15 janvier 2009

Partie 5

-Alors c’est ici, le « fameux endroit »…

Il était impressionnant de penser qu’à seulement quelques mètres se trouvaient les résidences qui bordaient la ville de ce côté. Dans cette petite forêt aux bois touffus, le terrain était si escarpé qu’Arisa se demandait bien ce que Mimiko pouvait faire ici.

Elles se trouvaient en haut d’une grande pente de terre à angle effrayant, en bas se trouvait un petit havre de verdure longeant une petite rivière, protégé de chaque côté par des rangés d’arbres qui entremellaient leurs feuillages de façon sauvage. Des petits papillons volaient et les oiseaux sifflaient gaiement, accompagnant le doux glougloutement de l’eau.

-C’est ici que je viens lorsque j’ai envie de méditer un peu… On peut facilement rejoindre le chemin de l’Aussonelle d’ici, mais rare sont les gens qui dévalent jusqu’ici, ce n’est pas assez bien entretenu, répondit Mimiko. C’est très agréable n’est ce pas ?

Arisa hocha la tête.

Le loup aimait bien.

-Tu peux descendre pour te transformer, moi je resterais en haut, comme ça, si jamais tu as envie de m’attaquer, j’aurais le temps de m’enfuir.

Elle disait cela, mais Arisa savait qu’elle n’y comptait pas trop. C’était juste histoire de la rassurer.

Se transformer… Arisa ne savait même pas si elle en était capable et avait attendue exprès que la lune commence à décroitre pour se prouver que non, elle n’était pas un loup-garou. Elle essaya aussi de se souvenir si ça lui avait fait mal la première fois… Mais elle se souvenait juste de l’impression douce et réconfortante d’avoir enfilée un manteau de fourrure.

Elle posa son sac de cours prés de Mimiko et commença à dévaler la pente.

On allait vers la fin de l’automne, pourtant cet endroit semblait subsister en printemps éternel. Cela allait au moins lui faire croire qu’il faisait chaud, songea t’elle en commençant à ôter son coupe-vent. Elle hésita un instant, puis retira aussi ses tennis.

Elle n’en avait pas prévue de rechange.

Ne sachant pas encore COMMENT se transformer, elle refusait de se retrouver toute nue pendant des heures, vulnérable malgré la protection de Mimiko.

Une fois cela fait, elle se trouva bête : que devait-elle faire ? Essayer de faire sortir son chakra en forçant sur son corps ?

*Eh ! Toi le loup, dis-moi comment faire !!!*

… Voila qu’elle se parlait à elle-même…

*J’ai froid…*

Le vent souffla, faisant s’envoler quelques feuilles des arbres, amenant avec lui des odeurs multiples et différentes. Elle ne s’était jamais rendu compte avant que le vent était un tel cocktail d’arôme. La pollution était la plus forte, due à la route qu’elle entendait vrombir au loin…

Alors qu’Arisa faisait cette découverte, elle s’aperçut qu’elle entendait comme elle n’avait jamais entendue avant. Elle n’y avait pas fait attention jusqu’ici mais elle était capable d’entendre le moindre mouvement des oiseaux dans les arbres. Au-delà, elle entendait Mimiko s’agiter et encore plus loin, derrière les arbres et d’autres arbres, elle entendait les Hommes fermer les portes dans leurs maisons…

C’était comme si les sens du loup ne l’avaient pas quittée lorsqu’elle s’était, sous le sentiment de la panique, retransformée en humaine.

Peut être était-elle capable de courir aussi vite… Peut être pouvait-elle voir dans le noir ? Mimiko lui avait dit qu’avant même qu’elle se transforme, elle avait vue ses yeux briller dans la nuit…  

Arisa ferma ses yeux et se détendit. Si la peur, la panique et le stress la faisait redevenir humaine, il fallait qu’elle oublie tout ça et qu’elle se concentre sur ce qu’elle était à l’origine.

Avant même d’être un être humain, elle était un loup.

Le doux manteau de fourrure vint la recouvrir, la réchauffer et la protéger.

En ouvrant les yeux, elle tomba de sa position debout pour se mettre à quatre pattes. Ses habits l’entouraient…

L’emprisonnaient…

Elle s’empressa d’essayer ses nouveaux crocs pour les réduire en charpie. Voila, c’était mieux. Elle s’étira l’échine longuement, faisant travailler ses muscles fins et athlétiques, ayant la conscience paisible de tout ce qui l’entourait.

L’Homme le plus proche était encore loin. Aucune chance qu’il l’aperçoive. Et aucun autre prédateur digne de ce nom, ne hantait ces bois. Aucune odeur qui marquerait la délimitation d’un territoire en tout cas… A part celle fade et presque inexistante des chiens qui se promenaient beaucoup plus haut.

Néanmoins… Elle avait réussie à redevenir loup !

Soudainement elle avait envie de donner la bonne nouvelle à Mimiko. Elle trottina jusqu’à la montée, apercevant la jeune fille tout en haut. Les yeux de celle-ci s’arrondirent et elle sembla se tendre comme la corde d’un arc.

Maintenant qu’Arisa était sous cette forme, elle s’apercevait à quel point ses craintes avaient été stupides… Jamais elle n’attaquerait Mimiko. Celle-ci n’était ni classifiée ennemi, ni proie. C’était… Un membre de la meute.

Elle poussa un aboiement amical à la jeune fille et commença à grimper la pente, la queue battant de joie. Pff, c’était si simple en tant que loup. Au fur et à mesure qu’elle montait, Mimiko commença à reculer petit à petit et son odeur était de plus en plus forte.

Sueur… Souffle chaud… Une odeur désagréable de chat… Mais plus que tout : une odeur de peur.

Pourquoi avait-elle peur ?

Arisa refit le tour des lieux mentalement : il n’y avait aucun danger dans le coin.

-Tout va bien ! Lança Arisa.

Ce qui fit retranscrit par un bref aboiement qui fit faire un sursaut de 1m à son amie.

Il devint évident, que c’était d’elle, qu’elle avait peur. Elle aurait peut être dû se détransformer avant de grimper cette fichu côte.

Que devait-elle faire pour faire comprendre à Mimiko qu’elle ne lui voulait aucun mal ?

Arisa prit alors la pose du « j’ai fait une bêtise, désolé » en se plaquant contre le sol, la queue entre les pattes, les yeux levés vers la jeun fille, les oreilles baissée. Un gémissement désappointé sortit de sa gorge.

Mimiko se détendit peu à peu et l’odeur de la peur se fit de moins en moins évidente, remplacée par la suspicion.

-Arisa ? Lança-t-elle en avançant doucement la main qui n’était pas immobilisée par l’attelle.

Arisa ne bougea pas, restant soigneusement immobile, attendant que la main de la jeune fille se pose sur le haut de son crâne. Mimiko lui adressa de petite caresse, soulagée et Arisa, toujours avec énormément d’attention, se releva et plongea ses beaux yeux verts dans le brun de ceux de l’humaine.

Evidemment, si elle avait voulue, il lui aurait été d’une facilité déconcertante d’arracher la main qui lui prodiguait ses douces et timides caresses. Elle savait donc, qu’il faudrait un certain temps avant que Mimiko la considère avec plus de légèreté sous sa forme de loup.

Elle savait qu’il lui faudrait aussi bientôt reprendre son apparence humaine et étrangement, cela ne la réjouissait guère. C’était comme si, en récupérant la parole, elle récupérait aussi le lourd fardeau que portait continuellement les Hommes.

Et s’il n’y avait pas eu Mimiko prés d’elle… Elle aurait peut être choisie d’ignorer l’évolution et de rester un animal.

C’était beaucoup plus simple… 

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Le Loup Rouge

Loup_Rouge

Arisa est en fait un loup rouge.

Famille : Canidé

Vit : En meute.

Régime alimentaire : Carnivore (mais il leur arrive de manger des fruits comme du raisin et des insectes en cas de famine.)

Vitesse : Environ

60 kilomètre

à l’heure.

Point fort : Bon coureur, bon nageur, excellent odorat (peut détecter un animal à

270 m

contre le vent), angle de vision à 250°, bonne audition (peut entendre des sons jusqu'à 40 kHz (20 kHz chez l'homme), il perçoit notamment d'autres loups hurler jusqu'à une distance de 6,4 à

9,6 km

.)

Le Loup rouge (Canis rufus), ou loup roux est le plus rare de tous les loups, car gravement menacé d'extinction. Il doit, bien sûr, son nom à la couleur du pelage et vit en Amérique du Nord.

Pendant des décennies, le loup rouge n'a pas été distingué génétiquement du loup gris ou du coyote. Il se distingue cependant du loup gris (qui présente souvent des nuances rougeâtres) par d'autres différences physiques : plus petit, plus léger, pattes plus fines. Il présente, d'autre part, la particularité de pouvoir se dresser sur ses pattes postérieures. Le loup rouge peut se reproduire avec ces deux espèces.

(Merci Wikipedia)

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Partie 1

Chapitre 2 : Virus

C’était une scène familière, un déjeuner comme un autre. Mais la tension de sa mère était visible. Mimiko inspira un bon coup, hésitant à se lancer.

Elle repoussa dans un coin de son assiette les haricots, éprouvant ces temps-ci plus d’attirance pour la viande. Elle pouvait désormais se servir à nouveau de ses deux mains. Il ne lui restait plus qu’un bandage au bras et les évènements d’il y a presque un mois lui paressait bien loin.

Il faut dire que quelques jours plus tard, la police avait retrouvé le chien dans un local à poubelle.

Dans un sale état à ce qu’on disait.

-Est-ce que, par hasard, tu aurais reçu une lettre… pour moi ? Lança Mimiko avec un faux désintéressement.

La bouche de sa mère frémit.

-Non. Rien.

Difficile de savoir si elle disait la vérité, Mimiko n’avait pas les clefs de la boite aux lettres et, comble du comble, ces temps-ci, sa mère ouvrait toutes ses lettres afin de vérifier si c’était oui ou non, nocif pour SON bien.

Mimiko sentit la colère refluer en elle et gémit presque aussitôt car sa blessure semblait se réveiller, la brûlant comme si un forgeron lui avait administré sur la peau du métal fondu.

D’accord, elle voulait bien croire que ce n’était pas facile pour sa mère, mais la faute en revenait tout entière à ex-mari et non à Alec.

-Papa m’a dit qu’Alec était en ville, expliqua le plus froidement possible la jeune fille.

Comme toujours, le prénom du fils de son ex-mari et de son amante de l’époque provoqua une salve de courroux chez sa mère.

-Evidemment que je le sais ! Ce n’est pas pour ça que je vais le laisser s’approcher de notre famille ! Quand je repense au fait que ton père l’ai fait passé toutes ces années pour votre COUSIN ! Et qu’il a la même date de naissance que toi !

Umiko avait musardé, évidemment.

Mimiko lança un regard tueur à sa jeune sœur qui avait le sourire du « devoir fait ».

-J’ai plus faim.

-Attends ! Tu n’as pas fini tes légumes !

Mimiko quitta la salle en claquant la porte derrière elle, s’apprêtant à monter s’enfermer dans sa chambre. C’est vrai, pendant de longues années, Mimiko avait cru qu’Alec était son cousin, ils avaient d’ailleurs passé tous leurs été ensemble. Il avait même été son amour d’enfance. Elle lui était très attachée. Et puis un jour, alors qu’elle s’apprêtait à rentrer en 5eme, sa mère avait tout découvert.

Elle ne l’avait plus revu, mais ils avaient tenu une correspondance importante… Jusqu’à ce que sa mère, encore une fois le découvre. Depuis 2 ans, c’était le silence radio.

Son demi-frère.

Elle s’arracha de ses pensées en recevant un texto d’Arisa.

« Balade ! »

C’était le loup qui parlait, songea Mimiko en riant.

Il y a une semaine, alors que le loup s’ennuyait dans leur petit espace de verdure, elle avait eu le tord de taquiner Risa-le-loup en déclarant qu’elle ressemblait à un croisement bâtard d’un loup et d’un chacal. Arisa n’avait pas appréciée et s’était mise au défi d’apparaitre devant un homme pour voir s’il avait peur ou non. C’était à l’origine une très mauvaise idée, mais alors qu’elles se promenaient sur le chemin de l’aussonnelle, tous les passants les prirent pour un chien et sa maitresse, ce qui en soit, énerva beaucoup plus Risa.

Mais maintenant, accompagnée de Mimiko, elle avait la possibilité de se dégourdir les pattes dans un terrain beaucoup plus grand.

-Quelle innocence, songea Mimiko en caressant du bout des doigts son bandage.

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Posté par Mkat à 21:01 - - Commentaires [3] - Permalien [#]