26 janvier 2009

Partie 2

Le paysage avait bien changé : les feuilles étaient presque toutes tombées et un vent froid frappait les arbres et courbaient les herbes fauves de la prairie.

Parmi elles, Mimiko apercevaient de temps en temps des touffes de fourrures couleur miel. Assise sur le bord de la route, même la vision comique du loup sautant comme un cabri n’arrivait pas à lui arracher un sourire.

Elle songeait a quel point ce serait bien de ne plus se préoccuper de tous ses ennuis et d’aller courir dans les hautes herbes avec insouciance. Pour ça, elle enviait énormément Arisa. Ne plus penser au lycée, ne plus penser à l’avenir, ne plus penser aux contraintes familiales et suivre simplement les élans de son cœur…

Arisa passa devant elle, lui renifla le visage, interrogatrice, mais Mimiko était trop perdue dans ses pensées pour y faire attention. Elle partie courir de l’autre côté du chemin, là où il y avait un peu de forêt.

Il devait forcément y avoir une lettre… Alec ne serait pas rentré sans essayer de la contacter. Ou alors… Il n’en avait plus rien à faire d’elle ? Il fallait dire que sa mère lui en avait fait tellement baver. Peut être qu’il s’en fichait maintenant…

A cette pensée, Mimiko se recroquevilla encore plus. Il semblait faire plus froid d’un coup.

Se pouvait-il qu’elle éprouve encore des sentiments pour Alec ? Même en sachant que c’était à présent impossible ? Même en sachant que le même sang coulait dans leurs veines ?

-Idiote… Se lança-t-elle. Si ça se savait…

Mais on pouvait difficilement résister à Alec… Ca lui faisait au moins une excuse. Ils avaient beau être nés le même jour du même père, Alec avait toujours était l’incarnation de la beauté, chaleureux comme un soleil, quand Mimiko à côté avait hérité de la nuit et de l’obscurité.

Juste un mouton noir…

Elle fut déconcentrée de ses pensées moroses lorsqu’Arisa revint vers elle, toute joyeuse, bondissant plus que courant, quelque chose entre les crocs de sa gueule.

-ARISA !!! Hurla Mimiko, la stoppant sur place. Qu’as-tu fait ?!

La louve baissa les oreilles et déposa la carcasse du petit lapin qu’elle avait attrapée parce qu’il bondissait devant elle et qu’elle avait voulu en faire cadeau à Mimiko qui était triste.

Ah oui, mais Mimiko était humaine. Détail qu’elle oubliait souvent.

-C’est pas bien ! Pas bien du tout ! La gronda Mimiko. Pauvre lapin ! Qu’est ce qu’il t’a fait ?!?

-Il bondissait insolemment ! Il me narguait ! Tenta d’expliquer Arisa, ce qui évidemment se traduit sous forme d’aboiement.

Mimiko n’avait plus peur quand elle aboyait, Arisa lui avait expliqué que ce n’était pas ce qu’elle croyait, mais il était vrai que sous sa forme de loup, la communication était un gros problème. Et devoir expliquer tout après, sous sa forme humaine, ennuyait profondément Arisa.

Elle n’avait pas le même mode de pensée sous ses deux formes.

Par exemple, elle trouvait l’attitude de Mimiko très étrange. Pourquoi la grondait-elle ? C’était la première fois qu’elle réussissait à chasser. Elle s’y était essayée à plusieurs reprises, mais ce n’était vraiment pas facile.

La jeune fille était en ce moment même en train de chercher un moyen d’enterrer sa proie.

-Pfff… Je la retrouverais sans problème. Il me suffira de gratter un peu la terre, grommela Arisa tandis que Mimiko recouvrait le lapin de terre en creusant à même ses mains.

Arisa sentit alors l’humidité et le sel.

Des larmes dévalaient le long des joues de la brune avant de s’écraser à terre. Arisa fut aussitôt devant son amie. Celle-ci faisait de son mieux pour pleurer en silence, la tristesse déformant son visage.

-C’est à cause de moi et du lapin ?!? S’affola la louve.

La jeune fille passa les bras autour de son cou, enfouissant son visage dans la crinière dorée de l’animal.

Arisa gémit. Elle n’aimait pas du tout la voir dans cet état.

-Désolé Risa… Est-ce qu’on peut juste rester comme ça un peu ?

Les yeux verts de la louve fixèrent la longue chevelure bouclée de Mimiko, essayant de percer le mystère de ses larmes et des sanglots qui agitaient son corps. Mais elle ne comprenait pas.

Levant son fin museau lupin vers la nuit qui commençait à tomber, elle était soulagée que les loups ne puissent pas pleurer.

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Posté par Mkat à 20:14 - - Commentaires [2] - Permalien [#]