incroyable qu’elle ressentait maintenant qu’elle dominait le commun des mortels du haut de ses toits.

Un sourire satisfait ne quittait pas ses lèvres alors qu’elle repérait Mimiko dans la foule et suivait ses déplacements en sautant gracieusement d’un toit à un autre. De temps à autre, elle faisait fuir une nuée d’oiseaux ou bien même un chat, mais sinon, elle était complétement seule.

Les tuiles en briques et les toits en pente n’étaient pas très pratiques, même si l’inclinaison n’était pas très forte, mais il y avait aussi quelques toits plats, ou seulement certaines parties, d’autres en ardoises, certains vieux bâtiments avaient même des décorations ou des espèces de mâchicoulis.

/C’est amusant ! C’est amusant !/

Pour peu, elle en oubliait presque sa mission pour aller visiter ce nouveau monde, seulement éclairée par la lune qui apparaissait de temps en temps derrière les nuages.

Mimiko traversa la route, tourna finalement dans une ruelle et disparut un instant à la vue d’Asuka. Celle-ci ne pouvait pas sauter de l’autre côté de la rue, c’était tout de même un peu trop risqué pour l’instant, mais elle ne tarda pas à la revoir apparaitre et se coucha brusquement sur le côté opposé du toit.

Mimiko avait, tout comme elle, rejoint la voix des airs.

Sur le toit qui lui faisait face, la brune alla jusqu’au bord, puis jugeant apparemment l’angle bon, elle s’assit et sortit un livre de son sac.

Asuka jeta un coup d’œil à sa montre. Il était déjà 18h.

*Maman va s’inquiéter…*

La lycéenne sortit alors son portable et tapota un texto à son attention en essayant de faire le moins de mouvement possible pour ne pas être repérée de la brune.

*Je me demande quand même ce qu’elle peut bien traficoter ? Elle a dit qu’elle allait chasser, pourquoi elle ne le fait pas ?*

L’heure suivante s’égrena sans que Mimiko ne bouge. Parfois elle cessait sa lecture pour se coucher sur les tuiles et observer le ciel, ou bien regardait en bas sur le ventre sans avoir la moindre peur de tomber.

A la faveur d’un rayon de lune, Asuka se rendit compte qu’elle voyait la longue queue de Mimiko taper de façon répétée le toit, et ses oreilles en demi-cercle frémir au milieu de l’océan de boucles que formait sa chevelure.

*19H… Ca y est, je suis sacrément en retard…*

Curieusement, elle ne pouvait pas dire qu’elle s’ennuyait car son attention ne cessait de sauter d’une chose à une autre au moindre mouvement ou son.

En bas, dans la rue, les gens se faisaient de plus en plus rares. Et alors que la nuit continuait son cycle, son attention devint de plus en plus affutée.

Elle avait faim.  

Soudain les piafs qui venaient se reposer sur le toit voisin semblaient drôlement appétissants.

*Asuka c’est des pigeons… Ca traine dans la rue toute la journée, ça doit être dégueulasse…*

*Ouais mais d’un autre côté, au moyen-âge on les mangeait, c’est qu’ils doivent pas être si mauvais que ça…*   

Prise dans ses pensées de « dois-je ou ne dois-je pas manger ce pigeon », bien qu’elle ne l’avait pas encore attrapée et qu’elle ne verrait pas comment le manger de toute façon, elle ne surveillait plus du tout l’heure.

Dans la rue, sur une petite place, les habituels passants avaient fait place à trois types qui discutaient en fumant quelque chose qui lui attaquait l’odorat. De temps en temps, d’autres personnes venaient les voir et ils échangeaient discrètement paquets et billets.

*Génial des dealers…* Se rendit-elle compte quand elle cessa de s’intéresser à ses pigeons.

Levant légèrement le nez, elle s’aperçut que Mimiko avait rangé son livre et qu’elle les observait avec l’attention d’un animal prêt à bondir sur sa proie.  

*Non… Elle n’a pas l’intention de faire ça ?!?!*

L’un des hommes salua ses compagnons et se mit à remonter la rue. Mimiko se releva elle aussi, et, presque comme une ombre, se mit à le suivre du haut des toits.

Asuka se mit à quatre pattes, hésitant un instant. Elle avait l’impression que Mimiko allait faire quelque chose de dangereux et n’avait pas très envie de s’y retrouver mêler… Mais en même temps… Si jamais il arrivait quelque chose à son amie ?

* C’n’est pas comme si tu pouvais faire le poids. La dernière fois que tu as voulu faire la maline tu t’es retrouvée avec une pique en acier dans l’estomac !*

Oui, mais elle avait aussi permis de sauver Naru ce jour-là…

Se détestant d’avance de ce qu’elle allait faire, elle se releva et continua à suivre discrètement Mimiko.

**

-Si tu veux des nouvelles des filles, tu peux leur téléphoner directement Kyo, s’agaça le docteur Kyogané Aoba. Maintenant si tu es là pour une consultation, je peux te faire une piqure !

L’homme sortit une seringue d’un tiroir et s’amusa à voir Kyo se crisper comme un chat qu’on s’apprêtait à jeter à l’eau. Mais il savait à quoi s’attendre en venant le voir à l’hôpital au beau milieu de la nuit.

-Peux pas, maugréa rapidement le garçon assis sur un tabouret, portant sur son dos son étui de guitare.

-Il s’est passé quelque chose ?

-Il aurait pût. Mais j’ai préféré coupé court avant de ne plus pouvoir faire marche arrière. C’est que ces filles sont de telles inconscientes ! S’énerva-t-il.

-Toi tu es née dans cette communauté, tu es mal placé pour critiquer. Il m’a fallu à moi aussi un certain temps avant de comprendre les relations entre changeurs. Mais si c’est ce à quoi je pense, pourquoi te restreindre ? Qui te dit que ce sera mal accueilli ?

-De un, parce que je suis sûr que ça le sera, de deux parce que je veux profiter de ma liberté que j’ai eu tant de mal à obtenir !

Donc d’un côté la peur du rejet, de l’autre la flemme de s’investir, conclut Kyogané avec un petit sourire. 

-Tu ne compte quand même pas rester solitaire toute ta vie ?

-Tu es mal placé pour parler…

Le docteur hocha brièvement de la tête puis se dirigea vers l’unique fenêtre de son bureau pour observer la nuit glacée.

-A ce sujet, je pense que si une véritable meute de Bouconne se forme, j’irais certainement les rejoindre. Bien malgré moi, si je veux être honnête, j’en fais déjà parti. Je ne veux pas laisser ces jeunes filles toutes seules… Et puis je commence à ne plus supporter de ne pas pouvoir me transformer…

Kyo fit une brève grimace, comme s’il imaginait bien de quoi pouvait parler le docteur.

-Tu vas jouer ce soir ? Fit ce dernier pour changer de sujet, comprenant que le roux ne lâcherait pas le morceau.

-Ouais, à la Tête de Tigre, et puis il y aura peut être à nouveau le batteur de la dernière fois.

-Tu veux parler de Why ? Malheureusement, à ce que j’ai entendu dire, il est impossible de déterminer quand il sera ou ne sera pas là.

-M’étonne pas, il a l’air d’un type bizarre… enfin, je veux dire que pour un changeur, il est plus bizarre que la normale, se rattrapa Kyo en faisant une nouvelle grimace. 

Le docteur cacha un éclat de rire derrière une toux et regarda le jeune homme quittait son bureau l’air aussi grognon que quand il y était entré.

-Au fait, si j’ai des nouvelles des filles, je te les ferais passer ! Lâcha-t-il finalement avant que le roux ferme la porte.

Ce qui lui valut un nouveau regard furibond.

**

L’homme était entré dans un vieil immeuble où se trouvait une boutique de réparation de matériel électronique qui ne faisait pas trop envie. Pas très loin s’élevaient trois barres d’immeubles qui tranchaient le ciel sinistrement.

Asuka regarda Mimiko s’immobiliser. Elle espérait vraiment qu’elle en avait fini là pour ce soir. Regardant sa montre pour la première fois depuis un moment Asuka serra les dents. Ouille, il était plus de minuit. Heureusement qu’elle avait écrit qu’elle dormait chez une amie. Sa mère devait l’avoir entretemps bombardé de textos, surtout pour savoir qui était cette fameuse amie… Bah elle pourrait toujours prétexter après coups s’être tellement amusée qu’elle n’avait pas regardé ses textos et s’assurer avant que Naru soit son alibi.

Alors qu’elle mettait au point ses magouilles pour échapper à l’engueulade, Mimiko se laissa pendre à la gouttière et glissa silencieusement à l’intérieur d’une fenêtre ouverte et sombre. Asuka la perdit alors de vue.

*Mais qu’est-ce qu’elle fabrique bon sang ?!?!*  

Ne la voyant pas ressortir, elle martyrisa ses pauvres cheveux un instant avant de se décider à approcher de l’immeuble.

Descendant du toit pour atterrir souplement sur le trottoir, elle traversa la route déserte et revint se cacher dans l’obscurité, peu rassurée. Par terre, elle avait l’impression d’être redevenu une simple lycéenne manchotte dans une grosse doudoune.

Elle essaya de se rapprocher de la porte d’entrée l’air de rien et passa en revu les quelques noms d’interphone présent. La plupart n’était pas indiqué ou avait été arraché.

*Tout cela n’est pas très rassurant…*

Elle hésita à appuyer sur un interphone au hasard et sortir le premier nom d’association qui lui viendrait en tête : « Bonjour chuis de Notre Dame des ptits pauvres et je viens faire une quête ! » Mais à minuit passé, ça pourrait peut-être être bizarre.

A tout hasard elle essaya la poignée et s’aperçut que ce n’était pas fermé. Elle passa donc la porte pour entrer dans un hall d’immeuble pourri avec une lumière en panne. Mais ce n’était pas très grave car elle s’aperçut qu’elle y voyait très bien sans ça. La pupille de ses yeux s’était dilatée au maximum pour absorber au mieux la faible lumière filtrant d’en haut. L’iris habituellement couleur noisette avait envahi le blanc de ses yeux et était parsemé de pépites vertes.

Comme elle entendait vaguement du bruit en haut, elle monta discrètement les marches de l’escalier. Cela venait du deuxième étage, des fenêtres aux volets fermés se souvint-elle. L’homme de tout à l’heure s’y trouvait mais il n’était pas seul. Il y avait une odeur rance d’urine mélangée à la marijuana et aux vapeurs d’alcools. Une autre odeur aussi tout aussi forte, mais qu’elle n’arrivait pas à définir.

Elle eut un rire intérieur. Drogue, alcools, il ne manquait plus qu’une seule chose pour parachever le tableau et c’était sans doute ça : foutre.

Fronçant le nez, elle continua à s’approcher et tendit l’oreille. Normalement il aurait s’agit tout juste de sons assourdis par la porte, mais grâce à ses sens développés, elle était capable d’entendre presque nettement ce qu’ils disaient.

-Et 20 000, voilà. J’attends un nouveau chargement vendredi à l’aéroport, vous irais à la réception avec Alejandro.

-Et les keufs ?

-Comme d’hab. Et si les connards du quartier ouest viennent vous faire chier, on fera une descente chez eux leur rappeler qui commande. Avec les nouvelles kalach…

*Bon ok, petite Asuka, c’est le moment de se casser*

Elle commença à faire un pas sur la marche arrière, le cœur battant à tout rompre de peur d’être découverte, quand toutes les lumières de l’immeuble se coupèrent brusquement.

-PUTAIIIN LE DISJONCTEUR ! Braya un des types.

Ce cri fut suivi d’un autre qui s’apparentait plutôt à de la douleur. Il y eu des insultes, des bruits de combats, puis soudain un coup de fusil ou quelque chose dans le genre qui fit faire un bond à Asuka et la fit détaler jusqu’en bas.

D’autres coups raisonnèrent, la porte s’ouvrit en claquant et un des types sortit pour se précipiter lui aussi dans l’escalier, une arme dans la main.

Il bouscula Asuka qui n’avait pas encore franchit la porte et pointa son pistolet sur elle. Enfin sur plusieurs directions car contrairement à elle, il n’y voyait rien, il tira deux fois, complétement paniqué et la rata car elle n’était plus aussi haute qu’avant.

Dans sa frayeur, Asuka s’était retrouvée à quatre pattes, ses vêtements mélangés dans ses pattes couvertes d’une épaisse fourrure rousse tachetée.  

Encore maladroite et emmêlée, elle se tapa une nouvelle fois dans l’homme et celui-ci tira en poussant un cri. Il semblait effrayé comme s’il venait de voir un fantôme et récitait tout une série de mots dans une langue étrangère.

Il fut soudain coupé et aspiré dans l’obscurité. Il y eu un bruit de bagarre, puis un son sourd et une grosse masse tomba par terre. Asuka tremblait de tout son corps félin, elle n’arrivait pas à se dépêtrer, puis elle se calma soudain en sentant une odeur familière et en voyant Mimiko apparaitre des ténèbres, ses yeux jaunes reflétant la lumière, lui donnant une apparence un peu spectrale.

-Je t’avais dit de ne pas me suivre… La réprimanda-t-elle.

Asuka se contentât de lui répondre avec un miaulement piteux et la jeune fille vint l’aider à sortir de sa doudoune, de son écharpe, de son pull et de toutes les épaisseurs qu’elle avait enfilées afin de résister au froid.  

De cet amas de vêtement sortit finalement un fauve à la silhouette effilée, aux pattes musclées, la queue courte, un pelage magnifique décoré de points et de courbes, comme des peintures de guerre, et avec des oreilles pointues se terminant par des pinceaux de poils foncés.

-Asu, tu es devenu un magnifique lynx, lui apprit Mimiko alors que celle-ci se lustrait son pelage ébouriffé et tentait de se rassurer.  

La brune reprit un air sombre :

-Maintenant je veux que tu montes sur le toit et que tu m’y attendes, j’ai encore quelque chose à faire ici…

Asuka la regarda dégainer son téléphone portable, mais désireuse de quitter cet endroit glauque, elle appuya de ses pattes sur la poignée de la porte, vérifia qu’il n’y avait personne dans les entourages et sortit.

Les lieux lui apparaissait étrangement différent, mais ayant eu assez d’émotion forte, elle bondit de fenêtre en fenêtre pour rejoindre le toit.

/En sécurité/.

A suivre… 

toits

http://www.saint-etienne-photos.com/article-13747903.html )

 

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