14 janvier 2009

-Bienvenue-

Foret13

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Mimiko.

Credit Photo

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Récapitulatif des personnages

CHANGEURS

MEUTE DE BOUCONNE

instinct animal170ARISA copie instinct animal MI copie

NARU INSTINCT ANIMALinstinct animalASUKA

instinct animal alec512 copie

-Kyogane Aoba

 Kyo Soma

-Whisper Storm

 

 

 

 

CHANGEURS SOLITAIRES DE TOULOUSE

-Dereck

HUMAINS

AMIS DU LYCEE VH

(classe de Arisa)

-Isaka [changeur en devenir]

-Shinobu

-Kitsune

AMIS DU LYCEE A

(classe de Mimiko)

-Sumomo

-Mizuki

FAMILLE DE MIMIKO

-Umiko Laroche

TOULOUSE

-Eliott (Patron d'une boutique de tatouage) 

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Partie 1

Werewolf_Calendar___March_by_Novawuff

(peinture de l'incroyable Novawuff)

Chapitre 1 : Pleine Lune.

Ca avait commencé une nuit et puis ça ne l’avait plus quitté.

Elle ne dormait plus. Elle ne VOULAIT plus dormir. Car à chaque fois qu’elle fermait les yeux, c’était pour voir SES yeux brillants, SES dents blanches et pointues dégoulinante de baves, SES griffes raclant la terre, SES muscles se bandant pour lui sauter dessus.

Elle se réveillait alors en hurlant, la sueur envahissant son front et le souffle court. Ramenant sa couette jusqu’à son cou, elle se pelotonnait en boule pour se protéger, retenant ses larmes.

Cela faisait maintenant plus de trois ans qu’elle retenait le loup la nuit et personne ne le savait.

***

Arisa fit un bond pour contourner le chien qui jappait en sa direction, retenu par sa laisse.

-Grr, sale petit roquet ! Grogna-t-elle en revenant sur le trottoir.

-Il ne va pas te manger tu sais, commenta Mimiko en couvant du regard la petite bestiole.

-C’est comme ça, j’ai horreur des chiens, grommela Arisa avant de continuer : Depuis que l’autre m’a sauté dessus pour me mordre…

Instinctivement, elle jeta un regard où elle savait se trouver la trace en croissant de lune qui ornait son bras.

-Mais eux semblent bien t’aimer, ce n’est pas mon cas…

Arisa grommela alors dans sa barbe que c’était toujours comme ça les animaux adoraient ceux qui les détestaient.

Mais au fond d’elle, elle se mordit l’intérieur des joues car elle comprenait très bien les jappements des chiens…

La plupart étaient attiré par elle, car il reconnaissait sa dominance sur eux, d’autre hélas, plus gros, plus méchant, ne perdaient pas une occasion de tirer un grand coup sur leur laisse pour essayer de l’égorger et la chasser de ce qu’il considérait comme « leur territoire ».

Elle poussa un soupir agacé et allongea le pas sans s’en apercevoir, obligeant ainsi Mimiko, moins rapide, à trottiner derrière elle.

La nuit commençait à tomber et les deux jeunes filles ne purent s’empêcher de contempler la magnifique pleine lune qui commençait à rayonner sereinement au dessus des arbres du parc.

-Je vais surement faire des cauchemars cette nuit, déclara alors la brune. J’en fais toujours quand la lune est pleine.

*Moi c’est tout le long du cycle lunaire que je cauchemarde… *

Il était vrai qu’à la nouvelle lune, le loup semblait s’éloigner.

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Partie 2

Elle frissonna et se tourna vers son amie :

-C’est bien là qu’on était cet après

midi,

non ?

-Il me semble, approuva la brune en commençant à regarder par terre. J’espère que je pourrais retrouver mon téléphone portable avant qu’il fasse trop noir pour y voir…

Les jeunes filles se mirent donc à la recherche de l’objet perdu. Quelques passants étaient encore présents, flânant dans les allées, mais plus le soleil disparaissait derrières les immeubles, moins de personnes croisèrent le chemin d’Arisa et de Mimiko.

Finalement, il fit trop noir malgré la lumière des réverbères pour trouver quoi que ce soit.

-On devrait rentrer, murmura Arisa, n’osant pas lever la voix.

-Moui… Pff mon pauvre portable… Si on n’avait pas fait les folles cet après-midi, ce ne serait pas arrivé…

Elle s’arrêta, coupée par une longue plainte d’un chien, suivie peu après d’aboiement.

-Brrr… On dit que quand un chien aboie la nuit, c’est qu’il a vu un fantôme… Gémit Mimiko en se rapprochant de son amie.

Celle-ci était figée. Son regard était fixé sur un buisson, les poings crispés. Un frisson la parcourut tandis que les bruits de courses se rapprochaient d’elles. Non… Ca ne pouvait pas être possible, pas avec Mimiko à ses côtés…

Elle aurait aimé lui dire de s’enfuir mais sa gorge était sèche et ses jambes semblaient plantées profondément dans la terre.

-Risa ? Fit la voix hésitant de son amie.

Soudain, les branches du buisson frémirent et deux molosses jaillirent devant elles, les babines ouvertes sur des crocs d’une blancheur captivante. Un grognement roque et menaçant sortaient de leur gorge tandis qu’ils jaugeaient les deux jeunes filles devant eux.

C’était deux énormes Pitbull, l’un aux poils ras et noirs, l’autre clair, instinctivement, la lèvre supérieure d’Arisa se releva, les dents serrées : elle détestait ces bestioles.

*Enemi ! Enemi ! Enemi !* Lui cria une petite voix dans son cerveaux.

Mimiko était pareillement effrayée, mais Arisa sentit qu’elle reculait et se tassait, jetant des brefs regards furtifs autour d’elle.

-Risa… Ces chiens n’ont pas l’air très content… Je pense qu’il faudrait mieux se retirer en silence…

*Se retirer ?! Se soumettre ? Et puis quoi encore ?! Je leur suis supérieur !* Grogna la voix intérieure d’Arisa. 

-Vaut mieux ne pas faire de gestes brusques… Ajouta raisonnablement Arisa en retrouvant l’usage de ses jambes. Ignorant mentalement « le loup ».

Les deux chiens ne les quittaient pas de leurs yeux jaunes qui brillaient.

Les jeunes filles reculaient lentement à petits pas, espérant que leurs maîtres ne tarderaient pas à accourir pour les museler.

*Ils n’ont pas d’alpha… Ce sont des vagabonds ! Des ennemis !*

Alors qu’Arisa écoutaient distraitement son instinct, un bruit de craquement raisonna du côté de Mimiko. Son pied venait de s’écraser sur une branche sèche.

Celle-ci se pétrifia d’horreur.

La suite fut très rapide. En moins de temps qu’il lui en aurait fallut pour dire « ouf », une pression de 65 kg/cm2 s’abattit sur le bras gauche qu’elle avait lancée devant son visage pour se protéger.

Les crocs s’enfoncèrent dans la chair tendre de son bras et un sang rouge et chaud jaillit. Arisa ignorait comment elle savait qu’il pouvait être chaud, mais la vue de ce monde écarlate et noir la plongea dans une transe. Ses yeux verts se mirent à briller sous l’effet de la pleine lune.

*Il attaque un membre de la meute !!! Il a blessé un membre de la meute !!!* Hurla son instinct.

Mimiko ne put retenir un cri de douleur et c’est ce qui finit par faire perdre toute raison à Arisa qui se précipita vers le chien.

Ce sont les mâchoires d’un loup qui se refermèrent sur l’abdomen du pitbull, l’éviscérant en l’entrainant avec lui dans son saut. Le chien noir boula contre un arbre, éventré, son sang s’écoulant autour de lui.

Mimiko se retint de vomir, à la fois de douleur et d’écœurement, se bâillonnant de sa main valide. Le loup avait atterrit un peu plus loin et était en train de mettre en morceaux les fripes dans lequel il s’était empêtré. Elancé, l’animal avait une belle couleur clair, mais il y avait sans conteste quelque chose de sauvage qui le différenciait de ses cousins chiens. Et le rouge qui tâchait le bout de son museau n’y était que pour peu.

Un bref instant, la jeune fille remarqua une décoloration nette au niveau de son coude.

Un fin croissant de lune.

Le deuxième chien s’apprêta à sauter sur le loup, mais celui-ci l’évita d’un saut et s’empara de sa courte oreille. Les deux fauves se lancèrent dans un duel violent, grognant, les dents entièrement découvertes, la queue haute, ébouriffée et dressée.

Les mâchoires claquaient, les deux animaux tournaient en essayant de s’agripper à quelque chose. Oreille, truffe, pattes, du pareil au même tant qu’ils pouvaient avoir une prise. Au bout d’un long moment de suspens, le chien sembla comprendre qu’il n’avait aucune chance et rentrant la queue entre ses pattes, se mit à gémir lamentablement.

Mais le loup ne semblait pas décidé à le laisser tranquille et les deux canins s’élancèrent dans les fourrés du parc, l’un pourchassant l’autre.

Mimiko se retrouva toute seule au beau milieu d’un carré d’herbe, se vidant de son sang. Secouant la tête, elle sembla sortir de sa léthargie :

-Risa ? Appela-t-elle.

Sans réponse.

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Partie 3

Les gyrophares de l’ambulance et de la police peignirent des ombres rouges sur le visage de Mimiko. Elle essayait tant bien que mal de donner sa version des faits à un policier tandis que deux infirmiers l’attachaient sur un brancard.

 

Tout autour de la scène était tendue une ligne de démarcation et la police scientifique s’affairait prés du cadavre du chien noir.

 

-Donc c’est le deuxième chien qui a tué le premier, récapitula le policier, après que celui-ci vous ait mordu…

 

-C’est cela, mentit Mimiko.

 

-Mais pourquoi celui-ci est parti après l’avoir tué ?

 

-Je n’en sais rien, mais c’est une vaine car à l’heure qu’il est, je serais peut être morte…

 

Machinalement elle fit bouger son bras blessé, contente de sentir les effets de l’anesthésie.

 

-Et les vêtements déchirés que l’on a trouvé, ce sont les vôtres ?

 

Encore une fois, Mimiko hocha la tête et mentit.

 

Elle ne savait pas pourquoi elle faisait cela et alors qu’on faisait glisser le brancard dans l’ambulance, elle essaya de chasser l’étrange intuition qu’elle avait sur cette histoire.

 

Arisa était un loup-garou.

 

Elle laissa échapper un petit gloussement paniqué à cette conclusion fantaisiste et on ne peut plus irrationnelle.

 

Néanmoins, deux choses étaient sures : Arisa avait disparue et ce loup apparut de nulle part lui avait sauvé la vie.

 

Est-ce qu’elle allait bien ? Ou s’était elle enfuie ? Qu’est ce qu’elle ressentait en ce moment ? Etait-elle blessée ? Maintenant que Mimiko ne sentait plus son bras, elle ne pouvait s’empêcher de se faire du souci pour son amie. Ha, si seulement elle n’avait pas perdu ce fichu portable…

 

Le trajet de l’ambulance jusqu’à l’hôpital rajouta encore plus de questions. Sur les vêtements déchirés d’Arisa… Sur la marque de croissant de lune présente sur la patte du loup… Elle se souvenait aussi des pupilles vertes de l’animal… Iris qui brillait… Un loup plus petit qu’elle le pensait, ressemblant à un chacal… Mais trop gros pour en être un.

 

Le brancard quitta le véhicule et voyagea dans les couloirs de l’hôpital. Allongée, la jeune fille voyait les néons défiler. Il s’arrêta devant une porte et un médecin en sortit. Les infirmiers lui tendirent la feuille de soin avant de partir s’occuper de quelqu’un d’autre.

 

-Hum, fit le docteur, ça a juste l’air plus terrible que ça ne l’est…

 

Mimiko tourna la tête pour l’observer : il devait avoir dans la vingtaine, probablement un tout jeune médecin. Calme, les cheveux couleur poivre, il y avait dans ses yeux, dans sa voix et dans un geste quelque chose qui respirait la sagesse. Très étonnant d’ailleurs quand on considérait sa taille et sa carrure. Les mots « force douce » s’assemblèrent dans l’esprit de la jeune fille tandis qu’il l’aidait à se mettre en position assise.

 

Il défit le bandage et observa la plaie avec un murmure appréciateur.

 

-Vous êtes bonne pour porter une attelle pendant plusieurs jours, il faudra éviter de bouger votre muscle pour qu’il cicatrise et pour éviter de faire sauter les points de suture…

 

-Quels points de sutures ? Demanda-t-elle avant de regretter aussitôt sa question quand le docteur fit venir à lui un meuble contenant du désinfectant, des aiguilles et du fil.

 

-Les points de suture que je vais vous faire, répondit-il d’une voix douce et caressante.

 

Il avait probablement intercepté le regard d’horreur qu’elle avait lancée aux aiguilles.

 

-Vous ne sentirez rien grâce à l’anesthésie, je vous le jure, déclara t’il en commençant à nettoyer la plaie.

 

-Mais après ? Grommela Mimiko en détournant la tête.

 

-Vous aurez probablement des démangeaisons à cet endroit là au bout d’un moment. Mais il ne faudra surtout pas que vous grattiez.

 

Il avait commencé à coudre la blessure et comme annoncé, Mimiko ne le sentait même pas.

 

-Vous avez été vaccinée contre la rage ? Continua-t-il en fermant définitivement les deux lèvres de la plaie.

 

-Je ne crois pas, non.

 

-Les analyses de la police pourront dire si cet animal avait la rage ou pas, mais si vous voulez, on peut vérifier nous même en vous faisant une prise de sang.

 

-Ha ? Euuh je passe…

 

-Vous n’aimez pas les piqures ! Plaisanta l’homme.

 

-Incroyable déduction…

 

-J’ai terminé. Je vais vous passer une attelle à votre taille et après vous pourrez passer à l’accueil voir si vos parents sont arrivés.

 

Surprise, Mimiko s’évita un torticolis et regarda à nouveau devant elle et son bras. Elle ne put s’empêcher de grimacer.

 

Le docteur revint avec plusieurs attelles et chercha celle qui était le plus adaptée à ses bras.

 

-Au fait… Commença-t-il avec hésitation. Est-ce que ce chien avait quelque chose de bizarre ? De différent ? Une marque quelconque ? Un comportement étrange ?

 

-Il m’a sauté dessus sans raison, si ça c’est pas un comportement bizarre !

 

-Hum, répondit simplement l’homme en attachant sn bras. Si jamais vous ressentez une brûlure au niveau de votre plaie ou d’autres choses bizarres, n’hésitez pas à revenir me voir. Je suis presque tout le temps de service la nuit.

 

Il finit par laisser partir Mimiko qui retrouva ses parents et sa maison. Ceux-ci la prévinrent qu’il fallait s’attendre à ce qu’une flopée de journaliste vienne couvrir ce fait divers et déjà Mimiko imaginait la Une du journal de la ville « Deux chiens attaquent une innocente jeune fille dans un parc ! ».

 

-Pff… Je n’arrive pas à y croire… Gémit Mimiko.

 

Au même moment, le téléphone sonna et la brune décrocha.

 

C’était la mère d’Arisa.

 

-Pas rentrée ?

 

Il était une heure du matin, normale qu’elle s’inquiete…

 

Que devait-elle faire ? Devait-elle dire toute la vérité ou bien inventer ?

 

« Excusez moi madame, votre fille s’est transformée en loup pour me sauver la vie et a disparue. J’aurais bien essayé de la siffler pour la faire revenir, mais siffler je sais pas et j’étais en train de perdre tout mon sang… A part ça, ça va la famille ? Les enfants ? »

 

Non. Définitivement pas.

 

Il fallait aussi penser à ce que Arisa aurait voulu qu’elle dise. Elle ne voulait probablement que ses parents se fassent du mouron pour elle… Mais si jamais il lui était arrivé un souci ?

 

Ca pouvait attendre le lendemain, songea Mimiko.

 

-Elle m’a dit avant qu’on se sépare qu’elle allait dormir chez une amie… Laquelle ? Je l’ignore… Désolé… Oui… Au revoir…

 

Mimiko raccrocha le téléphone.

 

Et c’est la conscience lourde qu’elle monta se coucher. Elle eut d’ailleurs un mal de chien, c’était le cas de le dire, à s’endormir.

 

« La pleine lune » Disait toujours sa mère dans ces cas là.

 

Quelques heures plus tard, le matin, elle fut réveillée part sa mère qui lui tendit le combiné du téléphone.

 

- Pour toi, lui indiqua-t-elle.

 

-Raaaloooo ??? Marmonna Mimiko, dans le cirage.

 

-Mimiko ? C’est moi ! Fit une voix qu’elle appréciait d’entendre et qui la réveilla sur le coup, tel un électrochoc.

 

-ARISA !!! Mon dieu ! Comment est ce que tu vas ? Où tu es ?

 

-J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi, commença Arisa. La bonne c’est que j’ai retrouvé ton portable et que je téléphone avec. La mauvaise c’est que tu dois venir le plus vite possible m’apporter des vêtements. Et quand je dis le plus vite, c’est vraiment à la vitesse de l’éclair : je suis nue dans le parc et seul un buisson me cache du reste du monde !

 

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Partie 4

- Tu ne peux pas savoir le mal que je me suis donnée pour pouvoir sortir de chez moi en douce, râla Mimiko pendant qu’Arisa enfilait ses habits.

Elles se trouvaient dans un îlot de verdure artificiel au milieu du parc, là où les gens passaient encore peu à cette heure. Il faisait humide et froid à l’intérieur et la terre gardait encore les traces d’un gros animal. Ces pattes longues et griffues tournaient autour d’Arisa, comme si l’animal s’était affolé et avait tourné sur lui-même plusieurs fois consécutive.

-Je suis désolé, j’aurais dû me souvenir que ton bras était blessé. J’imagine que ta mère ne voulait pas te laisser sortir…

-Oh, si c’était que ça… Non, c’est les journalistes qui zonent autour de la maison en attente d’un témoignage de ma part à rajouter sur leur navet. D’ici trois jours, je suis sure de passer sur les éditions régionales à la télé. Voire sur les nationales si une guerre n’éclate pas entre temps au Moyen-Orient…

-Ca n’a pas l’air de te réjouir…

-Voir mon horrible tête décoiffée à la télé ? Si au moins c’était pour quelque chose de plus glorieux que « je me suis fait attaquer par des chiens et j’en suis ressortie vivante. » !

-Vu comme ça, rigola Arisa en finissant d’ajuster un large haut de survêtement.

Mimiko se radoucie et, humidifiant un mouchoir, nettoya les traces rouges qui voisinait la bouche de son amie :

-Et puis qui d’autre que moi aurait pût t’aider ?

-Merci… Fit Arisa, son visage redevant grave et presque douloureux.

Mimiko en fit de même et s’accroupit prés de son amie.

-Qu’est-il arrivé à l’autre chien ?

Arisa frissonna et passa machinalement la main sur ses lèvres.

-Je ne veux pas me souvenir et CROIS MOI : tu ne veux pas savoir.

Elle passa ses bras autour de ses jambes, se tassant sur elle-même.

-Dans ce cas, murmura Mimiko, que t’est t’il arrivée ?

-J’en suis pas très sure, répondit Arisa en rentrent la tête dans ses épaules. Il vaut mieux sûrement que tu n’en sache rien aussi. Oui, ca vaut mieux…

-Qu’est ce que tu veux me cacher Risa… J’ai tout vu.

-Non, tu n’as rien vu… Tu ne SAIS rien…

-Tu t’es transformée en LOUP, Risa, l’informa Mimiko. Je t’aie vue.

-C’est bien ce qu’il me semblait, marmonna t’elle au bout d’un moment. Mais… Est-ce que c’est mal ? Je veux dire, Mi, tu as peur de moi maintenant ?

-Si j’avais peur de toi, je ne serais pas là. En fait… Je crois que c’était plutôt cool et puis tu m’as sauvée la vie en te transformant…

Arisa eut un sourire amer.

-Est-ce que tu te rends compte que je n’étais plus capable de raisonner ? De me contrôler ? S’il n’y avait pas eu le deuxième chien, peut être que c’est toi que j’aurais… Oh mon dieu… Oh mon dieu…

Arisa renversa sa tête sur ses genoux.

-Je n’ais pas de mot pour définir ça… Murmura-t-elle alors. Mais c’était un sentiment de puissance… De liberté… Incroyable… Je ne me souciais plus de rien. Le monde me paraissait étrangement simple et pourtant, je ne l’avais jamais vu aussi distinctement, aussi bien… La nuit était si belle, elle me donnait envie de…

Un son étouffé s’échappa de sa gorge, comme si elle retenait une vocalise.

-… De hurler mon plaisir, mon contentement, ma joie…

-Tu ne m’aurais pas attaquée, l’assura Mimiko.

-QU’EST-CE QUE TU EN SAIS !?!?

-Parce que tu serais restée. Tu ne serais pas partie à la poursuite de l’autre chien. Tu l’avais soumis. Tu n’avais pas de raison de le tuer. C’est la preuve que tes émotions humaines restent présentes en toi.

-…

-Mais c’était la première fois que ça t’arrivait ? La questionna Mimiko, cherchant à changer de sujet.

-Oui. Jusqu’ici, j’avais l’intuition que je pouvais mais je me suis toujours retenue… Là, je n’ai pas réussi à me contrôler… Ca me fait un peu peur…

-C’est peut être due à la pleine lune ?

-Attends… Là t’es en train de me comparer à un loup-garou ???

-Pourquoi pas ! Fit Mimiko. Il faudrait que tu essaies de voir si tu peux encore te transformer.

-QUOI ?!?! S’exclama Arisa, se relevant. J’ai peur que ça arrive, je ne vais donc pas le déclencher intentionnellement !!!

-Si tu veux le contrôler, il faut t’entrainer. Savoir comment ça marche. Et puis, mine de rien, ça a plutôt l’air de te plaire, non ?

-A toi aussi à l’évidence, grogna Arisa, les sourcils froncés. Et où tu veux que je m’entraine sans que quelqu’un m’aperçoive ?

Mimiko se leva à son tour, l’air ravi :

-Je connais l’endroit idéal, prés de chez moi. Je te montrerais !

-Non ! C’est trop dangereux pour toi ! Imagine que n’ayant pas d’autres chiens à poursuivre et à mettre en charpie, je me tourne vers toi ?!?!?

-Je me tiendrais à distance. De toute façon, tu as besoin de quelqu’un pour faire le guet.

-Ok, ok, céda Arisa, songeant qu’il était en effet temps qu’elle maitrise cet « autre elle » lupin et que la jeune fille ne semblait pas prête de céder sur cet affaire. Définitivement maso.

-Mais ça reste un secret entre toi et moi, hein ? T’en parle à PERSONNE d’autre !

-Pas de problème !

Les jeunes filles sortirent de leur cachette et prirent donc le chemin du retour, planifiant quand aurait lieu le premier « entrainement ».

-Au fait, tu vas te faire enguirlander par ta mère en rentrant, la prévint Mimiko quand elles sortirent du train, je lui ais dit que tu étais restée dormir chez une amie anonyme…

-… … … HEIIINNN ?!?!

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15 janvier 2009

Partie 5

-Alors c’est ici, le « fameux endroit »…

Il était impressionnant de penser qu’à seulement quelques mètres se trouvaient les résidences qui bordaient la ville de ce côté. Dans cette petite forêt aux bois touffus, le terrain était si escarpé qu’Arisa se demandait bien ce que Mimiko pouvait faire ici.

Elles se trouvaient en haut d’une grande pente de terre à angle effrayant, en bas se trouvait un petit havre de verdure longeant une petite rivière, protégé de chaque côté par des rangés d’arbres qui entremellaient leurs feuillages de façon sauvage. Des petits papillons volaient et les oiseaux sifflaient gaiement, accompagnant le doux glougloutement de l’eau.

-C’est ici que je viens lorsque j’ai envie de méditer un peu… On peut facilement rejoindre le chemin de l’Aussonelle d’ici, mais rare sont les gens qui dévalent jusqu’ici, ce n’est pas assez bien entretenu, répondit Mimiko. C’est très agréable n’est ce pas ?

Arisa hocha la tête.

Le loup aimait bien.

-Tu peux descendre pour te transformer, moi je resterais en haut, comme ça, si jamais tu as envie de m’attaquer, j’aurais le temps de m’enfuir.

Elle disait cela, mais Arisa savait qu’elle n’y comptait pas trop. C’était juste histoire de la rassurer.

Se transformer… Arisa ne savait même pas si elle en était capable et avait attendue exprès que la lune commence à décroitre pour se prouver que non, elle n’était pas un loup-garou. Elle essaya aussi de se souvenir si ça lui avait fait mal la première fois… Mais elle se souvenait juste de l’impression douce et réconfortante d’avoir enfilée un manteau de fourrure.

Elle posa son sac de cours prés de Mimiko et commença à dévaler la pente.

On allait vers la fin de l’automne, pourtant cet endroit semblait subsister en printemps éternel. Cela allait au moins lui faire croire qu’il faisait chaud, songea t’elle en commençant à ôter son coupe-vent. Elle hésita un instant, puis retira aussi ses tennis.

Elle n’en avait pas prévue de rechange.

Ne sachant pas encore COMMENT se transformer, elle refusait de se retrouver toute nue pendant des heures, vulnérable malgré la protection de Mimiko.

Une fois cela fait, elle se trouva bête : que devait-elle faire ? Essayer de faire sortir son chakra en forçant sur son corps ?

*Eh ! Toi le loup, dis-moi comment faire !!!*

… Voila qu’elle se parlait à elle-même…

*J’ai froid…*

Le vent souffla, faisant s’envoler quelques feuilles des arbres, amenant avec lui des odeurs multiples et différentes. Elle ne s’était jamais rendu compte avant que le vent était un tel cocktail d’arôme. La pollution était la plus forte, due à la route qu’elle entendait vrombir au loin…

Alors qu’Arisa faisait cette découverte, elle s’aperçut qu’elle entendait comme elle n’avait jamais entendue avant. Elle n’y avait pas fait attention jusqu’ici mais elle était capable d’entendre le moindre mouvement des oiseaux dans les arbres. Au-delà, elle entendait Mimiko s’agiter et encore plus loin, derrière les arbres et d’autres arbres, elle entendait les Hommes fermer les portes dans leurs maisons…

C’était comme si les sens du loup ne l’avaient pas quittée lorsqu’elle s’était, sous le sentiment de la panique, retransformée en humaine.

Peut être était-elle capable de courir aussi vite… Peut être pouvait-elle voir dans le noir ? Mimiko lui avait dit qu’avant même qu’elle se transforme, elle avait vue ses yeux briller dans la nuit…  

Arisa ferma ses yeux et se détendit. Si la peur, la panique et le stress la faisait redevenir humaine, il fallait qu’elle oublie tout ça et qu’elle se concentre sur ce qu’elle était à l’origine.

Avant même d’être un être humain, elle était un loup.

Le doux manteau de fourrure vint la recouvrir, la réchauffer et la protéger.

En ouvrant les yeux, elle tomba de sa position debout pour se mettre à quatre pattes. Ses habits l’entouraient…

L’emprisonnaient…

Elle s’empressa d’essayer ses nouveaux crocs pour les réduire en charpie. Voila, c’était mieux. Elle s’étira l’échine longuement, faisant travailler ses muscles fins et athlétiques, ayant la conscience paisible de tout ce qui l’entourait.

L’Homme le plus proche était encore loin. Aucune chance qu’il l’aperçoive. Et aucun autre prédateur digne de ce nom, ne hantait ces bois. Aucune odeur qui marquerait la délimitation d’un territoire en tout cas… A part celle fade et presque inexistante des chiens qui se promenaient beaucoup plus haut.

Néanmoins… Elle avait réussie à redevenir loup !

Soudainement elle avait envie de donner la bonne nouvelle à Mimiko. Elle trottina jusqu’à la montée, apercevant la jeune fille tout en haut. Les yeux de celle-ci s’arrondirent et elle sembla se tendre comme la corde d’un arc.

Maintenant qu’Arisa était sous cette forme, elle s’apercevait à quel point ses craintes avaient été stupides… Jamais elle n’attaquerait Mimiko. Celle-ci n’était ni classifiée ennemi, ni proie. C’était… Un membre de la meute.

Elle poussa un aboiement amical à la jeune fille et commença à grimper la pente, la queue battant de joie. Pff, c’était si simple en tant que loup. Au fur et à mesure qu’elle montait, Mimiko commença à reculer petit à petit et son odeur était de plus en plus forte.

Sueur… Souffle chaud… Une odeur désagréable de chat… Mais plus que tout : une odeur de peur.

Pourquoi avait-elle peur ?

Arisa refit le tour des lieux mentalement : il n’y avait aucun danger dans le coin.

-Tout va bien ! Lança Arisa.

Ce qui fit retranscrit par un bref aboiement qui fit faire un sursaut de 1m à son amie.

Il devint évident, que c’était d’elle, qu’elle avait peur. Elle aurait peut être dû se détransformer avant de grimper cette fichu côte.

Que devait-elle faire pour faire comprendre à Mimiko qu’elle ne lui voulait aucun mal ?

Arisa prit alors la pose du « j’ai fait une bêtise, désolé » en se plaquant contre le sol, la queue entre les pattes, les yeux levés vers la jeun fille, les oreilles baissée. Un gémissement désappointé sortit de sa gorge.

Mimiko se détendit peu à peu et l’odeur de la peur se fit de moins en moins évidente, remplacée par la suspicion.

-Arisa ? Lança-t-elle en avançant doucement la main qui n’était pas immobilisée par l’attelle.

Arisa ne bougea pas, restant soigneusement immobile, attendant que la main de la jeune fille se pose sur le haut de son crâne. Mimiko lui adressa de petite caresse, soulagée et Arisa, toujours avec énormément d’attention, se releva et plongea ses beaux yeux verts dans le brun de ceux de l’humaine.

Evidemment, si elle avait voulue, il lui aurait été d’une facilité déconcertante d’arracher la main qui lui prodiguait ses douces et timides caresses. Elle savait donc, qu’il faudrait un certain temps avant que Mimiko la considère avec plus de légèreté sous sa forme de loup.

Elle savait qu’il lui faudrait aussi bientôt reprendre son apparence humaine et étrangement, cela ne la réjouissait guère. C’était comme si, en récupérant la parole, elle récupérait aussi le lourd fardeau que portait continuellement les Hommes.

Et s’il n’y avait pas eu Mimiko prés d’elle… Elle aurait peut être choisie d’ignorer l’évolution et de rester un animal.

C’était beaucoup plus simple… 

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Le Loup Rouge

Loup_Rouge

Arisa est en fait un loup rouge.

Famille : Canidé

Vit : En meute.

Régime alimentaire : Carnivore (mais il leur arrive de manger des fruits comme du raisin et des insectes en cas de famine.)

Vitesse : Environ

60 kilomètre

à l’heure.

Point fort : Bon coureur, bon nageur, excellent odorat (peut détecter un animal à

270 m

contre le vent), angle de vision à 250°, bonne audition (peut entendre des sons jusqu'à 40 kHz (20 kHz chez l'homme), il perçoit notamment d'autres loups hurler jusqu'à une distance de 6,4 à

9,6 km

.)

Le Loup rouge (Canis rufus), ou loup roux est le plus rare de tous les loups, car gravement menacé d'extinction. Il doit, bien sûr, son nom à la couleur du pelage et vit en Amérique du Nord.

Pendant des décennies, le loup rouge n'a pas été distingué génétiquement du loup gris ou du coyote. Il se distingue cependant du loup gris (qui présente souvent des nuances rougeâtres) par d'autres différences physiques : plus petit, plus léger, pattes plus fines. Il présente, d'autre part, la particularité de pouvoir se dresser sur ses pattes postérieures. Le loup rouge peut se reproduire avec ces deux espèces.

(Merci Wikipedia)

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Partie 1

Chapitre 2 : Virus

C’était une scène familière, un déjeuner comme un autre. Mais la tension de sa mère était visible. Mimiko inspira un bon coup, hésitant à se lancer.

Elle repoussa dans un coin de son assiette les haricots, éprouvant ces temps-ci plus d’attirance pour la viande. Elle pouvait désormais se servir à nouveau de ses deux mains. Il ne lui restait plus qu’un bandage au bras et les évènements d’il y a presque un mois lui paressait bien loin.

Il faut dire que quelques jours plus tard, la police avait retrouvé le chien dans un local à poubelle.

Dans un sale état à ce qu’on disait.

-Est-ce que, par hasard, tu aurais reçu une lettre… pour moi ? Lança Mimiko avec un faux désintéressement.

La bouche de sa mère frémit.

-Non. Rien.

Difficile de savoir si elle disait la vérité, Mimiko n’avait pas les clefs de la boite aux lettres et, comble du comble, ces temps-ci, sa mère ouvrait toutes ses lettres afin de vérifier si c’était oui ou non, nocif pour SON bien.

Mimiko sentit la colère refluer en elle et gémit presque aussitôt car sa blessure semblait se réveiller, la brûlant comme si un forgeron lui avait administré sur la peau du métal fondu.

D’accord, elle voulait bien croire que ce n’était pas facile pour sa mère, mais la faute en revenait tout entière à ex-mari et non à Alec.

-Papa m’a dit qu’Alec était en ville, expliqua le plus froidement possible la jeune fille.

Comme toujours, le prénom du fils de son ex-mari et de son amante de l’époque provoqua une salve de courroux chez sa mère.

-Evidemment que je le sais ! Ce n’est pas pour ça que je vais le laisser s’approcher de notre famille ! Quand je repense au fait que ton père l’ai fait passé toutes ces années pour votre COUSIN ! Et qu’il a la même date de naissance que toi !

Umiko avait musardé, évidemment.

Mimiko lança un regard tueur à sa jeune sœur qui avait le sourire du « devoir fait ».

-J’ai plus faim.

-Attends ! Tu n’as pas fini tes légumes !

Mimiko quitta la salle en claquant la porte derrière elle, s’apprêtant à monter s’enfermer dans sa chambre. C’est vrai, pendant de longues années, Mimiko avait cru qu’Alec était son cousin, ils avaient d’ailleurs passé tous leurs été ensemble. Il avait même été son amour d’enfance. Elle lui était très attachée. Et puis un jour, alors qu’elle s’apprêtait à rentrer en 5eme, sa mère avait tout découvert.

Elle ne l’avait plus revu, mais ils avaient tenu une correspondance importante… Jusqu’à ce que sa mère, encore une fois le découvre. Depuis 2 ans, c’était le silence radio.

Son demi-frère.

Elle s’arracha de ses pensées en recevant un texto d’Arisa.

« Balade ! »

C’était le loup qui parlait, songea Mimiko en riant.

Il y a une semaine, alors que le loup s’ennuyait dans leur petit espace de verdure, elle avait eu le tord de taquiner Risa-le-loup en déclarant qu’elle ressemblait à un croisement bâtard d’un loup et d’un chacal. Arisa n’avait pas appréciée et s’était mise au défi d’apparaitre devant un homme pour voir s’il avait peur ou non. C’était à l’origine une très mauvaise idée, mais alors qu’elles se promenaient sur le chemin de l’aussonnelle, tous les passants les prirent pour un chien et sa maitresse, ce qui en soit, énerva beaucoup plus Risa.

Mais maintenant, accompagnée de Mimiko, elle avait la possibilité de se dégourdir les pattes dans un terrain beaucoup plus grand.

-Quelle innocence, songea Mimiko en caressant du bout des doigts son bandage.

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26 janvier 2009

Partie 2

Le paysage avait bien changé : les feuilles étaient presque toutes tombées et un vent froid frappait les arbres et courbaient les herbes fauves de la prairie.

Parmi elles, Mimiko apercevaient de temps en temps des touffes de fourrures couleur miel. Assise sur le bord de la route, même la vision comique du loup sautant comme un cabri n’arrivait pas à lui arracher un sourire.

Elle songeait a quel point ce serait bien de ne plus se préoccuper de tous ses ennuis et d’aller courir dans les hautes herbes avec insouciance. Pour ça, elle enviait énormément Arisa. Ne plus penser au lycée, ne plus penser à l’avenir, ne plus penser aux contraintes familiales et suivre simplement les élans de son cœur…

Arisa passa devant elle, lui renifla le visage, interrogatrice, mais Mimiko était trop perdue dans ses pensées pour y faire attention. Elle partie courir de l’autre côté du chemin, là où il y avait un peu de forêt.

Il devait forcément y avoir une lettre… Alec ne serait pas rentré sans essayer de la contacter. Ou alors… Il n’en avait plus rien à faire d’elle ? Il fallait dire que sa mère lui en avait fait tellement baver. Peut être qu’il s’en fichait maintenant…

A cette pensée, Mimiko se recroquevilla encore plus. Il semblait faire plus froid d’un coup.

Se pouvait-il qu’elle éprouve encore des sentiments pour Alec ? Même en sachant que c’était à présent impossible ? Même en sachant que le même sang coulait dans leurs veines ?

-Idiote… Se lança-t-elle. Si ça se savait…

Mais on pouvait difficilement résister à Alec… Ca lui faisait au moins une excuse. Ils avaient beau être nés le même jour du même père, Alec avait toujours était l’incarnation de la beauté, chaleureux comme un soleil, quand Mimiko à côté avait hérité de la nuit et de l’obscurité.

Juste un mouton noir…

Elle fut déconcentrée de ses pensées moroses lorsqu’Arisa revint vers elle, toute joyeuse, bondissant plus que courant, quelque chose entre les crocs de sa gueule.

-ARISA !!! Hurla Mimiko, la stoppant sur place. Qu’as-tu fait ?!

La louve baissa les oreilles et déposa la carcasse du petit lapin qu’elle avait attrapée parce qu’il bondissait devant elle et qu’elle avait voulu en faire cadeau à Mimiko qui était triste.

Ah oui, mais Mimiko était humaine. Détail qu’elle oubliait souvent.

-C’est pas bien ! Pas bien du tout ! La gronda Mimiko. Pauvre lapin ! Qu’est ce qu’il t’a fait ?!?

-Il bondissait insolemment ! Il me narguait ! Tenta d’expliquer Arisa, ce qui évidemment se traduit sous forme d’aboiement.

Mimiko n’avait plus peur quand elle aboyait, Arisa lui avait expliqué que ce n’était pas ce qu’elle croyait, mais il était vrai que sous sa forme de loup, la communication était un gros problème. Et devoir expliquer tout après, sous sa forme humaine, ennuyait profondément Arisa.

Elle n’avait pas le même mode de pensée sous ses deux formes.

Par exemple, elle trouvait l’attitude de Mimiko très étrange. Pourquoi la grondait-elle ? C’était la première fois qu’elle réussissait à chasser. Elle s’y était essayée à plusieurs reprises, mais ce n’était vraiment pas facile.

La jeune fille était en ce moment même en train de chercher un moyen d’enterrer sa proie.

-Pfff… Je la retrouverais sans problème. Il me suffira de gratter un peu la terre, grommela Arisa tandis que Mimiko recouvrait le lapin de terre en creusant à même ses mains.

Arisa sentit alors l’humidité et le sel.

Des larmes dévalaient le long des joues de la brune avant de s’écraser à terre. Arisa fut aussitôt devant son amie. Celle-ci faisait de son mieux pour pleurer en silence, la tristesse déformant son visage.

-C’est à cause de moi et du lapin ?!? S’affola la louve.

La jeune fille passa les bras autour de son cou, enfouissant son visage dans la crinière dorée de l’animal.

Arisa gémit. Elle n’aimait pas du tout la voir dans cet état.

-Désolé Risa… Est-ce qu’on peut juste rester comme ça un peu ?

Les yeux verts de la louve fixèrent la longue chevelure bouclée de Mimiko, essayant de percer le mystère de ses larmes et des sanglots qui agitaient son corps. Mais elle ne comprenait pas.

Levant son fin museau lupin vers la nuit qui commençait à tomber, elle était soulagée que les loups ne puissent pas pleurer.

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