14 janvier 2009

-Bienvenue-

Foret13

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Mimiko.

Credit Photo

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Récapitulatif des personnages

CHANGEURS

MEUTE DE BOUCONNE

instinct animal170ARISA copie instinct animal MI copie

NARU INSTINCT ANIMALinstinct animalASUKA

instinct animal alec512 copie

-Kyogane Aoba

 Kyo Soma

-Whisper Storm

 

 

 

 

CHANGEURS SOLITAIRES DE TOULOUSE

-Dereck

HUMAINS

AMIS DU LYCEE VH

(classe de Arisa)

-Isaka [changeur en devenir]

-Shinobu

-Kitsune

AMIS DU LYCEE A

(classe de Mimiko)

-Sumomo

-Mizuki

FAMILLE DE MIMIKO

-Umiko Laroche

TOULOUSE

-Eliott (Patron d'une boutique de tatouage) 

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Partie 1

Werewolf_Calendar___March_by_Novawuff

(peinture de l'incroyable Novawuff)

Chapitre 1 : Pleine Lune.

Ca avait commencé une nuit et puis ça ne l’avait plus quitté.

Elle ne dormait plus. Elle ne VOULAIT plus dormir. Car à chaque fois qu’elle fermait les yeux, c’était pour voir SES yeux brillants, SES dents blanches et pointues dégoulinante de baves, SES griffes raclant la terre, SES muscles se bandant pour lui sauter dessus.

Elle se réveillait alors en hurlant, la sueur envahissant son front et le souffle court. Ramenant sa couette jusqu’à son cou, elle se pelotonnait en boule pour se protéger, retenant ses larmes.

Cela faisait maintenant plus de trois ans qu’elle retenait le loup la nuit et personne ne le savait.

***

Arisa fit un bond pour contourner le chien qui jappait en sa direction, retenu par sa laisse.

-Grr, sale petit roquet ! Grogna-t-elle en revenant sur le trottoir.

-Il ne va pas te manger tu sais, commenta Mimiko en couvant du regard la petite bestiole.

-C’est comme ça, j’ai horreur des chiens, grommela Arisa avant de continuer : Depuis que l’autre m’a sauté dessus pour me mordre…

Instinctivement, elle jeta un regard où elle savait se trouver la trace en croissant de lune qui ornait son bras.

-Mais eux semblent bien t’aimer, ce n’est pas mon cas…

Arisa grommela alors dans sa barbe que c’était toujours comme ça les animaux adoraient ceux qui les détestaient.

Mais au fond d’elle, elle se mordit l’intérieur des joues car elle comprenait très bien les jappements des chiens…

La plupart étaient attiré par elle, car il reconnaissait sa dominance sur eux, d’autre hélas, plus gros, plus méchant, ne perdaient pas une occasion de tirer un grand coup sur leur laisse pour essayer de l’égorger et la chasser de ce qu’il considérait comme « leur territoire ».

Elle poussa un soupir agacé et allongea le pas sans s’en apercevoir, obligeant ainsi Mimiko, moins rapide, à trottiner derrière elle.

La nuit commençait à tomber et les deux jeunes filles ne purent s’empêcher de contempler la magnifique pleine lune qui commençait à rayonner sereinement au dessus des arbres du parc.

-Je vais surement faire des cauchemars cette nuit, déclara alors la brune. J’en fais toujours quand la lune est pleine.

*Moi c’est tout le long du cycle lunaire que je cauchemarde… *

Il était vrai qu’à la nouvelle lune, le loup semblait s’éloigner.

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Partie 2

Elle frissonna et se tourna vers son amie :

-C’est bien là qu’on était cet après

midi,

non ?

-Il me semble, approuva la brune en commençant à regarder par terre. J’espère que je pourrais retrouver mon téléphone portable avant qu’il fasse trop noir pour y voir…

Les jeunes filles se mirent donc à la recherche de l’objet perdu. Quelques passants étaient encore présents, flânant dans les allées, mais plus le soleil disparaissait derrières les immeubles, moins de personnes croisèrent le chemin d’Arisa et de Mimiko.

Finalement, il fit trop noir malgré la lumière des réverbères pour trouver quoi que ce soit.

-On devrait rentrer, murmura Arisa, n’osant pas lever la voix.

-Moui… Pff mon pauvre portable… Si on n’avait pas fait les folles cet après-midi, ce ne serait pas arrivé…

Elle s’arrêta, coupée par une longue plainte d’un chien, suivie peu après d’aboiement.

-Brrr… On dit que quand un chien aboie la nuit, c’est qu’il a vu un fantôme… Gémit Mimiko en se rapprochant de son amie.

Celle-ci était figée. Son regard était fixé sur un buisson, les poings crispés. Un frisson la parcourut tandis que les bruits de courses se rapprochaient d’elles. Non… Ca ne pouvait pas être possible, pas avec Mimiko à ses côtés…

Elle aurait aimé lui dire de s’enfuir mais sa gorge était sèche et ses jambes semblaient plantées profondément dans la terre.

-Risa ? Fit la voix hésitant de son amie.

Soudain, les branches du buisson frémirent et deux molosses jaillirent devant elles, les babines ouvertes sur des crocs d’une blancheur captivante. Un grognement roque et menaçant sortaient de leur gorge tandis qu’ils jaugeaient les deux jeunes filles devant eux.

C’était deux énormes Pitbull, l’un aux poils ras et noirs, l’autre clair, instinctivement, la lèvre supérieure d’Arisa se releva, les dents serrées : elle détestait ces bestioles.

*Enemi ! Enemi ! Enemi !* Lui cria une petite voix dans son cerveaux.

Mimiko était pareillement effrayée, mais Arisa sentit qu’elle reculait et se tassait, jetant des brefs regards furtifs autour d’elle.

-Risa… Ces chiens n’ont pas l’air très content… Je pense qu’il faudrait mieux se retirer en silence…

*Se retirer ?! Se soumettre ? Et puis quoi encore ?! Je leur suis supérieur !* Grogna la voix intérieure d’Arisa. 

-Vaut mieux ne pas faire de gestes brusques… Ajouta raisonnablement Arisa en retrouvant l’usage de ses jambes. Ignorant mentalement « le loup ».

Les deux chiens ne les quittaient pas de leurs yeux jaunes qui brillaient.

Les jeunes filles reculaient lentement à petits pas, espérant que leurs maîtres ne tarderaient pas à accourir pour les museler.

*Ils n’ont pas d’alpha… Ce sont des vagabonds ! Des ennemis !*

Alors qu’Arisa écoutaient distraitement son instinct, un bruit de craquement raisonna du côté de Mimiko. Son pied venait de s’écraser sur une branche sèche.

Celle-ci se pétrifia d’horreur.

La suite fut très rapide. En moins de temps qu’il lui en aurait fallut pour dire « ouf », une pression de 65 kg/cm2 s’abattit sur le bras gauche qu’elle avait lancée devant son visage pour se protéger.

Les crocs s’enfoncèrent dans la chair tendre de son bras et un sang rouge et chaud jaillit. Arisa ignorait comment elle savait qu’il pouvait être chaud, mais la vue de ce monde écarlate et noir la plongea dans une transe. Ses yeux verts se mirent à briller sous l’effet de la pleine lune.

*Il attaque un membre de la meute !!! Il a blessé un membre de la meute !!!* Hurla son instinct.

Mimiko ne put retenir un cri de douleur et c’est ce qui finit par faire perdre toute raison à Arisa qui se précipita vers le chien.

Ce sont les mâchoires d’un loup qui se refermèrent sur l’abdomen du pitbull, l’éviscérant en l’entrainant avec lui dans son saut. Le chien noir boula contre un arbre, éventré, son sang s’écoulant autour de lui.

Mimiko se retint de vomir, à la fois de douleur et d’écœurement, se bâillonnant de sa main valide. Le loup avait atterrit un peu plus loin et était en train de mettre en morceaux les fripes dans lequel il s’était empêtré. Elancé, l’animal avait une belle couleur clair, mais il y avait sans conteste quelque chose de sauvage qui le différenciait de ses cousins chiens. Et le rouge qui tâchait le bout de son museau n’y était que pour peu.

Un bref instant, la jeune fille remarqua une décoloration nette au niveau de son coude.

Un fin croissant de lune.

Le deuxième chien s’apprêta à sauter sur le loup, mais celui-ci l’évita d’un saut et s’empara de sa courte oreille. Les deux fauves se lancèrent dans un duel violent, grognant, les dents entièrement découvertes, la queue haute, ébouriffée et dressée.

Les mâchoires claquaient, les deux animaux tournaient en essayant de s’agripper à quelque chose. Oreille, truffe, pattes, du pareil au même tant qu’ils pouvaient avoir une prise. Au bout d’un long moment de suspens, le chien sembla comprendre qu’il n’avait aucune chance et rentrant la queue entre ses pattes, se mit à gémir lamentablement.

Mais le loup ne semblait pas décidé à le laisser tranquille et les deux canins s’élancèrent dans les fourrés du parc, l’un pourchassant l’autre.

Mimiko se retrouva toute seule au beau milieu d’un carré d’herbe, se vidant de son sang. Secouant la tête, elle sembla sortir de sa léthargie :

-Risa ? Appela-t-elle.

Sans réponse.

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Partie 3

Les gyrophares de l’ambulance et de la police peignirent des ombres rouges sur le visage de Mimiko. Elle essayait tant bien que mal de donner sa version des faits à un policier tandis que deux infirmiers l’attachaient sur un brancard.

 

Tout autour de la scène était tendue une ligne de démarcation et la police scientifique s’affairait prés du cadavre du chien noir.

 

-Donc c’est le deuxième chien qui a tué le premier, récapitula le policier, après que celui-ci vous ait mordu…

 

-C’est cela, mentit Mimiko.

 

-Mais pourquoi celui-ci est parti après l’avoir tué ?

 

-Je n’en sais rien, mais c’est une vaine car à l’heure qu’il est, je serais peut être morte…

 

Machinalement elle fit bouger son bras blessé, contente de sentir les effets de l’anesthésie.

 

-Et les vêtements déchirés que l’on a trouvé, ce sont les vôtres ?

 

Encore une fois, Mimiko hocha la tête et mentit.

 

Elle ne savait pas pourquoi elle faisait cela et alors qu’on faisait glisser le brancard dans l’ambulance, elle essaya de chasser l’étrange intuition qu’elle avait sur cette histoire.

 

Arisa était un loup-garou.

 

Elle laissa échapper un petit gloussement paniqué à cette conclusion fantaisiste et on ne peut plus irrationnelle.

 

Néanmoins, deux choses étaient sures : Arisa avait disparue et ce loup apparut de nulle part lui avait sauvé la vie.

 

Est-ce qu’elle allait bien ? Ou s’était elle enfuie ? Qu’est ce qu’elle ressentait en ce moment ? Etait-elle blessée ? Maintenant que Mimiko ne sentait plus son bras, elle ne pouvait s’empêcher de se faire du souci pour son amie. Ha, si seulement elle n’avait pas perdu ce fichu portable…

 

Le trajet de l’ambulance jusqu’à l’hôpital rajouta encore plus de questions. Sur les vêtements déchirés d’Arisa… Sur la marque de croissant de lune présente sur la patte du loup… Elle se souvenait aussi des pupilles vertes de l’animal… Iris qui brillait… Un loup plus petit qu’elle le pensait, ressemblant à un chacal… Mais trop gros pour en être un.

 

Le brancard quitta le véhicule et voyagea dans les couloirs de l’hôpital. Allongée, la jeune fille voyait les néons défiler. Il s’arrêta devant une porte et un médecin en sortit. Les infirmiers lui tendirent la feuille de soin avant de partir s’occuper de quelqu’un d’autre.

 

-Hum, fit le docteur, ça a juste l’air plus terrible que ça ne l’est…

 

Mimiko tourna la tête pour l’observer : il devait avoir dans la vingtaine, probablement un tout jeune médecin. Calme, les cheveux couleur poivre, il y avait dans ses yeux, dans sa voix et dans un geste quelque chose qui respirait la sagesse. Très étonnant d’ailleurs quand on considérait sa taille et sa carrure. Les mots « force douce » s’assemblèrent dans l’esprit de la jeune fille tandis qu’il l’aidait à se mettre en position assise.

 

Il défit le bandage et observa la plaie avec un murmure appréciateur.

 

-Vous êtes bonne pour porter une attelle pendant plusieurs jours, il faudra éviter de bouger votre muscle pour qu’il cicatrise et pour éviter de faire sauter les points de suture…

 

-Quels points de sutures ? Demanda-t-elle avant de regretter aussitôt sa question quand le docteur fit venir à lui un meuble contenant du désinfectant, des aiguilles et du fil.

 

-Les points de suture que je vais vous faire, répondit-il d’une voix douce et caressante.

 

Il avait probablement intercepté le regard d’horreur qu’elle avait lancée aux aiguilles.

 

-Vous ne sentirez rien grâce à l’anesthésie, je vous le jure, déclara t’il en commençant à nettoyer la plaie.

 

-Mais après ? Grommela Mimiko en détournant la tête.

 

-Vous aurez probablement des démangeaisons à cet endroit là au bout d’un moment. Mais il ne faudra surtout pas que vous grattiez.

 

Il avait commencé à coudre la blessure et comme annoncé, Mimiko ne le sentait même pas.

 

-Vous avez été vaccinée contre la rage ? Continua-t-il en fermant définitivement les deux lèvres de la plaie.

 

-Je ne crois pas, non.

 

-Les analyses de la police pourront dire si cet animal avait la rage ou pas, mais si vous voulez, on peut vérifier nous même en vous faisant une prise de sang.

 

-Ha ? Euuh je passe…

 

-Vous n’aimez pas les piqures ! Plaisanta l’homme.

 

-Incroyable déduction…

 

-J’ai terminé. Je vais vous passer une attelle à votre taille et après vous pourrez passer à l’accueil voir si vos parents sont arrivés.

 

Surprise, Mimiko s’évita un torticolis et regarda à nouveau devant elle et son bras. Elle ne put s’empêcher de grimacer.

 

Le docteur revint avec plusieurs attelles et chercha celle qui était le plus adaptée à ses bras.

 

-Au fait… Commença-t-il avec hésitation. Est-ce que ce chien avait quelque chose de bizarre ? De différent ? Une marque quelconque ? Un comportement étrange ?

 

-Il m’a sauté dessus sans raison, si ça c’est pas un comportement bizarre !

 

-Hum, répondit simplement l’homme en attachant sn bras. Si jamais vous ressentez une brûlure au niveau de votre plaie ou d’autres choses bizarres, n’hésitez pas à revenir me voir. Je suis presque tout le temps de service la nuit.

 

Il finit par laisser partir Mimiko qui retrouva ses parents et sa maison. Ceux-ci la prévinrent qu’il fallait s’attendre à ce qu’une flopée de journaliste vienne couvrir ce fait divers et déjà Mimiko imaginait la Une du journal de la ville « Deux chiens attaquent une innocente jeune fille dans un parc ! ».

 

-Pff… Je n’arrive pas à y croire… Gémit Mimiko.

 

Au même moment, le téléphone sonna et la brune décrocha.

 

C’était la mère d’Arisa.

 

-Pas rentrée ?

 

Il était une heure du matin, normale qu’elle s’inquiete…

 

Que devait-elle faire ? Devait-elle dire toute la vérité ou bien inventer ?

 

« Excusez moi madame, votre fille s’est transformée en loup pour me sauver la vie et a disparue. J’aurais bien essayé de la siffler pour la faire revenir, mais siffler je sais pas et j’étais en train de perdre tout mon sang… A part ça, ça va la famille ? Les enfants ? »

 

Non. Définitivement pas.

 

Il fallait aussi penser à ce que Arisa aurait voulu qu’elle dise. Elle ne voulait probablement que ses parents se fassent du mouron pour elle… Mais si jamais il lui était arrivé un souci ?

 

Ca pouvait attendre le lendemain, songea Mimiko.

 

-Elle m’a dit avant qu’on se sépare qu’elle allait dormir chez une amie… Laquelle ? Je l’ignore… Désolé… Oui… Au revoir…

 

Mimiko raccrocha le téléphone.

 

Et c’est la conscience lourde qu’elle monta se coucher. Elle eut d’ailleurs un mal de chien, c’était le cas de le dire, à s’endormir.

 

« La pleine lune » Disait toujours sa mère dans ces cas là.

 

Quelques heures plus tard, le matin, elle fut réveillée part sa mère qui lui tendit le combiné du téléphone.

 

- Pour toi, lui indiqua-t-elle.

 

-Raaaloooo ??? Marmonna Mimiko, dans le cirage.

 

-Mimiko ? C’est moi ! Fit une voix qu’elle appréciait d’entendre et qui la réveilla sur le coup, tel un électrochoc.

 

-ARISA !!! Mon dieu ! Comment est ce que tu vas ? Où tu es ?

 

-J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi, commença Arisa. La bonne c’est que j’ai retrouvé ton portable et que je téléphone avec. La mauvaise c’est que tu dois venir le plus vite possible m’apporter des vêtements. Et quand je dis le plus vite, c’est vraiment à la vitesse de l’éclair : je suis nue dans le parc et seul un buisson me cache du reste du monde !

 

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Partie 4

- Tu ne peux pas savoir le mal que je me suis donnée pour pouvoir sortir de chez moi en douce, râla Mimiko pendant qu’Arisa enfilait ses habits.

Elles se trouvaient dans un îlot de verdure artificiel au milieu du parc, là où les gens passaient encore peu à cette heure. Il faisait humide et froid à l’intérieur et la terre gardait encore les traces d’un gros animal. Ces pattes longues et griffues tournaient autour d’Arisa, comme si l’animal s’était affolé et avait tourné sur lui-même plusieurs fois consécutive.

-Je suis désolé, j’aurais dû me souvenir que ton bras était blessé. J’imagine que ta mère ne voulait pas te laisser sortir…

-Oh, si c’était que ça… Non, c’est les journalistes qui zonent autour de la maison en attente d’un témoignage de ma part à rajouter sur leur navet. D’ici trois jours, je suis sure de passer sur les éditions régionales à la télé. Voire sur les nationales si une guerre n’éclate pas entre temps au Moyen-Orient…

-Ca n’a pas l’air de te réjouir…

-Voir mon horrible tête décoiffée à la télé ? Si au moins c’était pour quelque chose de plus glorieux que « je me suis fait attaquer par des chiens et j’en suis ressortie vivante. » !

-Vu comme ça, rigola Arisa en finissant d’ajuster un large haut de survêtement.

Mimiko se radoucie et, humidifiant un mouchoir, nettoya les traces rouges qui voisinait la bouche de son amie :

-Et puis qui d’autre que moi aurait pût t’aider ?

-Merci… Fit Arisa, son visage redevant grave et presque douloureux.

Mimiko en fit de même et s’accroupit prés de son amie.

-Qu’est-il arrivé à l’autre chien ?

Arisa frissonna et passa machinalement la main sur ses lèvres.

-Je ne veux pas me souvenir et CROIS MOI : tu ne veux pas savoir.

Elle passa ses bras autour de ses jambes, se tassant sur elle-même.

-Dans ce cas, murmura Mimiko, que t’est t’il arrivée ?

-J’en suis pas très sure, répondit Arisa en rentrent la tête dans ses épaules. Il vaut mieux sûrement que tu n’en sache rien aussi. Oui, ca vaut mieux…

-Qu’est ce que tu veux me cacher Risa… J’ai tout vu.

-Non, tu n’as rien vu… Tu ne SAIS rien…

-Tu t’es transformée en LOUP, Risa, l’informa Mimiko. Je t’aie vue.

-C’est bien ce qu’il me semblait, marmonna t’elle au bout d’un moment. Mais… Est-ce que c’est mal ? Je veux dire, Mi, tu as peur de moi maintenant ?

-Si j’avais peur de toi, je ne serais pas là. En fait… Je crois que c’était plutôt cool et puis tu m’as sauvée la vie en te transformant…

Arisa eut un sourire amer.

-Est-ce que tu te rends compte que je n’étais plus capable de raisonner ? De me contrôler ? S’il n’y avait pas eu le deuxième chien, peut être que c’est toi que j’aurais… Oh mon dieu… Oh mon dieu…

Arisa renversa sa tête sur ses genoux.

-Je n’ais pas de mot pour définir ça… Murmura-t-elle alors. Mais c’était un sentiment de puissance… De liberté… Incroyable… Je ne me souciais plus de rien. Le monde me paraissait étrangement simple et pourtant, je ne l’avais jamais vu aussi distinctement, aussi bien… La nuit était si belle, elle me donnait envie de…

Un son étouffé s’échappa de sa gorge, comme si elle retenait une vocalise.

-… De hurler mon plaisir, mon contentement, ma joie…

-Tu ne m’aurais pas attaquée, l’assura Mimiko.

-QU’EST-CE QUE TU EN SAIS !?!?

-Parce que tu serais restée. Tu ne serais pas partie à la poursuite de l’autre chien. Tu l’avais soumis. Tu n’avais pas de raison de le tuer. C’est la preuve que tes émotions humaines restent présentes en toi.

-…

-Mais c’était la première fois que ça t’arrivait ? La questionna Mimiko, cherchant à changer de sujet.

-Oui. Jusqu’ici, j’avais l’intuition que je pouvais mais je me suis toujours retenue… Là, je n’ai pas réussi à me contrôler… Ca me fait un peu peur…

-C’est peut être due à la pleine lune ?

-Attends… Là t’es en train de me comparer à un loup-garou ???

-Pourquoi pas ! Fit Mimiko. Il faudrait que tu essaies de voir si tu peux encore te transformer.

-QUOI ?!?! S’exclama Arisa, se relevant. J’ai peur que ça arrive, je ne vais donc pas le déclencher intentionnellement !!!

-Si tu veux le contrôler, il faut t’entrainer. Savoir comment ça marche. Et puis, mine de rien, ça a plutôt l’air de te plaire, non ?

-A toi aussi à l’évidence, grogna Arisa, les sourcils froncés. Et où tu veux que je m’entraine sans que quelqu’un m’aperçoive ?

Mimiko se leva à son tour, l’air ravi :

-Je connais l’endroit idéal, prés de chez moi. Je te montrerais !

-Non ! C’est trop dangereux pour toi ! Imagine que n’ayant pas d’autres chiens à poursuivre et à mettre en charpie, je me tourne vers toi ?!?!?

-Je me tiendrais à distance. De toute façon, tu as besoin de quelqu’un pour faire le guet.

-Ok, ok, céda Arisa, songeant qu’il était en effet temps qu’elle maitrise cet « autre elle » lupin et que la jeune fille ne semblait pas prête de céder sur cet affaire. Définitivement maso.

-Mais ça reste un secret entre toi et moi, hein ? T’en parle à PERSONNE d’autre !

-Pas de problème !

Les jeunes filles sortirent de leur cachette et prirent donc le chemin du retour, planifiant quand aurait lieu le premier « entrainement ».

-Au fait, tu vas te faire enguirlander par ta mère en rentrant, la prévint Mimiko quand elles sortirent du train, je lui ais dit que tu étais restée dormir chez une amie anonyme…

-… … … HEIIINNN ?!?!

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